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SPIRITUALITES
jeudi 12 novembre 2009, a 10:41
canalisation de Ganesha
 

Namaste mes enfants.  

 Je suis Ganesha votre serviteur et votre ami...  Le scribe des Dieux.
... Baiser d'amour sur chacun de vos Cœurs. Touche personnelle provenant de la Mère. Notre Mère.
Venez a moi et je ferai couler pour vous le lait de la bénédiction divine car je suis également le Maitre du nectar. Le Seigneur de la nourriture divine.
Ouvrez vos Cœurs et je serai le lait nourricier de la parole divine.



Vous avez ete soumis a des tribulations diverses depuis quelque temps au niveau planétaire et au niveau personnel.
Ces moments de souffrance vont maintenant portes leurs fruits...
Tendez-moi votre Cœur comme une coupe, comme un gobelet et je le remplierai d'un lait débordant.
Reposez-vous. Sachez vous oublier.
Sachez perdre le sens de qui vous etes et de ce que vous etes...
Sachez reconnaitre la part de divinité qui est en Vous. Car tout ce que vous croyez Être, n'est qu'une illusion complété et totale.
Vous et Moi nous sommes Un
Tous et chacun nous ne sommes qu'une seule et même conscience... diffusée dans plusieurs corps et ce sont vos corps qui donne l'impression, l'illusion d'une conscience séparée...  La Force vitale en vous...
Qui y a-t-il de commun entre l'homme et la bête ?  Entre l'homme et l'animal ?
Sa vie. Son corps. Rien de plus...

La meme illusion habite l'homme et l'animal. L'illusion d'habiter un corps... Toutefois l'homme y ajoute quelque chose de plus ; C'est l'illusion d'un Moi.

Il est éducatif de vivre avec cette conscience... du Moi... Très éducatif pour Vous.

Et lorsque les classes sont terminées, il faut fermer le livre et le remettre a sa place...

Et oublier la lecon qui est bien apprise et que vous avez intégrée parfaitement
.  Cette leçon c'est l'expérience du Moi.  Par la prise de possession du monde extérieur par le Moi.  Par l'illusion du Moi.
Enlevez le vêtement du Moi tout simplement en prenant conscience...  Aum...  


A l'origine des temps, j'ai émané le Aum primordial et le souffle a crée l'Univers... Tout provient de les premières syllabes chantées et émanées de la conscience.
Je suis.
Tel est la clef de votre eveil. Je suis. Je suis humain. Je suis terrien.
Je suis tout et tout cela n'est qu'une illusion pour Vous. Je suis uniquement. Je suis...
Au delà de toutes les races de l'Univers.
Au delà de toutes les incarnations ou le divin peut expérimenter lui-même, il n'y a qu'une seule et unique conscience ;
La conscience Une.
Au delà de toutes les différences culturelles et de toutes les expériences, il n'y a que le Je Suis originel.
 Et lui-même ne se résorbe en un point de silence et éternel

mardi 10 novembre 2009, a 22:56
Guendune Rimpoché
 

Le Bonheur ne se trouve pas avec effort et volonté,
Mais réside là, tout proche,
Dans la détente et l'abandon.
Ne sois pas inquiet, il n'y a rien à faire.
Tout ce qui s'élève dans l'esprit n'a aucune importance,
Parce que dépourvu de toute réalité.
Ne t'attache pas aux pensées, ne les juge pas.
Laisse le jeu de l'esprit se faire tout seul,
S'élever et retomber, sans intervenir.
Tout s'évanouit et recommence à nouveau, sans cesse.
Cette quête même du bonheur est ce qui t'empêche de le trouver.
Comme un arc-en-ciel qu'on poursuit sans jamais le rattraper.
Parce qu'il n'existe pas, parce qu'il a toujours été là,
Et parce qu'il t'accompagne à chaque instant.
Ne crois pas à la réalité des choses bonnes ou mauvaises,
Elles sont semblables aux arcs-en-ciel.
A vouloir saisir l'insaisissable, on s'épuise en vain.
Dès lors qu'on relâche cette saisie, l'espace est là,
Ouvert, hospitalier, et confortable.
Alors jouis-en.
Ne cherche plus.
Tout est déjà tien.
A quoi bon aller traquer dans la jungle inextricable,
L'éléphant qui demeure tranquillement chez lui.
Cesse de faire.
Cesse de forcer.
Cesse de vouloir.
Et tout se trouvera accompli,
Naturellement.

Guendune Rinpoché

lundi 09 novembre 2009, a 16:28
Les Indiens et l'Amérique
 


 
Le Peuplement de l'Amérique
une histoire incertaine et controversée

 

                                                    
  
 

Les historiens admettent communément que le peuplement du continent américain a commencé vers -30000 à -12000 ans avant J.-C.. Les dates restent très imprécises car elles dépendent de données climatologiques et non sur des vestiges humains. Ces hommes sont des chasseurs-cueilleurs venant d'Asie qui profitèrent involontairement d'un radoucissement général du climat. Les glaciers remontant plus au nord, un large passage se libéra entre la Sibérie et l'Alaska : le fameux détroit de Béring pouvait être traversé à pied.

 

On suppose que les hommes qui empruntèrent ce passage poursuivaient le gibier qu'ils chassaient comme le bison ou le mammouth. Cependant, ce corridor de près de 1500 km de large se referma assez rapidement, laissant ces premiers américains seuls à leur destin.

On constate que très vite ils se dirigent vers le sud; par curiosité ou sous la pression démographique, les deux sans doute. Les hommes ont toujours tenté d'élargir leurs horizons, ceux poursuivant le gibier, et dépendant d'eux, ou ceux cherchant le paradis décrit par tant de mythes ancestraux. Mobiles et sûrement peu nombreux sur cet immense territoire qui s'ouvrait à eux, ils n'ont pas laissé de traces très exploitables pour les archéologues. Ils gardent donc leurs mystères même s'il ne fait guère de doutes qu'ils sont les descendants des Asiatiques des steppes immenses de Sibérie. Les premières traces de présence humaine découvertes au Mexique sont essentiellement des sépultures contenant quelques pièces de poterie et de pierres semi-précieuses.

 

 Les rares squelettes retrouvés, notamment au Mexique, révèlent des hommes aux traits physiques nettement mongoloïdes (yeux en amande, visage rond, lèvres charnues, cheveux sombres et raides...). Mais l'histoire est une science et, comme pour toutes les vraies sciences, rien n'est jamais certain.


 


 

De nouvelles découvertes archéologiques viennent contredire cette version admise depuis plus d'un siècle. Le peuplement du continent serait plus ancien. On soupçonne les hommes d'avoir construit des bateaux dès -50000 ans car le peuplement de l'Australie remonte à cette période et l'on sait que c'était déjà une île.

 

La découverte de vestiges de bateaux un peu partout dans le monde, et dont les plus anciens sont datés de -15000 ans, attestent de l'existence de déplacements maritimes voire de migrations de populations bien avant la date supposée du franchissement du détroit de Béring, à pied. Les voyages à travers les océans étaient donc possibles, et pas seulement sur la Méditerranée comme on le pensait auparavant. Pendant cette période, les océans Atlantique et Pacifique étaient moins vastes qu'aujourd'hui et un traversée était possible, même sur une petit embarcation.

 

On se rappelle les exploits d'Alain Bombard, du norvégien Thor Heyerdhal (qui, avec on navire de fortune, le "Kon-Tiki",

 

le KonTiki, navire de Thor Heyerdhal...

 

 

 relia en 1947 la Pérou aux îles du Pacifique, et notamment l'île de Pâques, et prouva ainsi que les Indiens aurait pu être à l'origine du peuplement de ces îles))ou de Gérard d'Aboville. Oui, cela est possible, même avec des moyens de fortune. Mais alors, qui seraient ces Premiers Américains ?


Crane de l'Homme de Kennewick...
                   
"L'homme de Kennewick"
De nombreux scientifiques, comme les américains Dennis Stanford et James Chatters ou le Brésilien Walter Nieves, commencent à douter d'un peuplement unique de l'Amérique, qui ne serait arrivé qu'une seule fois et serait donc le fait d'une culture unique et homogène que l'on nomme les Amérindiens. Deux cas, en particulier, viennent étayer cette réfutation.

 

Le premier concerne un squelette retrouvé à Kennewick, près de la rivière Columbia dans l'état de Washington (nord-ouest des USA) en juillet 1996. "L'homme de Kennewick" a entre 9200 et 9500 ans et il serait mort des suites d'une blessure causée par une flèche dont on a retrouvé la pointe en silex dans l'un de ses membres. James Chatters, son découvreur, le décrit ainsi : "C'est le seul (squelette) aussi complet et aussi vieux aux Etats-Unis. Il appartenait à un homme d'une quarantaine d'année à la face étroite, au menton proéminent. Il n'avait pas une vie paisible. Il crispait souvent la bouche et pleurait sans doute beaucoup..."

 

Pourtant, selon ses analyses, cet homme ne ressemble visiblement pas aux autres hommes peuplant la région à cette époque : visiblement, son anatomie est de type "caucasien", c'est-à-dire européen. Ses conclusions (provisoires) ne passent évidemment pas inaperçues auprès de ses confrères.

 

Malheureusement, l'analyse de l'ADN du squelette qui aurait pu trancher la question n'est pas encore disponible (les analyses d'un bout d'os prélevé en septembre 1999 n'ont toujours pas été publiées) mais il est permis de penser qu'il ne soit pas l'ancêtre direct des Indiens actuels.

 

Effectivement, une polémique est apparue lorsque les tribus indiennes (dont les Umatilla et les Yakima) ont voulu récupérer les ossements de cet homme qu'il nomme "le Grand Ancêtre" et comme l'autorise depuis 1990 une loi fédérale, le Native American Graves Protection and Rapatriation Act. Cette loi permet aux tribus indiennes de réclamer, d'honorer et d'inhumer les reliques de leur ancêtres retrouvés par les archéologues. La science se retrouve confrontée à la religion.

 

Aujourd'hui, "L'homme de Kennewick" est devenu un enjeux qui dépasse les seuls scientifiques et historiens et une action en justice est engagée pour déterminer à qui revient ces ossements...

 

La première audience est prévue pour juin 2001 mais on peut dire que cet "Homme de Kennewick" gardera encore jusque-là tout son mystère. Il faut bien voir que cette histoire renvoie à un problème

 

plus général qui mélange politique et démagogie : l'extrême-droite américaine serait heureuse d'avoir un nouvel argument à mettre sur la table en démontrant que les Indiens, qui se réclament être les seuls véritables Américains puisqu'ils sont sur ce territoire depuis toujours, n'ont plus de raisons de réclamer des droits que légitimement ils pouvaient exiger d'un état qui les a spolié de leur terres et de leurs réserves de chasse lors de la colonisation. La science face à la politique..

 

 

Finalement, le magazine Science et Vie d'octobre 2002 (N° 1021 - page 24 sous le titre "L'Homme de Kennewick sera bien étudié" ) annonce dans ses colonnes que le jugement rendu est finalement favorable aux scientifiques qui pourront étudier l'ADN du fameux squelette qui ensuite sera rendu aux Indiens qui pourront lui rendre les derniers hommages


 
 Gravures rupestres dans Nouveau-Leon
 

L'autre cas concerne un squelette retrouvé au Brésil en 1975, près de la ville de Belo Horizonte. Il est daté avec précision de -11500 ans et son aspect physique semble dénoter dans l'environnement archéologique habituel de la région. C'est une femme, "Luiza", et elle ressemble beaucoup aux Aborigènes australiens et aux Mélanésiens : loin des steppes de Sibérie... On a découvert au Brésil, en 1995, mais aussi au Chili et en Argentine, peu après, des vestiges humains que les datations, de moins en moins contestées, font remonter à -50000 ans ! On n'hésite plus à critiquer l'ancienne hypothèse d'un peuplement "sibérien" du continent par la terre ferme. Certes, cette migration par le détroit de Béring a bien eu lieu mais elle semble relativement tardive. Il y a eu en fait plusieurs vagues, par terre mais aussi par mer, et le découvreur de l'Amérique n'a pas forcément posé le pied en Alaska.

 

Et peut-être même ne fut-il pas seulement le fait d'Asiatiques. Selon Dennis Stanford : "On ne peut plus affirmer que les premiers habitants du continent soient arrivés d'Asie du Nord. (...) Il est clair que ce peuplement (...) s'est effectué au gré de nombreuses migrations, étalées sur une très longue durée, de peuplades d'origines diverses, dont certaines arrivées par la voie maritime". James Chatters expriment aussi ses doutes sachant que les hypothèses simples sont souvent partielles : "(Ces premiers Américains) ont pu venir de différents endroits. Sans doute la majorité est-elle arrivée d'Asie, mais il n'y a pas de preuves pour affirmer qu'ils ne viennent pas d'Europe. Il existe, par exemple, beaucoup de similarités entre les outils trouvés aux Etats-Unis (de type Clovis) et des outils retrouvés en France ou dans la péninsule ibérique et datant du solutréen (-23000 à -17000 ans).

 

On ne peut écarter cette hypothèse. Ils ont très bien pu traverser l'océan Atlantique, en partie gelée à l'époque. La couche de glace était suffisamment épaisse pour marcher et suffisamment fine pour y trouver de la nourriture".

 

Evidemment, il est aujourd'hui impossible de retrouver les traces de cette migration qui serait le pendant occidental de la traversée du détroit de Béring. Il faut dire que les recherche archéologiques sont relativement récentes aux Etats-Unis où l'on est plus habitué aux dinosaures de type Tyrannosaure qu'aux restes de cultures primitives.

De plus, convaincus par l'hypothèse asiatique, les archéologues ont surtout recherchés dans les zones supposées de leur migration et donc surtout dans l'ouest. De nombreuses zones, à l'est et au sud, demeurent encore négligées mais il est à parier que les découvertes risquent de se succéder dans un futur proche.


 

D'autres découvertes permettent d'ouvrir de nouvelles hypothèses mais le droit des Indiens de réclamer les reliques de leurs ancêtres entravent ces recherches. La liste est longue. En 1993, Robson Bonnichen (directeur du Centre de recherche sur les premiers Américains de l'Université de l'Oregon) a pu exhumer des cheveux humains dans le sud-ouest du Montana (USA) : ils les estiment à plus de 10000 ans. Considérant ses fouilles comme une profanation de leur terre, les Indiens ont obtenu l'arrêt des fouilles.

 

 Bataille juridique, mais il semble que le chercheur pourra cependant obtenir gain de cause : les cheveux ne prouvent être considérés comme des ossements... Dans l'Idaho, dans le comté de Buhl, c'est un crâne de jeune femme trouvé en 1989 qui a du être restitué aux Indiens Shoshone-Bannock et inhumé selon leur coutume en 1991. Idem pour le squelette d'un homme d'environ 40 ans retrouvé au Colorado en 1988 et restitué à la tribus Ute. Un crâne de jeune fille retrouvé dans le Minnesota en 1931, dit de "la femme des rapides du Pélican" et présentant une singulière physionomie (visage large et court, nez étroit, dent longues...), fut restitué et enterré par les Sioux du Dakota du Sud en 1999. Il y en a d'autres... On comprend la frustration des chercheurs mais il est vrai que l'on doit respecter les arguments des Indiens.

 

Cependant, on ne peut que constater que rien n'est jamais sûr. Il faut bien voir que les chercheurs, les anthropologues, ont un travail bien difficile. Il suffit de voir ce qui se passe aujourd'hui en Afrique, à propos du "premier homme", pour comprendre que la recherche des origines n'est pas simple et qu'il faut compter aussi bien avec les données de la génétique, que les découvertes archéologiques, qu'avec les convictions de chacun.


 
 
 

On a donc cru jusqu'aux années 60 que le peuplement de l'Amérique (des Amériques devrait-on dire) s'était enclenché 12000 ans avant notre ère environ. Mais comment alors expliqué la rapidité du peuplement du continent puisque l'on trouve des vestiges de présence humaine de l'Alaska à la Terre de Feu dès le commencement de cette colonisation.

 

Dès 1973, la découverte du site de Boqueira do sitio de Pedra Furada ("L'abri du vallon de la pierre percée" dans l'état du Mato Grosso) par une équipe franco-brésilienne va tout remettre en cause. Le site est d'un richesse étonnante et on y a compté plus de 200 peintures rupestres. Malgré les premières datations qui font bien remonter l'occupation du site à - 12000 ans, les scientifiques sont rapidement tombés sur un "os".

 

 Les couches sédimentaires inférieures, méticuleusement dégagées ont révélées d'autres traces humaines bien plus anciennes... Des prélèvements sont envoyés en France pour analyses du carbone 14 (Centre des faibles radioactivités du CNRS de Gif-sur-Yvette - 1985) et c'est alors un coup de massue : - 32160 ans ! (avec une marge de + ou - 100 ans. A cette époque, en Europe, ils n'y a encore que des Cro-Magnon... (la grotte Chauvet en France date de cette époque).

 

La découverte est retentissante. Elle sera suivie d'autres découvertes notamment au Mexique : Tlapacoya dans la bassin de Mexico est datée de - 24000 ans, El Cedral (1966) datée de - 32000 ans et plus récemment en 1981 le site de Monte Verde (Chili) qui remonte à - 35000 ans. Le doute n'est donc plus permis mais alors, que c'est-il véritablement passé ?

 

L'une des hypothèses la plus probable serait de considérer que l'homme de Cro-magnon serait apparu plus à l'est que l'on ne le pense généralement (au Proche Orient en l'occurence puisque les premiers "hommes modernes" sont localisés en Israël : les vestiges découverts à Skhûl et à Qafzeh sont reconnus comme modernes et datés de - 90000 à -105000 ans). Dans ce cas, les premières migrations vers l'Amérique ont pu avoir lieu dès la première glaciation qui a laissée libre la détroit de Behring il y a 62000 ans ou alors plus récemment vers - 52000 ans ce qui rendrait compte des découvertes récentes. Et d'autres sont à venir.


 

L'été 2003 a apporté son lot de bonnes nouvelles. Réétudiant une série de 33 crânes retrouvés dans les années 80 dans la région de la Basse-Californie, le professeur Rolando Gonzalez-José, de l'université de Barcelone, a pu en mettre lumière les similitudes qui existent entre les caractéristiques anthropométriques de ces squelettes comparés à ceux des peuples de l'Australie et du Pacifique sud vivant à la même époque (les crânes sont datés de la période de la Conquête - "Nature" - 04/09/2003).

 

En avril 2005, la découverte des squellettes humains de "La Mujer de los Baños" estimé dans une première analyse à - 12700 ans semble bien repousser encore plus loin la présence des premiers hommes au Mexique depuis la découverte de Tepexpan.

 

Ces ancêtres des Indiens d'Amérique seraient-ils venus par mer et auraient-ils vécus en parrèlle, en marge même sur cette presqu'ile de la Californie, des autres peuples Amérindiens ? Ceci relance le débat sur la légitimité des droits que veulent poser les descendants des Indiens, les "natives", sur ces terres qui gardent encore un part de mystère pour les historien 

 


Alors, ces Asiatiques, s'ils ne furent pas les premiers Américains, ont cependant réussit la conquête entière du continent par guerre ou par assimilation, et ceux sont eux qui sont restés dans les mémoires et dans les gènes. Mais, qui sait ? Le découvreur de l'Amérique, bien avant les colons vikings (dont la présence est maintenant prouvée sur le continent dès l'an 1000) aurait pu être des Européens ;  
 

Pour en savoir plus sur :

"Les Indiens du Nouveau Monde"
"Les peintures rupestres de la Basse-Californie"

 

 

Des liens :

www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites (Fr.)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Baja_California (Fr.)

Une galerie de gravures du Nouveau-León :

http://rupestreweb.tripod.com/gonzalez.html (Esp.)
http://www.archaeology.org/online/features/baja/ (En.)


 
  
 
 
 
 
 

dimanche 08 novembre 2009, a 11:24
Hypatie d'Alexandrie
 

Hypatie d'Alexandrie
 Ὑπατία / Hypatia, v. 370 – 415 après J.C.) est une mathématicienne et une philosophe grecque.

Son père Théon d'Alexandrie, dernier directeur du Musée d'Alexandrie, est éditeur et commentateur de textes mathématiques. Il éduque sa fille en l'initiant à la mathématique et à la philosophie. Elle a peut-être dirigé l'école néoplatonicienne d'Alexandrie.


 Travaux et vie

Pour Michel Tardieu et Pierre Chuvin

[1] nous avons une « image tripartite de la philosophie hypatienne » : philosophie générale, sciences et vertu pratique.
a) Philosophie générale. Hypatie n'est pas une cynique parlant dans les rues, elle dispense un enseignement public, aux frais ou au service de l'Etat, dans les années 390, à Alexandrie.

 Elle explique « Platon ou Aristote ou tout autre philosophe » (selon Damascios). L'assistance à ses cours est libre. D'autre part, Hypatie donne sans doute des séances privées (hidia), en cénacles, et peut-être chez elle, auxquelles assistaient Synésios et ses condisciples. Cela explique que Cyrille, en poste depuis 412, ne se soit rendu compte qu'en 414 ou 415 de la popularité d'Hypatie.

 b) Sciences. Hypatie connaît les mathématiques, l'astronomie.

 c) Vertu pratique. Hypatie porte sur elle « l'anneau de continence » (selon Damascios). Elle pratique la théurgie.

Hypatie fait ses études de sciences, philosophie et éloquence à Athènes. Elle travaille aussi dans le domaine de l'astronomie et de la philosophie. Elle écrit des commentaires sur L'Arithmétique de Diophante , sur Les Coniques d'Apollonius de Perga et sur Les Tables de Ptolémée. Ses exposés publics à Alexandrie, où elle défend les thèses néoplatoniciennes (sans l'influence de Plotin) lui valent une grande renommée.

 Cependant aucun de ses travaux ne nous est parvenu, en particulier à cause de l'incendie final de la Bibliothèque d'Alexandrie ; ceci explique sa faible notoriété.

Synésios de Cyrène, un de ses élèves (avant 395) qui était aussi son ami et qui devint évêque de Ptolémaïs, la loue dans ses lettres (en 404-407) pour sa grâce (très belle, elle reste vierge d'après la légende) et lui demande des conseils pour construire un hydromètre, un astrolabe ou pour tracer des cartes géographiques. Il lui a écrit : « C'est pour vous seule que je négligerais ma patrie ; et si jamais je puis la quitter, ce ne sera que pour aller auprès de vous » ; et ailleurs : « Quand bien même nul souvenir ne resterait aux morts dans les enfers, moi je m'y souviendrais de ma chère Hypatie » (Lettre 24).

Dans une lettre à son père, il dit d'elle : « La philosophe si chère à Dieu et que nous ne saurions trop vénérer » (Lettre 17)[3].

L'historien chrétien Socrate le Scolastique rapporte dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) :

« Il y avait à Alexandrie une femme du nom d'Hypatie ; c'était la fille du philosophe Théon ; elle était parvenue à un tel degré de culture qu'elle surpassait sur ce point les philosophes, qu'elle prit la succession de l'école platonicienne à la suite de Plotin, et qu'elle dispensait toutes les connaissances philosophiques à qui voulait ; c'est pourquoi ceux qui, partout, voulaient faire de la philosophie, accouraient auprès d'elle. La fière franchise qu'elle avait en outre du fait de son éducation faisait qu'elle affrontait en face à face avec sang-froid même les gouvernants. Et elle n'avait pas la moindre honte à se trouver au milieu des hommes ; car du fait de sa maîtrise supérieure, c'étaient plutôt eux qui étaient saisis de honte et de crainte face à elle[4]. »

Denis Diderot lui consacre un article dans son Encyclopédie.

 La mort d'Hypatie
 
Hypatia, Charles William Mitchell, 1885, Laing Art Gallery (Newcastle-upon-Tyne)En mars 415, à 45 ans, elle meurt lapidée par des chrétiens fanatiques. Selon la thèse de Socrate le Scolastique (vers 440), les chrétiens lui reprochaient d'empêcher la réconciliation entre le patriarche Cyrille d'Alexandrie et le préfet romain Oreste à la suite de conflits sanglants entre diverses communautés religieuses d'Alexandrie. Selon la thèse du philosophe néoplatonicien Damascios (en 495), l'évêque aurait découvert par hasard, en passant devant chez Hypatie et en voyant la foule qui s'y pressait, la popularité de la philosophe. Toujours est-il qu'elle est arrachée à sa voiture, entraînée dans une église, siège patriarcal, consacrée à Saint Michel, appelée le Caeserium quand l'édifice était le centre du culte impérial à Alexandrie. Hypatie est déshabillée, tuée à coups de tessons, mise en pièces. Ses restes sont promenés par les rues et brûlés.

D'après Socrate le Scolastique, vers 440 :

« Contre elle alors s'arma la jalousie ; comme en effet elle commençait à rencontrer assez souvent Oreste, cela déclencha contre elle une calomnie chez le peuple des chrétiens, selon laquelle elle était bien celle qui empêchait des relations amicales entre Oreste et l'évêque. Et donc des hommes excités, à la tête desquels se trouvait un certain Pierre le lecteur, montent un complot contre elle et guettent Hypatie qui rentrait chez elle : la jetant hors de son siège, ils la traînent à l'église qu'on appelait le Césareum, et l'ayant dépouillée de son vêtement, ils la frappèrent à coups de tessons ; l'ayant systématiquement mise en pièces, ils chargèrent ses membres jusqu'en haut du Cinarôn et les anéantirent par le feu. Ce qui ne fut pas sans porter atteinte à l'image de Cyrille et de l'Église d'Alexandrie ; car c'était tout à fait gênant, de la part de ceux qui se réclamaient du Christ que des meurtres, des bagarres et autres actes semblables soient cautionnés par le patriarche. Et cela eut lieu la quatrième année de l'épiscopat de Cyrille, la dixième année du règne d'Honorius, la sixième du règne de Théodose, au mois de mars, pendant le Carême[4]. »
D'après Jean de Nikiou (Nicée), au VIIe siècle[5] :

« En ces temps apparut une femme philosophe, une païenne nommée Hypatie, et elle se consacrait à plein temps à la magie [théurgie, selon Michel Tardieu], aux astrolabes et aux instruments de musique, et elle ensorcela beaucoup de gens par ses dons sataniques. Et le gouverneur de la cité l'honorait excessivement; en effet, elle l'avait ensorcelé par sa magie. Et il cessa d'aller à l'église comme c'était son habitude.... Une multitude de croyants s'assembla guidée par Pierre le magistrat – lequel était sous tous aspects un parfait croyant en Jésus-Christ – et ils entreprirent de trouver cette femme païenne qui avait ensorcelé le peuple de la cité et le préfet par ses sortilèges. Et quand ils apprirent où elle était, ils la trouvèrent assise et l'ayant arrachée à son siège, ils la trainèrent jusqu'à la grande église appelée Césarion. On était dans les jours de jeûne. Et ils déchirèrent ses vêtements et la firent traîner (derrière un char) dans les rues de la ville jusqu'à ce qu'elle mourût. Et ils la transportèrent à un endroit nommé Cinaron où ils brûlèrent son corps. Et tous les gens autour du patriarche Cyrille l'appelèrent « le nouveau Théophile », car il avait détruit les derniers restes d'idolâtrie dans la cité. »
 
Cette liste comporte des poèmes, œuvres de fiction et analyses historiques des deux siècles derniers.

XIXe siècle
Leconte de Lisle en a fait un poème dans son recueil Poèmes antiques.
Charles Kingsley, Hypatia, 1853
XXe siècle - maintenant
Mario Luzi, Livre d'Hypatie (Libro di Ipazia), théâtre, 1978
Alexandra Barriole, Hypatie, la lionne de l'apocalypse, La pensée universelle, 1987
Arnulf Zitelmann, Hypatia, École des Loisirs, Coll. Médium, 1989
Jean Marcel, Hypatie ou la fin des dieux, Leméac, 1989
Maria Dzielska, traduit en anglais par F. Lyra, Hypatia of Alexandria, (Revealing Antiquity, No. 8) Cambridge, MA: Harvard University Press, 1995 (1996 en livre de poche)
Marie-Florence Ehret, Hypatie, fille de Théon, Atelier Des Brisants, 2001
Loup d'Osorio, Hypathia, arpenteur d'absolu, L'Harmattan, 2005
Andrée Ferretti, "Renaissance en Paganie", L'Hexagone, 1987
Augusto Agabiti, Ipazia : la prima martire della liberta di pensiero, Ipazia, Ragusa, 1979;
J. Rougé, La politique de Cyrille d'Alexandrie et le meurtre d'Hypatie, in Cristianesimo nella Storia, 11/3, 1990, pp.485-504;
Silvia Ronchey, Ipazia, l'intellettuale, in Augusto Fraschetti (a cura di), Roma al femminile, Roma, Laterza, 1994, pp.213-258;
Silvia Ronchey, Filosofa e martire: Ipazia tra storia della chiesa e femminismo, in R. Raffaelli (a cura di) Vicende e figure femminili in Grecia e a Roma (Atti del Convegno di Pesaro, 28-30 aprile 1994), Ancona, Commissione per le Pari Opportunità della Regione Marche, 1995 pp. 449-465;
Ouvrages récents:

Antonio Colavito e Adriano Petta, Ipazia, scienziata alessandrina. 8 marzo 415 d.c., Lampi di Stampa, Milano 2004;
Aida Stoppa, Ipazia e la rete d'oro, in Aida Stoppa, Sette universi di passione, Colledara, Te, Andromeda éditrice, 2004, pp.20-34;
Umberto Eco, Baudolino, 2000.
Christiane Marciano-Jacob, Hypatia - Un phare dans la nuit - Editions du Lys 2008
Le personnage d'Hypatie apparaît également dans l'aventure de Corto Maltese, Fable de Venise, d'Hugo Pratt.

L'écrivain de romans policiers Olivier Gaudefroy utilise le personnage d'Hypatie dans une série d'enquêtes se déroulant au IVe siècle.

Le personnage d'Hypatie apparaît dans le roman de l'égyptien Yūsuf Zaydān (en) ‘Azāzīl (Le Caire, Dār al-Shurūq, 2008), construit comme les mémoires fictives d'un moine de Haute-Égypte. Le moine Hépa l'a connue durant son séjour à Alexandrie pour y étudier la théologie et la médecine et assiste à son exécution. Ce roman obtient l'International Prize for Arabic Fiction (en) 2009 en mars 2009.

 Analyse de Thorp [modifier]
Voici ce que dit John Thorp à ce sujet :

« Hypatie est l'héroïne idéale. Elle était charismatique ; elle mourut horriblement ; elle fut au centre d'un jeu compliqué de tensions politiques et religieuses ; et – la qualification la plus importante pour le statut de héros – en fin de compte nous savons très peu sur elle de façon claire et certaine. Une étoile qui brille, certes, mais vue à travers les brumes du temps et de l'oubli. Nos incertitudes invitent la construction d'une héroïne. L'un des principaux thèmes des études récentes sur Hypatie est précisément la diversité des interprétations de son histoire. Un livre italien, d'Elena Gajeri, portant le titre Ipazia, un mito letterario – « Hypatie, un mythe littéraire » suggère qu'Hypatie, telle que nous la connaissons, est une construction de l'imaginaire plutôt qu'une réalité de l'histoire. »

« Déjà dans l'antiquité tardive elle était une héroïne païenne pour avoir été massacrée par les chrétiens, ou encore une héroïne des ariens pour avoir été massacrée par les orthodoxes, ou encore une héroïne des chrétiens de Constantinople pour avoir été massacrée par les chrétiens intempérants d'Alexandrie. Plus récemment elle s'est vu traiter d'héroïne anticléricale, victime de la hiérarchie ; héroïne protestante, victime de l'église catholique ; héroïne du romantisme hellénisant, victime de l'abandon par l'Occident de sa culture hellénique ; héroïne du positivisme, victime de la conquête de la science par la religion ; et, tout dernièrement, héroïne du féminisme, victime de la misogynie chrétienne. Femme polyvalente ! »

« Vous avez donc, chez Hypatie, tous les éléments idéaux pour une histoire captivante : il y a le fait exotique, dans l'antiquité, d'une femme mathématicienne et philosophe ; il y a son charisme indéniable ; il y a l'élément érotique fourni par sa beauté et par sa virginité ; il y a le jeu imprévisible des forces politiques et religieuses dans une ville qui a toujours connu la violence ; il y a la cruauté extraordinaire de son assassinat ; et, en arrière-plan, le sentiment profond d'un changement inexorable d'ère historique. De plus il y a notre manque d'informations claires et précises sur elle, ce qui permet aux fabricants de légendes de remplir les lacunes comme ils veulent » [6].

 Au cinéma [modifier]
Le film Agora de Alejandro Amenábar s'inspire de la vie et de la mort d'Hypatie.

 L'École d'Athènes [modifier]
 
Détail de l'École d'Athènes, une référence à Hypatie ?Une histoire souvent racontée, mais non prouvée, veut que Raphaël l'ait représentée dans une première version de son tableau L'École d'Athènes. Lorsqu'un des cardinaux aurait examiné le tableau et su que la femme représentée au centre et en bas était « Hypatie, la plus fameuse des membres de l'École d'Athènes », il aurait souhaité qu'elle en soit effacée. Il aurait ordonné : « Enlève-la. La foi ne permet de rien savoir sur elle. À part cela, l'œuvre est acceptable ». Raphaël l'aurait retirée, mais une référence lui en serait restée du fait de son remplacement par la figure efféminée de Francesco Maria Ier della Rovere, un neveu du pape Jules II[6].

 Notes et références [modifier]
↑ Pierre Chuvin, Chronique des derniers païens, Les Belles Lettres, 2009, p. 366-367.
↑ (en) Oser, Lynn M., Women in Mathematics, Cambridge, (1974) indique que « Une portion de son traité original Sur le canon astronomique de Diophante a été trouvé au XVe siècle dans la bibliothèque du Vatican ; il est probable qu'il y ait été amené après la chute de Constantinople aux Turcs. » (p.27) Lire en ligne [archive].
↑ Hymnes de Synésius de Cyrène, Prolégomènes, trad. Mario Meunier, 1947.
↑ a et b Socrate le Scolastique, Histoire Ecclésiatique (vers 440), VII, 14, traduction par Romain, élève d'hypokhâgne [lire en ligne [archive]].
↑ Jean de Nikiou, trad. an. : Chronicle, 84, 87–103 (online version [archive]) [1] [archive].
↑ a et b A la recherche d'Hypathie [archive], Allocution par John Thorp (Université de Western Ontario), Association canadienne de philosophie,2004 .
 Voir aussi

 Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Hypatie.
 
 Articles connexes
Antiquité tardive
école néoplatonicienne d'Alexandrie
Mathématiques de la Grèce antique
Synésios de Cyrène
 

lundi 02 novembre 2009, a 22:08
Etienne de la Boëtie
 

Le Discours de la servitude volontaire ou le Contr'un est un ouvrage rédigé en 1549 par Étienne de La Boétie à l'âge de 18 ans. Sa première publication date de 1576.

Ce texte consiste en un court réquisitoire contre l'absolutisme qui étonne par son érudition et par sa profondeur, alors qu'il a été rédigé par un jeune homme d'à peine 18 ans. Ce texte pose la question de la légitimité de toute autorité sur une population et essaye d'analyser les raisons de la soumission de celle-ci (rapport « domination-servitude »).

Sommaire [
1 Introduction
2 Comment un homme arrive-t-il à dominer un peuple ?
3 De la pérennité de la tyrannie comme modèle de domination
4 Histoire d'une œuvre
5 Bibliographie
6 Lien externe
7 Citations
 

 Introduction
La puissance subversive de la thèse développée dans le Discours ne s'est jamais démentie. Même s'il serait anachronique de la qualifier d'anarchiste, cette thèse résonne encore aujourd'hui dans la réflexion libertaire sur le principe d'autorité. Le jeune humaniste sarladais recherchait une explication à l'étonnant et tragique succès que connaissent les tyrannies de son époque. S'écartant de la voie traditionnelle, La Boétie porte son attention non sur les tyrans mais sur les sujets privés de leur liberté. Et il pose une question troublante : comment peut-il se faire que « tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent ? ». Si pour éviter la censure, les exemples sont tirés de l'Antiquité, la réflexion porte bien sur son époque, dans un pays où le poids du pouvoir monarchique se renforce.

L'originalité de la thèse de La Boétie est contenue tout entière dans l'association paradoxale des termes « servitude » et « volontaire ». Il établit ainsi un modèle de la servitude, des causes de son apparition à celles de son maintien qu'il s'agit d'établir ici.

Un point de vue : La Boétie, en énonçant son discours, ne se positionne pas comme maître à penser, ni comme détenteur de la vérité : ceux qui affirment détenir la vérité sont en vérité ceux qui détiennent la maîtrise. Ce qui est vrai, c'est la compréhension singulière qu'on a du texte ; pour accéder à la liberté, il faut n'être ni maître ni esclave. C'est à un relativisme sceptique que le Discours invite à penser; question de point de vue.

 Comment un homme arrive-t-il à dominer un peuple ?
Le Malencontre : origine de la dénaturation

La Boétie découvre, par glissement hors de l'Histoire, que la société où le peuple veut servir le tyran est historique, qu'elle n'est pas éternelle et n'a pas toujours existé, qu'elle a une date de naissance et que quelque chose a dû nécessairement se passer, pour que les hommes tombent de la liberté dans la servitude : «… quel malencontre a été cela, qui a pu tant dénaturer l'homme, seul né de vrai pour vivre franchement [librement] ; et lui faire perdre la souvenance de son premier être, et le désir de le reprendre ? »

Le Malencontre est un accident tragique, une malchance inaugurale dont les effets ne cessent de s'amplifier au point que s'abolit la mémoire de l'avant, au point que l'amour de la servitude s'est substitué au désir de liberté.
La Boétie considère donc le passage de la liberté à la servitude « sans nécessité » et affirme que la division de la société entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent est « accidentelle ». Ce qui est désigné ici, c'est bien ce moment historique de la naissance de l'Histoire, cette rupture fatale que constitue dans l'histoire de l'humanité la naissance de l'État. Or, celle-ci est contingente, et non pas inévitable.

Cette chute de la société dans la servitude volontaire de presque tous à un seul fait apparaître un homme nouveau, qui n'est plus un homme, pas même un animal, puisque « les bêtes… ne se peuvent accoutumer à servir, qu'avec protestation d'un désir contraire… », cet être difficile à nommer est dénaturé. Car la servitude est contraire à l'état de nature : « Ce qu'il y a de clair et d'évident pour tous, et que personne ne saurait nier, c'est que la nature, premier agent de Dieu, (…) nous a tous créés et coulés, en quelque sorte au même moule, pour nous montrer que nous sommes tous égaux, ou plutôt frères. »

L'état de nature voudrait donc que les sociétés soient « égalitaires » où personne ne pourrait détenir du pouvoir sur les autres. C'est-à-dire le contraire de la servitude que connaissent les peuples. La première cause de la servitude est donc l'oubli de la liberté, et la coutume de vivre dans une société hiérarchisée où règne la domination des uns sur les autres. "La première raison de la servitude volontaire, c'est l'habitude"; "la première raison pour laquelle les hommes servent volontairement, c'est qu'ils naissent serfs et qu'ils sont élevés dans la servitude".

La liberté délaissée

C'est bien le peuple qui délaisse la liberté, et non pas le tyran qui la lui prend. En effet, comment expliquer que les hommes non seulement se résignent à la soumission mais, bien plus, servent avec leur plein consentement ? Ainsi certains hommes seraient même prêts à perdre leur vie pour le tyran. Seule la servitude de l'homme permet au tyran de rester au pouvoir, l'obéissance est un préalable à la violence.

Face à l'individu qui s'est soumis, La Boétie refuse d'opposer les bons princes aux mauvais tyrans. Qu'importe en effet que le prince soit d'un naturel aimable ou cruel : n'est-il pas, de toute manière, le prince que le peuple sert ? « S'ils arrivent au trône par des moyens divers, leur manière de régner est toujours à peu près la même. Ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérants comme leur proie, les successeurs comme un troupeau d'esclaves qui leur appartient par nature. »

Aux questions pourquoi le Malencontre est-il advenu ? - pourquoi la dénaturation de l'homme a-t-elle eu lieu ? - pourquoi la division s'est-elle installée dans la société ?, La Boétie ne répond pas. Elle concerne, énoncée en termes modernes, l'origine de l'État. Mais rien ne permet à l'auteur de comprendre pour quelles raisons les hommes renoncèrent à la liberté. Il tente en revanche d'apporter une réponse à la seconde question : comment le renoncement à la liberté peut-il être durable, comment l'inégalité se reproduit-elle constamment ?

 De la pérennité de la tyrannie comme modèle de domination
La volonté de soumission

L'une des raisons de ce maintien de la servitude est que les tyrans usent de plusieurs stratagèmes pour affaiblir le peuple. D'abord, le peuple est engourdi par le théâtre et les passe-temps ludiques. La Boétie condamne ainsi ces "drogueries": Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie.

Le tyran allèche ses esclaves pour endormir les sujets dans la servitude. Il accorde des largesses à son peuple sans que celui-ci se rende compte que c'est avec l'argent même soutiré à ses sujets que ces divertissements sont financés. Ils font parfois, avant de commettre leurs crimes, de beaux discours sur le bien général et la nécessité de l'ordre public. D'autres utilisent l'artifice de la religion pour susciter la crainte du sacrilège, utilisant la tendance de l'ignorant à la superstition. La Boétie, dans un siècle pourtant marqué par les guerres de religion, distingue Dieu du pouvoir. Le pouvoir n'est pas d'origine divine, mais vient bien de la servitude des hommes.

Mais l'idéologie, les passe-temps ludiques et les diverses superstitions ne peuvent endormir que le "gros populas", et non pas les "hommes bien nés" et cultivés. Toujours en est-il certains qui, plus fiers et mieux inspirés que les autres, sentent le poids du joug et ne peuvent s'empêcher de le secouer; qui ne se soumettent jamais à la sujétion (...) Ceux-là ayant l'entendement net et l'esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants encroûtés, de voir ce qui est à leurs pieds, sans regarder ni derrière, ni devant; ils rappellent au contraire les choses passées pour juger plus sainement le présent et prévoir l'avenir. Ce sont ceux qui ayant d'eux-mêmes l'esprit droit, l'ont encore rectifié par l'étude et le savoir. Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et bannie de ce monde, l'y ramèneraient; car la sentant vivement, l'ayant savourée et conservant son germe en leur esprit, la servitude ne pourrait jamais les séduire, pour si bien qu'on l'accoutrât. Ainsi, même sous un régime totalitaire, il y en aura toujours pour résister.

Mais la principale raison est qu'une partie de la population se met au service de la tyrannie par cupidité et désir d'honneurs. Ce que j'ai dit jusqu'ici sur les moyens employés par les tyrans pour asservir [la contrainte, la coutume d'obéir, l'idéologie, les jeux ou les superstitions], n'est guère mis en usage par eux que sur la partie ignorante et grossière du peuple. Ainsi, si le tyran veut maintenir sa domination, il doit trouver un autre stratagème pour les gens instruits.

C'est là le secret et le ressort de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie: rendre ces gens "complices" des "cruautés" du tyran, les asservir en leur donnant l'occasion de dominer d'autres à leur tour. Ce sont donc les courtisans qui se font les complices de la tyrannie, perdant du même coup leur propre liberté.

Certains hommes flattent leur maître espérant ses faveurs, sans voir que la disgrâce les guette nécessairement, devenus complices du pouvoir. Ainsi se forme la pyramide sociale qui permet au tyran d'« asservir les sujets les uns par le moyen des autres »

. La résistance et l'usage de la raison sont donc les moyens de reconquérir la liberté (La Boétie ne fait aucune théorie de la révolte populaire) car les tyrans « ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ».

La tyrannie s'assimile à une pyramide fondée sur le contrôle social « 5 ou 6 ont eu l'oreille du tyran […]. Ces 6 ont 600 qui profitent sous eux, et qui font de leurs 600 ce que les 6 font au tyran […] ces 600 en maintiennent sous eux 6000 … ». Une majorité a alors intérêt à la tyrannie. La structure hiérarchique du pouvoir permet d'enfermer la majorité dominée en différents sous-groupes intermédiaires.

Or, ces courtisans sont encore moins libres que le peuple opprimé: Le laboureur et l'artisan, pour tant asservis qu'ils soient, en sont quittes en obéissant; mais le tyran voit ceux qui l'entourent, coquinant et mendiant sa faveur. Il ne faut pas seulement qu'ils fassent ce qu'il ordonne, mais aussi qu'ils pensent ce qu'il veut, et souvent même, pour le satisfaire, qu'ils préviennent aussi ses propres désirs. Ce n'est pas tout de lui obéir, il faut lui complaire, il faut qu'ils se rompent, se tourmentent, se tuent à traiter ses affaires et puisqu'ils ne se plaisent que de son plaisir, qu'ils sacrifient leur goût au sien, forcent leur tempérament et le dépouillant de leur naturel (...) Est-ce là vivre heureusement? Est-ce même vivre? (...) Quelle condition est plus misérable que celle de vivre ainsi n'ayant rien à soi et tenant d'un autre son aise, sa liberté, son corps et sa vie!

Comment sortir de cette servitude ?

Pour sortir de cette domination il faut sortir de l'habitude. L'homme qui connaît la liberté n'y renonce que contraint et forcé. Mais ceux qui n'ont jamais connu la liberté « servent sans regret et font volontairement ce que leurs pères n'auraient fait que par contrainte. La première raison pour laquelle les hommes servent volontairement, c'est qu'ils naissent serfs et qu'ils sont élevés comme tels. » Comme le précise La Boétie, « on ne regrette jamais ce que l'on a jamais eu ».

Ce n'est pas que l'homme nouveau ait perdu sa volonté, c'est qu'il la dirige vers la servitude : le peuple, comme s'il était victime d'un sort, d'un enchantement, veut servir le tyran. En effet, pour l'auteur du Discours, la domination du tyran ne tient que par le consentement des individus. Sans ce consentement, la domination ne serait rien : « soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libre ». Les hommes sont responsables de leur assujettissement au pouvoir. En un mot, la tyrannie repose moins sur la répression que sur la dépossession volontaire de la liberté.

Pour La Boétie, la liberté n'est pas l'objet de la volonté, mais désir (volonté) et liberté sont confondus : désirez et vous êtes libre, car un désir qui n'est pas libre n'est pas concevable, n'est pas un désir. La liberté c'est ce que nous sommes, et si vous n'êtes pas libre, c'est que vous avez renoncé à votre désir. Le point central de la domination est ainsi le refus par le moi, le je, de s'assumer comme liberté.

C'est le principe de la désobéissance civile qui sera ensuite repris d'Henry David Thoreau à Gandhi. La Boétie est un de ses premiers théoriciens d'un mode d'action qu'il faut distinguer de la rébellion, qui elle est active. Sans le soutien actif du peuple, les tyrans n'auraient aucun pouvoir. La désobéissance passive suffit à briser les chaînes de la domination.

Comment ne pas rentrer dans la servitude? En gardant l'esprit libre. Un tyran peut-il régner sur un peuple d'Hommes Libres? (Inspiration de saint Augustin)

 Histoire d'une œuvre
Ce sont les monarchomaques protestants qui les premiers, face aux persécutions, décidèrent de le publier en 1574 sous le nom de Contr'un. Cet ouvrage constitue une excellente préfiguration de la pensée anti-absolutiste qui commence à se diffuser dans le royaume. Et après le massacre de la Saint-Barthélemy se posait légitimement pour eux la question de leur relation au tyran et de la nécessité de s'en libérer. Mais cette édition hâtée empêcha Montaigne (grand ami de La Boétie) de l'inclure dans ses Essais qu'il avait écrits comme "écrin" pour ce discours, de peur de passer pour un calviniste et de discréditer l'œuvre.

La Boétie a élaboré une réflexion très originale pour son époque. La virulence du texte (même si cela est atténué par l'emploi d'exemples uniquement tirés de l'Antiquité afin de protéger son auteur), le peu d'occurrence à Dieu dans sa réflexion sur le pouvoir, la notion de désobéissance civile, sont des problématiques qui ne seront reprises que bien après.

Toutefois, la réflexion de La Boétie a été oubliée pendant plusieurs siècles, réapparaissant sporadiquement. Il fut même plagié sous la Révolution française par Marat dans Les Chaînes de l'esclavage. Ce n'est qu'au XIXe avec Lamennais que Le Discours de la servitude volontaire est enfin reconnu comme une œuvre majeure. Il fut ensuite repris par des auteurs comme Henri Bergson ou Simone Weil ou Pierre Clastres, anthropologue qui a étudié des sociétés sans pouvoir étatique, inspirant tous ceux qui n'ont pas fini de s'étonner que « dans la balance sociale, le gramme l'emportait sur le kilo ». Plus tard, Wilhelm Reich, Gilles Deleuze et Félix Guattari font de la question de la servitude volontaire l'énigme centrale de la philosophie politique, notamment dans L'Anti-Œdipe.

 Bibliographie
Discours de la servitude volontaire, Paris : Mille et une nuits, 1997. ISBN 2-910233944.
Discours de la servitude volontaire, Paris : Flammarion, 1993. ISBN 2-080703943.

samedi 31 octobre 2009, a 22:40
Ibn EZRA
 

Le Rav Abraham ben Meir ibn Ezra (hébreu אברהם אבן עזרא, arabe Abu Isḥaḳ Ibrahim ibn al-Majid ibn Ezra) est un rabbin andalou du XIIe siècle (Tudèle, circa 1092 - Calahorra, circa 1167).

Grammairien, traducteur, poète, exégète, philosophe, mathématicien et astronome, il est considéré comme l'une des plus éminentes autorités rabbiniques médiévales.
Sommaire
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    * 1 Éléments biographiques
          o 1.1 Première période
          o 1.2 Seconde période
                + 1.2.1 Abraham ibn Ezra en Provence
                + 1.2.2 Abraham in Ezra dans le Nord de la France
                + 1.2.3 La fin du voyage
    * 2 Ses œuvres
          o 2.1 Exégèse
                + 2.1.1 Sefer HaYashar
                + 2.1.2 Autres commentaires
                + 2.1.3 Influence
          o 2.2 Grammaire hébraïque[19]
                + 2.2.1 Sefer Moznayim
                + 2.2.2 Traductions des livres de Hayyuj
                + 2.2.3 Sefat Yeter
                + 2.2.4 Sefer Tzahot
                + 2.2.5 Autres
          o 2.3 Philosophie religieuse[13]
                + 2.3.1 Yessod Mora
                + 2.3.2 Hayy ben Meqitz
          o 2.4 Ouvrages sur la science des astres
                + 2.4.1 Traités d'astrologie[26],[27]
                + 2.4.2 Traités d'astronomie
                + 2.4.3 Traités mathématiques[30]
                + 2.4.4 Autres
                + 2.4.5 Influence
          o 2.5 Poésie
    * 3 Notes et références
    * 4 Annexes
          o 4.1 Liens externes
                + 4.1.1 Exégèse
                + 4.1.2 Grammaire hébraïque
                + 4.1.3 Philosophie
                + 4.1.4 Science et astrologie
                + 4.1.5 Poésie

Éléments biographiques [modifier]
Première période [modifier]

Membre de la famille Ibn Ezra, qui jouit d'un grand renom en Espagne, Abraham ibn Ezra serait, selon Moïse ibn Ezra[1] (dont il est probablement un parent éloigné), natif de Tudèle[2] et se serait installé ensuite à Cordoue. Abraham ibn Ezra mentionne tantôt l'une, tantôt l'autre comme le lieu de sa naissance.

La vie d'Abraham ibn Ezra se divise en deux périodes : dans la première, Abraham ibn Ezra se construit une réputation de poète et de penseur, dans son Espagne natale. Il y fréquente assidûment les plus prestigieux érudits de son temps, dont Joseph ibn Tzaddik, Juda Halévi, avec lequel Abraham ibn Ezra aurait voyagé dans les communautés d'Afrique du Nord[3], et Moïse ibn Ezra. Ce dernier fait les louanges du philosophe religieux (mutakallim) et de l'homme éloquent[1], tandis qu'un jeune contemporain, Abraham ibn Dawd, le qualifie, à la fin de sa chronique[4] de dernier grand homme à avoir fait la fierté du judaïsme espagnol, et de grand poète, qui « a renforcé les mains d'Israël avec des poèmes et des mots de consolation. »

Selon de nombreuses sources, Abraham a passé le plus clair de cette période à s'occuper de poésie, mais il poursuit également d'autres savoirs scientifiques, comme l'indique sa production littéraire dans sa seconde période. Son commentaire biblique, notamment, comprend nombre de ses discussions philosophiques avec Juda Halévi d'une part, et de ses débats avec des représentants du karaïsme, un mouvement juif scripturaliste, adversaire du judaïsme rabbinique traditionnel, auquel se rattache Ibn Ezra.

Ibn Ezra ne donne aucune indication précise quant à sa famille. Cependant, on peut déduire de la glose dans son long commentaire sur Exode 2:2 qu'il avait eu cinq enfants, dont seul Isaac est mentionné, les autres étant sans doute morts en bas âge. Isaac ibn Ezra, qui était peut-être le beau-fils de Juda Halevi, est à bord du bateau qui mène ce dernier en Égypte. Il se sépare alors de lui et fait route vers Bagdad, où il compose en 1143 des poèmes à la gloire de son maître Abu al-Barakat Hibat Allah. Peu après, il le suit dans sa conversion à l'islam, au grand désarroi de son père. C'est probablement dans l'espoir de le ramener au judaïsme qu'Abraham ibn Ezra effectue un premier voyage en Orient (Égypte, terre d'Israël et Irak)[5], bien que la conquête almohade ait également pu y jouer un rôle[6]. Au cours de ce voyage, il rachète le terrain de la synagogue Ben Ezra du Caire (également appelée synagogue al-Gueniza, car sa gueniza est la plus importante et plus étudiée au monde) pour 20 000 dinars[7]
Seconde période [modifier]

Dans la seconde partie de sa vie, Ibn Ezra est un solitaire sans attaches, pérégrinant au gré des vents, résidant à chaque étape pendant plusieurs années.

Abraham ibn Ezra se considère comme un exilé, rappelant souvent qu'il est Abraham ibn Ezra l'Espagnol (haSefaradi). Il évoque son amour pour sa patrie perdue, notamment dans une élégie sur les persécutions des Almohades, qui commencent en 1142 ; il y énumère les communautés d'Espagne et d'Afrique du Nord détruites. Par ailleurs, il écrit dans son commentaire sur le Lévitique, à propos de la prescription des quatre espèces, dont il faut prendre une branche ou un fruit pendant la fête des Tabernacles[8], que « celui qui est exilé des pays arabes vers les terres d'Edom (l'Europe chrétienne) comprendra, s'il a des yeux, la signification profonde de ce commandement. »
Dans l'un de ses poèmes les plus connus, Nedod Hessir Oni, il se décrit comme un étranger, écrivant des livres et révélant les secrets de la connaissance. De fait, il est le seul exemple connu d'érudit errant à avoir développé une activité littéraire aussi riche et importante dans des conditions aussi peu favorables.

C'est en 1140 que commencent ses voyages, Ibn Ezra ayant composé plusieurs livres à Rome cette année, afin de propager la science judéo-espagnole parmi les Juifs italiens, qui n'entendent rien à l'arabe. Il en fera de même à Lucques, Mantoue, Vérone, avant de se rendre en Provence puis vers le nord de la France, et en 1158, en Angleterre, Ibn Ezra ayant séjourné à Londres et à Oxford.
Abraham ibn Ezra en Provence [modifier]

Ibn Ezra se rend en Provence avant 1155, faisant halte dans la ville de Béziers, où il écrit un livre sur les Noms divins, dédicacé à ses patrons, Abraham ben Ḥayyim et Isaac ben Judah. Yedaia Bedersi, natif de la ville, parle de son séjour avec enthousiasme, plus de 150 ans après les faits[9]. Juda ibn Tibbon de Lunel, contemporain d'Ibn Ezra, atteste lui aussi de l'importance historique que prit pour les Juifs de Provence le séjour d'Ibn Ezra dans le Sud de la France[10].
Ibn Ezra est à Narbonne en 1139 ou peu avant, et fait ensuite route vers le Nord de la France.
Abraham in Ezra dans le Nord de la France [modifier]

Ibn Ezra effectue un séjour de plusieurs années dans le Nord de la France, faisant d'abord étape à Dreux, aux confins du domaine royal et de la Normandie (une erreur de copie du nom hébraïque de cette ville, דרוס Dros devenu רדוס Redos, et corrigé en רודס Rodos ou Rodes, sera à l'origine d'une croyance erronée qu'il soit allé à Rhodes ou à Rodez). À Dreux, Ibn Ezra complète plusieurs travaux exégétiques et, après avoir récupéré d'une maladie, entreprend un nouveau commentaire du Pentateuque. C'est également dans le Nord de la France, peut-être à Rouen, qu'Ibn Ezra prend contact avec une autre figure majeure de son temps, le tossafiste Rabbenou Tam, et rédige un poème faisant l'éloge du frère de celui-ci, le Rashbam. Cependant, il critiquera vivement ce dernier dans la lettre sur le Sabbath, écrite en 1158 à Londres à l'intention d'un disciple.
La fin du voyage [modifier]

En 1160, Abraham ibn Ezra est de nouveau en Provence, et traduit à Narbonne un traité astronomique à partir de l'arabe. Si les dates données dans le poème concluant son commentaire sur le Pentateuque sont correctes, Ibn Ezra serait mort à Rome, où il aurait également entamé son dernier traité grammatical, Safa Beroura, demeuré inachevé. Les vers d'introduction à ce livre, dédié à son disciple Salomon, ont en effet tout d'un testament : il y exprime l'espoir que ce livre « soit un legs pour Abraham le fils de Meïr, et qu'il préserve sa mémoire de génération en génération. »

Abraham Zacuto[11] avance, sans preuves, qu'Ibn Ezra serait mort à Calahorra, à la frontière de la Navarre et de l'Aragon, le 23 janvier 1167.
Ses œuvres [modifier]
Exégèse [modifier]
Article détaillé : Exégèse juive de la Bible.
Le Livre de l'Exode avec le commentaire d'Abraham bar Meir ibn Ezra HaSefaradi, avec un poème introductif de l'auteur, Naples 1488
Sefer HaYashar [modifier]

La principale œuvre d'Abraham ibn Ezra est son commentaire sur le Pentateuque, intitulé Sefer HaYashar. C'est principalement à ce livre qu'il doit sa réputation, et il a, comme celui de Rachi, engendré une abondante littérature de super-commentaires. Il existe en de nombreux exemplaires, manuscrits et imprimés (la première édition a été effectuée à Naples, en 1488). Il a réalisé un long commentaire de l'Exode, outre celui qui se trouvait dans son commentaire sur le Pentateuque, en 1153. C'est ce long commentaire qui est le plus souvent imprimé. Un manuscrit ancien, conservé à la bibliothèque de Cambridge, comporte une combinaison de ces deux commentaires[12]. Une Bible rabbinique moderne, intitulée Torat Hayyim, propose les deux commentaires séparément.
Michael Friedländer a édité en 1877 un commentaire du même type sur le Livre de la Genèse, qu'Ibn Ezra n'a pas eu le temps de compléter.

Ainsi qu'il l'explique en introduction à ses commentaires, Ibn Ezra considère les interprétations des Gueonim (c'est-à-dire, principalement de Saadia Gaon et Samuel ben Hophni), des Karaïtes et des chrétiens comme fausses ou insatisfaisantes. Quant au midrash, exégèse rabbinique traditionnelle, il estime que, malgré la justesse de ses enseignements, il ne vise pas réellement à élucider le sens du texte[5]. L'interprétation qu'il propose suit le sens simple (peshat) du texte biblique, en se basant sur l'analyse grammaticale dont les auteurs judéo-andalous comme Juda Hayyuj, Yona ibn Jannah, Moïse ibn Gikatilla et d'autres se sont fait une spécialité.
Rédigé dans un hébreu parfaitement maîtrisé au niveau grammatical, et dans un ton spirituel, qui peut aisément devenir poétique, mais néanmoins laconique et riche en « secrets » demeurant inexpliqués, le commentaire reflète aussi l'originalité et la polyvalence d'Ibn Ezra. Il est résolument rationaliste, axé sur les sciences astronomiques et astrologiques et remet notamment en cause la création ex nihilo[13]. Il fourmille de notes sur des sujets divers, dont la grammaire, les mathématiques, quelques considérations philosophiques, etc. Il comprend également de nombreuses polémiques, principalement dirigées contre les interprétations karaïtes de la Bible[14]. Ces attaques sont si caractéristiques de l'œuvre d'Ibn Ezra qu'en des endroits où il semble au contraire s'appuyer sur des exégèses karaïtes, notamment celles de Yefet ben Ali, les supercommentateurs classiques ont mis en doute l'attribution de ces propos à l'auteur, en supposant qu'ils étaient le fait d'un disciple fourvoyé, voire d'un Karaïte[15].
Autres commentaires
Les éditions classiques des Bibles rabbiniques comprennent également les commentaires d'Ibn Ezra sur les Livres d'Isaïe, des Prophètes mineurs, de Job, des Psaumes, du Cantique des Cantiques, d'Esther, de Ruth, de l'Ecclésiaste, des Lamentations et de Daniel.

Par contre, les commentaires sur les Proverbes, Ezra et Néhémie, qui lui sont attribués, ont en réalité été écrits par Moïse Kimhi, un commentateur provençal ultérieur qui montre son influence ; le commentaire sur le Livre des Proverbes qui lui a été attribué par Driver en 1881 et Horowitz en 1884 n'est pas davantage de lui. On lui connaît également des commentaires sur le Cantique des Cantiques, Esther (dont il existe deux versions[16]) et Daniel. Il semble, d'après ses notes, qu'Ibn Ezra ait aussi écrit des commentaires sur les Premiers Prophètes, mais ceux-ci ne peuvent qu'être reconstitués à partir de ses propres notes[17].
Influence

Le commentaire d'Abraham ibn Ezra est considéré comme un classique, et n'a cessé d'être étudié par les exégètes ultérieurs jusqu'à nos jours[13]. Ses prises de position allant parfois à l'encontre de la tradition rabbinique ont souvent été dénoncées, notamment par des auteurs plus « orthodoxes, » comme Nahmanide[6] ou Isaac Abravanel, ainsi que par ses propres supercommentateurs, certains allant jusqu'à dire que ces opinions étaient trop en désaccord avec celles exprimées par Ibn Ezra dans son introduction ou dans d'autres écrits pour être les siennes[15].

Spinoza l'ayant fait connaître comme l'un de ses modèles dans son Traité théologico-politique, Ibn Ezra est considéré comme le précurseur de la critique textuelle biblique. Sans émettre d'affirmations positives, il semble avoir sous-entendu, sur base strictement textuelle, que la Torah n'a pu être rédigée par Moïse seulement, et que les chapitres 40 à 66 du Livre d'Isaïe auraient été écrits par un « second Isaïe, » exilé babylonien anonyme[5].

Toutefois, les passages cités par Spinoza peuvent être interprétés de manière moins radicale, et Ibn Ezra exprime lui-même à plusieurs reprises sa volonté de défendre le texte biblique contre tout ce qui pourrait lui porter atteinte. Il s'insurge, dans sa lettre sur le Sabbath[18] (un responsum rédigé en 1158 à l'intention d'un disciple), contre l'interprétation du Rashbam sur les versets relatifs au septième jour de la Création, et voue au bûcher tous les livres où cette interprétation apparaît, car elle lui semble porter atteinte aux fondements des rites, voire de la tradition.
Grammaire hébraïque[19] [modifier]
Article détaillé : Histoire de la grammaire hébraïque.

Abraham ibn Ezra fut, avec Joseph Kimhi d'une part, et Juda ibn Tibbon d'autre part, le passeur principal de la science grammaticale judéo-andalouse en Europe chrétienne.

S'appuyant en très grande partie sur les travaux de Hayyuj et Ibn Jannah, il dispense au cours de ses pérégrinations de nombreux traités en hébreu, couvrant les théories grammaticales depuis Saadia Gaon jusqu'à Ibn Jannah, et traduit les travaux de Hayyuj en hébreu :
Sefer Moznayim

Écrit à Rome en 1140, il s'agit d'une introduction à la linguistique hébraïque, expliquant soixante termes utilisés en grammaire hébraïque, dont le Karaïte Juda Hadassi reprit le matériel en 1148 dans son Eshkol HaKofer, sans mentionner Ibn Ezra. Le livre contient aussi une revue des grammairiens qui ont précédé Ibn Ezra. Le livre a été imprimé pour la première fois en 1546. Une édition critique a été réalisée en 2002[20].

Traductions des livres de Hayyuj
Abraham ibn Ezra a réalisé une traduction des deux ouvrages majeurs de Juda Hayyuj et d'un troisième sur la ponctuation du même auteur, sous les titres de Sefer Otiyyot hano'aḥ, Sefer Po'alei haKefel et Sefer haNikkoud. Les trois traductions ont été publiées simultanément par Leopold Dukes à Francfort en 1844 ; John W. Nutt a réimprimé le Sefer HaNikkoud avec l'original arabe de Hayyuj, et avec les Sefer Otiyyot HaNo'aḥ vehaMeshekh et Sefer Po'olei ha-Kefel de Moshe ibn Gikatilla, en 1870.
Sefat Yeter

Deux livres sont connus sous ce nom :

    * un livre rédigé en défense de Saadia Gaon contre les arguments d'un critique qu'Abraham ibn Ezra identifie à Dounash ben Labrat, et dont il a découvert le manuscrit en Égypte. Le livre a été erronément publié sous le titre de Sefat Yeter (ed. Bisliches 1838 ; ed. Lippmann, Francfort, 1843), alors qu'il s'agit d'un autre ouvrage d'Ibn Ezra. Après découverte d'un fragment de la Gueniza du Caire[21], une édition critique a été réalisée en 1988[22].
    * le véritable Sefat Yeter, manuel à l'usage des débutants, composé à Lucques entre 1140 et 1145. Wilhelm Bacher l'a confondu avec le Sefer hayessod (ou Yessod diqdouq) et conclu qu'il avait été perdu, mais Wilensky[23] a prouvé qu'il s'agissait bien du Sefat Yeter. L'introduction a été publiée et une édition critique en a été réalisée en 1984[24].

Sefer Tzahot [
Le Sefer Tzahot, écrit à Mantoue en 1145, est considéré comme l'ouvrage majeur et le plus complet d'Ibn Ezra dans le domaine de la grammaire. Édité par Lippmann à Fuerth, en 1827, une édition critique a été réalisée en 1977[25].

Il reprend les acquis de ses prédécesseurs, qu'il présente d'une façon moins théorique et plus systématique. Sa principale innovation est d'aborder la métrique poétique dans le premier chapitre, lorsqu'il traite des voyelles, du sheva et des paradigmes nominaux. Ibn Ezra traite également en profondeur des modes de conjugaison, des verbes bilitères et quadrilitères, ainsi que des verbes composés de deux mots ou formes.
Autres

Abraham ibn Ezra a également composé le Sefer haShem et le Yessod Mispar, tous deux à Béziers avant 1155, et le Safa Beroura, demeuré inachevé, probablement dans le Sud de la France, à une date indéterminée.

Le Sefer haShem a été édité par Lippman en 1834. Il s'agit d'un ouvrage à la fois grammatical et spéculatif, à la manière du Sefer Yetzira, traitant des Noms de Dieu écrits avec les lettres 'HYH (אהיה) et YHWY (יהוי). Ces lettres, ainsi que les nombres qui y sont associés selon la numération hébraïque, leur qualité phonétique, leurs fonctions grammaticales et d'autres traits, jusqu'à leur représentation graphique, donneraient des informations sur la divinité[13].
Le Yessod Mispar est une petite monographie sur les particularités grammaticales des nombres, éditée par Simhah Pinsker en 1863, dans la dernière partie du livre de cet auteur sur les systèmes de ponctuation de l'hébreu utilisés en terre d'Israël et en Babylonie.
Philosophie religieuse[13] [

Bien qu'il soit considéré comme l'un des plus importants penseurs du judaïsme, Abraham ibn Ezra est probablement plus proche de la théologie discursive de Saadia Gaon, qui est sa source principale, que de la véritable recherche philosophique de ses successeurs, dont Moïse Maïmonide. Sa doctrine tient donc du Kalam juif, fortement influencé par le néoplatonisme et l'astrologie[13].

Il considère ainsi que seul le monde inférieur fut créé (le monde supérieur et les anges étant co-éternels à Dieu), que Dieu ne connaît que les espèces, pas les individus, et que sa providence ne s'adresse elle aussi qu'aux espèces, par la médiation des corps célestes ; toutefois, les individus ayant développé leur âme et leur intellect peuvent prévoir les influences néfastes causées par les sphères célestes, et en conséquence les éviter.

Outre les considérations philosophiques affleurant par endroits dans sa poésie, et les excursus qu'il s'autorise dans son commentaire biblique lorsque le sujet s'y prête, comme Ecclésiaste 7:9, deux œuvres d'Ibn Ezra peuvent être considérées comme spécifiquement philosophiques.
Yessod Mora
Le Yessod Mora (Base de la Révérence) est un livre sur la division et le sens des prescriptions bibliques. Rédigé en 1158, il a été édité pour la première fois en 1529.

Le livre s'ouvre sur un passage en revue des sciences pratiquées par les Juifs de son temps, sans faire la distinction entre savoirs traditionnels, à savoir la massore, la grammaire hébraïque, la Bible et le Talmud, et profanes, à savoir la « science des astres » (hokhmat hamazalot), la « science des mesures » (hokhmat hamiddot), la « science de l'esprit » (hokhmat hanefesh), « le produit des cieux » (toledet hashamayim) et, enfin, la « balance de toute science » (hokhmatha mivta). Ibn Ezra semble y inclure une forme de spéculation ésotérique (sod hamerkava, shiour qoma), acceptable si elle est abordée proprement. Toutes ces sciences sont nécessaires à la bonne compréhension des problèmes qui se posent aux Juifs.

Il explique dans les chapitres comment différencier les groupes dans lesquels doivent être classés les commandements, traite des commandements limités à un groupe d'individus (prescriptions n'incombant qu'aux prêtres, prescriptions relatives aux offrandes, limitées aux mâles, etc.). Après avoir éliminé de la sorte les commandements particuliers, il aborde, dans le cinquième chapitre, les commandements absolus, valables en tous lieux et en tous temps, que la raison connaissait avant la Révélation. De la sorte, Ibn Ezra peut conclure en affirmant que le judaïsme contient en son cœur les principes universels de la raison.
Hayy ben Meqitz

Hayy ben Meqitz est un récit en prose rimée, dédié à Samuel ibn Jam'. Il a été édité parmi les poèmes d'Ibn Ezra par David Kahana à Varsovie en 1894. Rédigé dans la veine du Hayy ibn Yaqzan d'Avicenne, dont Ibn Tufayl et d'autres ont déjà produit leurs propres versions, il s'agit d'une allégorie philosophique, où le narrateur rencontre Hayy et est mené par lui à la fontaine de vie puis au travers des huit royaumes (les huit planètes) avant de le faire pénétrer dans le monde angélique. Hayy lui explique alors qu'il ne peut voir l'Un, mais que s'il continue dans ses pas, il parviendra à Le connaître, voire à Le voir.

Bien qu'entremêlé de versets bibliques qui le rendent familier à un lectorat juif, Hayy ben Meqitz est l'œuvre la moins spécifiquement juive d'Ibn Ezra, comportant même des connotations quelque peu chrétiennes. Il semble en revanche fort imprégné d'esthétique néoplatonicienne.
Ouvrages sur la science des astres

La « science des astres, » qui regroupe chez Ibn Ezra tant l'astronomie que l'astrologie, les mathématiques et l'étude du calendrier hébraïque, joue un rôle central tant dans ses conceptions que dans ses œuvres.
Traités d'astrologie[26],[27]

L'astrologie occupe une place centrale dans l'œuvre et la pensée d'Abraham ibn Ezra, qui mesure à l'aune de celle-ci la prédestination et le libre-arbitre. C'est également une explication astrologique qu'il fournit à plusieurs prescriptions bibliques, dont les offrandes[13].

Il a écrit plusieurs traités d'astrologie, composés pour la plupart à Béziers en 1146, couvrant l'ensemble de ses domaines (horoscope, astrologie médicale, profil astrologique, etc.), et formant ensemble une véritable encyclopédie de l'astrologie. Ils sont basés sur le Tetrabiblos de Claude Ptolémée et d'autres auteurs hindous, persans et arabes.

Le premier et plus connu de ces traités est le Reshit Hokhma, traité en dix chapitres, où Ibn Ezra décrit les fondements de l'horoscope. Traduit une première fois en français en 1273 par Hagin le Juif, sous le titre de Commencement de Sapience, il l'a été en anglais par Raphael Levy et Francisco Cantera, sur base d'un manuscrit et de cette première traduction[28]. Une seconde traduction française a été réalisée en 1977[29].
Ce livre est complété et approfondi par le Sefer HaTeamim, dont il existe une version courte et une version longue. Les deux versions ont été éditées, en 1941 et 1951 respectivement. D'autres traités ont été édités par Yehouda Leib Fleischer, entre 1932 et 1939, et par Meir Bakkal en 1971.

Pour Ibn Ezra, le monde se divise en un étage spirituel, un étage céleste et un étage sub-lunaire. Ce dernier est tout entier gouverné par les astres, bien que l'homme puisse, par sa connexion avec le divin, les influer. Si Ibn Ezra est assez prudent dans ses commentaires bibliques pour laisser entendre qu'il n'y a pas d'astre dirigeant Israël, en conformité avec le Talmud, il affirme dans ses écrits astrologiques que l'influence des astres est universelle[13].
Traités d'astronomie

Le principal traité d'astronomie d'Abraham ibn Ezra est le Keli ha-nekhoshet, un traité sur l'astrolabe en 36 chapitres, édité par Edelmann, en 1845.

Ibn Ezra a en outre traduit de l'arabe les explications de Muhammad bin Almatani aux tables astronomiques d'Al-Khawarizmi, sous le titre de Taamei Louhot al-Khwarizmi, et un livre de Mashallah sur les éclipses du soleil et de la lune.
Traités mathématiques[
Les mathématiques constituent aux yeux d'Ibn Ezra la base fondamentale de la science des astres. Il y a consacré deux traités, le Sefer haekhad et le Sefer hamispar.

Le Sefer haekhad est un livre purement mathématique en neuf chapitres, sur les particularités des chiffres de 1 à 9, et leurs fonctions.
Le Sefer hamispar (Lucques 1146), est un ouvrage d'arithmétique en sept chapitres sur la multiplication, la division, l'addition, la soustraction, les proportions et les racines carrées. Il s'agit de l'un des premiers livres introduisant le système décimal d'al-Khwarizmi en Occident.
Autres

Le Sefer ha-'ibbour (éd. Halberstam, 1874) est un livre sur l'intercalation d'un mois embolismique dans le calendrier hébraïque. Abraham ibn Ezra y traite également des lois générales du calendrier.

Shalosh she'elot est un responsum rédigé à Narbonne en 1139 en réponse à trois questions de David Narboni sur la chronologie.
Influence
Ainsi que l'a prouvé Shlomo Sela, l'influence d'Ibn Ezra en la matière a été si importante qu'elle a motivé les questions adressées par les Juifs de Provence un siècle plus tard à Moïse Maïmonide, pour connaître ses positions sur le sujet[31], que le Sage dépréciait particulièrement.

Le cratère lunaire Abenezra a été nommé en son honneur.
Poésie [

Abraham ibn Ezra a composé des poèmes religieux et profanes, qui vont des chansons à boire aux chants d'amour et aux devinettes. Dans l'esprit de son temps, il fonde sa poésie sur la bonne connaissance de la philologie hébraïque, et fustige le style des anciens payytanim (poètes liturgiques), à l'exception notable de Saadia Gaon[32].

La plupart des poèmes d'Ibn Ezra, y compris Hayy ben Meqitz, ont été recueillis dans ses Diwan (260 pièces), édités par I. Egers à partir du seul manuscrit en existence. David Rosin a également réalisé une compilation et traduction d'autres poèmes non inclus dans les Diwan[33]. Ils ont également été édités avec une introduction et des notes par David Kahana en 2 volumes (Varsovie, 1894).

Juda al-Ḥarizi[34] dit des poèmes d'Ibn Ezra qu'ils « apportent de l'aide en temps de besoin, et la pluie en temps de sécheresse. Toute sa poésie est élevée et admirable dans son contenu. » Pour Leopold Zunz[35], il a démontré le fossé qu'il y a entre piyyout (poésie liturgique) et poésie profane.

Parmi ses pièces les plus célèbres figurent le Ki eshmera shabbat, une zemira (chant de chabbat), et un épigramme pour excuser son éternelle indigence : « Si je faisais le commerce des bougies, le soleil ne se coucherait pas, si je vendais des linceuls, personne ne mourrait[5]. »
Notes et références
Exégèse [modifier]

        Les commentaires d'Ibn Ezra sur la quasi-intégralité de la Bible hébraïque sont disponibles en ligne en format html verset par verset sur Olam HaTanakh du site Daat

    * (he) Texte intégral du commentaire d'Ibn Ezra sur le Pentateuque sur le site Daat [pdf]
    * (he) Texte intégral du commentaire d'Ibn Ezra sur le Livre d'Esther, idem.
    * (he) Texte intégral du commentaire d'Ibn Ezra sur le Cantique des Cantiques, idem.
    * (he) Texte intégral du commentaire d'Ibn Ezra sur le Livre des Proverbes, idem.
    * (he) Texte intégral de la Lettre sur le Sabbath, idem.

    * (he) H.R. Rabbinowicz, Le commentaire d'Ibn Ezra et son rapport aux autres exégètes, étude réalisée à l'occasion des 800 ans de son décès, sur le site Daat

Grammaire hébraïque [modifier]

    * (he) Texte intégral du pseudo-Sefat Yeter, édition Varsovie et Francfort sur le site Daat

Philosophie [modifier]

    * (he) Texte intégral de Yessod Tora veSod Mora, sur le site Daat

Science et astrologie [modifier]

    * (he)Texte intégral du Sefer HaMispar, sur le site Daat
    * (he)Texte intégral du Sefer HaIbbour, édition 1874 [pdf], sur le site Daat
    * (en) David Mc Cann (éd.), 120 Aphorisms for Astrologers by Abraham ibn Ezra
    * (en) Sela, Shlomo, "Abraham Ibn Ezra's Scientific Corpus Basic Constituents and General Characterization", in Arabic Sciences and Philosophy, (2001), 11:1:91-149 Cambridge University Press

Poésie [modifier]

    * (he) Poèmes sacrés et profanes d'Abraham ibn Ezra dans le projet Ben-Yehouda.
    * (he) Idem, avec analyse des textes et présentation de l'auteur, sur le site Invitation au piyyout
    * (he) Sélection de poèmes, sur le site Daat


samedi 31 octobre 2009, a 22:35
Ramana Maharshi
 

Ramana Maharshi est un des maîtres de l'Advaita vedanta né le 30 décembre 1879 et mort le 14 avril 1950. Son enseignement est essentiellement centré sur le Soi et la question "Qui suis-je ?". Il est considéré comme l'un des grands maîtres traditionnels de cette école philosophique du Vedanta.


Biographie

Venkatarama est né dans un village près de Madura dans le sud de l'Inde en 1879. Son père qui était magistrat et brahmane avait la réputation d'être très charitable. L'enfant apprit des rudiments d'anglais à l'école de missionnaires américains. Il aimait le jeu, les sports et ne témoignait d'aucun intérêt spécial pour la religion ou la philosophie. Mais il avait des accès de somnambulisme suivis d'un sommeil si profond que ses camarades pouvaient le battre sans qu'il se réveillât. Un jour un parent venu chez lui en visite lui raconta qu'il revenait d'un pèlerinage à un grand temple situé au pied d'une colline, nommée Arunachala qui surplombe la petite ville de Thiruvanamalaï dans le Tamil Nadu. Le nom de ce lieu fit une profonde impression sur lui.

En juin 1896, alors qu'il avait seize ans et qu'il se trouvait seul dans une chambre au domicile de son oncle, Venkataramana fut saisi par une soudaine terreur de mourir. Il questionna avec une intensité extrême ce que signifiait pour lui d'être mort. Il connut alors une extase consciente où il toucha aux véritables sources du moi, à l'essence même de l'être. Cette expérience mystique le transforma complètement, il perdit toute trace de peur ou de désir pour quoi que ce soit et réalisa avec une clarté extrême la distinction entre le corps mortel et la conscience immortelle, autrement dit entre l'existence éphémère de la personnalité et la Vie impersonnelle. Il rechercha dès lors la solitude afin de s'y livrer à la méditation et de retrouver le courant de vie intérieure dans lequel il s'absorbait.

Ayant perdu tout intérêt pour les choses du monde, il s'enfuit de chez lui pour se rendre à Arunachala. Il resta dans le temple durant six mois durant lesquels il restait plongé dans une profonde méditation. En raison du flot ininterrompu de pèlerins qui venaient faire leurs dévotions au temple, il chercha un lieu plus solitaire. Il se retira dans un petit sanctuaire puis, durant des années, dans une grotte de la colline d'Arunachala, toujours abîmé dans la méditation. Il vécut ainsi en ermite, mendiant à l'occasion un bol de riz, comme c'est l'usage en Inde, sans jamais tenter de convaincre personne ni d'enseigner quoi que ce soit. Un dévot, touché de sa ferveur, s'attacha spontanément à lui et, durant des années, veilla sur lui.

Un jour il reçut la visite d'un illustre pandit appelé Ganapati Shastri, visite qui inaugura ce que l'on peut appeler la vie publique du Maharishi. Reconnaissant en Venkatarama un grand Sage ou Maharishi, il le supplia de l'accepter comme disciple. C'est à partir de ce moment que le titre de Marharishi commença à être donné à Ramana.

Un petit groupe de disciples se forma autour de lui, c'est eux qui construisirent un bungalow sur la colline puis un ashram. Sa réputation grandit dans tout le pays. Les dévots reconnurent en lui un Jivan Mukta, un libéré vivant ayant atteint le but dont parlent les écritures sacrées. Il devint, sans l'avoir voulu ni refusé, le maître de milliers de disciples qui virent en lui l'un des plus grands sages que l'Inde eût connu. Dans toute l'Inde contemporaine, il fut désormais connu sous le nom de Sri Ramana Maharishi.
Enseignement [modifier]

Selon Ramana Maharshi le corps physique auquel nous nous identifions est sans importance. Seul le Soi qui est la pure conscience d'être doit-être trouvée grâce à l'enquête incessante: « Qui-suis-je? » (Atma Vichara)[1].

Le soi est silence, imperceptible par les sens et inconcevable par l'intellect. C'est cette présence absolue qui seule Est et demeure immuable. Tandis que tout se forme, se transforme et se déforme dans l'univers, "Cela" ne meurt pas, ne nait pas et demeure en chacun. Chacun de nous répète sans cesse "Je", à toute heure du jour, sans s'interroger sur la source de ce sentiment d'être et en l'attribuant au corps, en raison d'une investigation superficielle de la question. Or c'est tout le contraire, la "Conscience en Soi", c'est à dire en elle-même, ce que nous pourrions appeler la "Conscienceté", indépendamment de la "conscience de", est en vérité la source invisible de tout. Cette Réalisation peut se faire au cours de l'existence et met fin à la souffrance qui n'est autre que l'effet de l'ignorance de qui nous sommes.

Le Maharshi exhortait tous ceux qui l'écoutaient à se poser inlassablement la question « Qui suis-je? », indiquant ainsi la direction que le chercheur doit prendre pour couper la racine même de l'Illusion (Mâyâ) associée à l'identification avec le "Je" (Jiva ou encore Ahamkara).
Oeuvres relatives à l'enseignement de Ramana Maharshi [modifier]

Ramana Maharshi a publié plusieurs traités doctrinaux en tamoul. Un seul a été traduit en sanscrit : "Upadesha-sâram"[2]. Recevant de nombreuses personnes, les réponses aux questions posées ont été publiés dans différents livres.

    * Bhagavan Shri Râmana Maharshi, "La connaissance de l'être. (Ulladu Narpadu ou Sad-Vidya)" Traduit et annoté par Henri Hartung. 2e édition. turuvannamalaï. 1952.
    * Arthur Osborne, "Ramana Maharshi et le Sentier de la Connaissance de soi". Editions Victor Attinger, 1957, 223 pp.
    * Râmana Maharshi, "Qui suis-je ?" (Koham). Version française par Françoise Duquesne et Christian Couvreur. Etudes Traditionnelles, n° 396-397, 67e année, juillet-août et Septembre-octobre 1966.
    * "L'évangile de Ramana Maharshi". Le courrier du livre, 1970, 140 pp.
    * "Sri Ramana Gita. Le chant de Sri Ramana". Dervy Livres 1985. 132 pp.
    * "Qui suis-je ?". On trouve ce texte traduit en français dans plusieurs éditions. Henri Hartung, "Présence de Ramana Maharshi", Dervy Livre, 1987, 160 pp. (texte pp. 134-144).
    * David Godman, "Sois ce que tu es", Enseignements de Ramana Maharshi", Adrien Maisonneuve, 1988.
    * Oeuvres réunis. "Ecrits originaux et adaptations". Traduit de l'anglais par Christian Couvreur et Françoise Duquesne. Editions Traditionnelles. 1988. 350 pp.
    * Bruno Hapel, "Râmana Maharshi & Shankara. La tradition primordiale". Guy Trédaniel. 1991, 173 pp.
    * "Comme une montagne de camphre. Râmana Maharshi - Annamalai Swâmî. Enseignement sur la voie de la non-dualité (Advaita)". Textes réunis par David Godman. Nataraj, 1996, 208 pp.
    * "L'enseignement de Ramana Maharshi". Albin Michel, 2005 (Nouvelle édition intégrale par rapport à celle de 1972).
    * Patrick Mandala. "Le son du silence. présence de Râmana Mahârshi. Inédits". Editions Acarias L'Originel, 2006, 251 pp. (Il faut rester prudent concernant le contenu de ce livre).

Autres livres présentant une synthèse de l'enseignement de Ramana Maharshi [modifier]

    * Etudes sur Ramana Maharshi, vol I. Collectif. 1940, 163 pp.
    * Etudes sur Ramana Maharshi, vol I et II réunis. Collectif. 1949, Adyar-Paris, 207 pp.
    * Ashrams. Les Yogis et les Sages. Arnaud Desjardins, Ashrams. . La Palatine. 1962. 242 pp. Chapitre : "Ramanashramam", pp. 159-198

Notes et références
   1. ↑ Immortelle concience. Paul Brunton, Ramana Maharshi. Éd. Les Deux Océans, 1990. (ISBN 9782866810276)
   2. ↑ Bruno Hapel, "Râmana Maharshi. L'esprit du silence". Guy Trédaniel Editeur, 1998, 64 pp. (pp. 31-50)

samedi 31 octobre 2009, a 22:18
La cabale juive
 

La Cabale

 

AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR

 

Ce sujet ne laisse aucune place à l'imagination de celui qui le compose. Car il est impossible - si on se veut sérieux - de changer le sens et les définitions de la cabale originelle, à moins d'écrire sa propre "version". Mais ce n'est pas l'objectif de cet article. Ces pages sont avant tout une compilation rigoureuse et historique.

                Je tiens à redire que tout ce qui concerne la cabale perd bien souvent toute valeur significative dès sa traduction (Hébreu / autres langues).

                Qu'importe aux éditeurs spécialisés et aux auteurs maison sans scrupules ? Eux commercialisent...

                Résultat:

                Du haut de cet Himalaya de publications, on peut constater objectivement que 50% de ces ouvrages sont des phantasmes d' "auteurs" mégalos - voire fous - et que les autres 50% distillent plus ou moins quelques notions justes de cabale, afin de cautionner leurs "dons personnels", leurs "pouvoirs", leurs "découvertes", leurs "idéals de vie", qu'ils voudront bien partager avec vous à condition que vous fassiez au moins l'effort d'acheter ce qu'ils vous vendent.

                Si vous n'arrivez pas à égaler leurs puissances, même juste à en avoir un tout petit peu, c'est normal !!! Ou vous n'avez pas de dons (?), ou vous n'y avez pas consacré toute votre vie "comme eux" (?). En tout cas, c'est déjà trop tard pour vous, car vous n'avez plus votre argent non plus !

                Si j'ai voulu écrire cet article, c'est pour vous expliquer l'évolution historique de la cabale d'un ton neutre, de peur qu'un autre ne vous dessine des pentacles magiques à côté d'invocations rituelles imprononçables, qui dérangent les esprits fragiles et suicident les désespérés.

                En période de crise, les humains se rattrapent à n'importe quelle branche d'un quelconque Arbre de Vie... fut-il symbolique...

              
 

   
Définition du dictionnaire:

 

CABALE (kabal) nom féminin (hébreu: qabbalah, tradition). Chez les juifs, interprétation mystique de la Bible. // Science occulte qui prétend faire communiquer avec les esprits: terme de cabale. // Menées secrètes, intrigue: monter une cabale.

 

(source: Petit Larousse illustré, 1977).

 

En littérature, vous trouverez le mot "cabale" sous forme écrite différente: Qabbale, Kabbale... C'est le même mot, le sens demeure identique, mais ces deux vocables sont plus exotiques, induisent le mystère plus sûrement. C'est tout.

                Vous connaissez tous cette phrase célèbre: "Au commencement, il y avait le Verbe..." Ce fameux verbe était en Hébreu. L'Hébreu est donc une langue sacrée. Chacune des 22 lettres de son alphabet est une manifestation de la Vibration originelle et contient, à ce titre, une énergie spirituelle.

 

                Un peu d'Histoire, maintenant...

                La cabale-tradition, dans le sens de tradition ésotérique reçue, est une voie sacrée par laquelle les doctrines les plus profondes de la mystique juive peuvent s'exprimer. Cette tradition rapporte que Moïse, après avoir reçu les Tables de la Loi sur le Mont Sinaï, préserva une partie des enseignements. Ne pouvant les livrer à "tous", il les transmit de vive voix à ceux dont il avait éprouvé les qualités. C'est pourquoi cette révélation ne se fait, en partie, que de bouche à oreille, sous le couvert du secret initiatique. En partie, seulement, car il fut nécessaire d'écrire ces enseignements pour qu'ils puissent parvenir aux générations suivantes.

                Les doctrines ésotériques furent dissimulées dans la Loi exotérique même, mais d'une façon codée. C'est pourquoi on dit qu'il y a 70 niveaux d'interprétation des textes de la Torah (le Pentateuque: les 5 premiers livres de la Bible). En effet, de nombreuses parties de la Bible possèdent, outre leur sens littéral, une signification plus profonde grâce à laquelle l'initié atteindra une Communion Intime avec Dieu. Puisqu'à l'époque où le prophète Esdras rédigeait la Torah, on savait qu'un sens mystérieux de ces textes était confié à des initiés, afin de préserver l'exactitude et la pureté de la Loi Reçue.

                La doctrine ésotérique des Hébreux tire sans aucun doute ses fondements des nombreuses Ecoles de Mystères Egyptiennes (dans la vallée du Nil, ces dernières foisonnaient). Mais elle reçut aussi les influences des philosophies que le peuple hébreu rencontra au cours de ses périples. Les racines de la cabale sont liées à l'ancienne doctrine secrète juive, mais dans le sens où nous l'entendons aujourd'hui, ce n'est qu'au XIème siècle que le nom "kabbale" apparut à travers un texte du philosophe juif: Salomon Ibn Gabirol.

                Entre 1150 et 1220, de fortes tensions culturelles et religieuses animaient le midi de la France, indépendant du royaume de France. Dans les cours féodales de langue d'Oc s'établissaient des contacts entre la culture islamique, juive (les premières colonies datent du 1er siècle après JC) et celle de la chevalerie chrétienne. La mystique d'amour des troubadours se développait et le christianisme s'effaçait devant la religion dualiste de l'église Cathare. Cette atmosphère de renouveau mystique, due aux interpénétrations culturelles, permit à la cabale de s'épanouir dans certains cercles juifs, composés aussi d'initiés non-juifs, et d'avoir une très grande influence sur les esprits de cette époque. On peut voir que si la cabale primordiale se rapproche de la religion juive, elle s'en éloignera au cours de la diaspora (70 après JC) et rebondira surtout en Occident, en Espagne et dans le sud de la France, à partir du XIIème siècle. Et avec la cabale (ainsi que les croisades), toutes les connaissances scientifiques et/ou littéraires transiteront entre l'Orient musulman et l'Occident chrétien.

                Les principaux textes sont: le "sepher ha bahir" (livre de la clarté), le "sepher yetsirah" (livre de la formation) et le "sepher ha zohar" (livre de la splendeur).

                C'est à cette époque-là que la cabale devint plus ésotérique et "universelle" au contact, voire à la charnière, des mondes juifs, musulmans, chrétiens, en s'éloignant progressivement, mais sans jamais les perdre, ni les renier, de ses origines juives et religieuses.

                A l'image de la révélation que reçut Moïse sur le Mont Sinaï, la cabale est la réception directe des énergies spirituelles. Elle libère une connaissance spontanée des lois de la nature, et le but du cabaliste est de s'ouvrir à ce flux divin.

 

                Les connaissances d'un cabaliste sont:

                - la connaissance de Dieu, de l'Etre universel, de la conscience cosmique à l'origine de tout;

                - la connaissance de l'univers, la science du macrocosme;

                - la connaissance de la vie, son origine et sa raison;

                - la connaissance de la nature (principe premier), des principes fondamentaux qui l'animent;

                - la connaissance des astres, les relations qu'ils entretiennent avec l'ensemble (des connaissances);

                - la connaissance de la Terre, sa place dans l'univers, ses cycles d'évolution;

                - la connaissance des mythes, les enseignements qu'ils renferment, et les agrégats inconscients qu'ils décrivent;

                - la connaissance de l'Homme, l'étude du microcosme, son identité avec l'univers et, enfin, l'Homme en tant que contenant et expression des éléments ci-dessus.

 

                Les règles de base du cabalisme:

                - un principe unique et éternel, seule réalité, est la CAUSE éternelle de tout ce qui est, qui fut ou sera;

                - ce principe s'équilibre par trois manifestations: deux s'opposent et se complètent, une troisième les équilibre;

                - ces trois tendances se développent en une multitude d'autres à l'infini;

                - le plan de manifestation de cette multitude est le cosmos entier;

                - l'Homme est à l'image de ce cosmos: "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut";

                - l'Homme est soumis, comme le cosmos, à la loi d'évolution et d'involution.

 

                Toute la cabale repose sur la Torah.

                Le texte de la Loi Reçue est le support essentiel du cabaliste.

                Cette Loi est la Torah révélée à Moïse sur le Mont Sinaï.

                Constituée des cinq premiers Livres de la Bible (le Pentateuque), elle est la manifestation divine. Les Lettres, les Noms qui la forment, sont autant de liens sacrés qui unissent l'âme à son créateur. La Torah, outre son sens littéral, enferme sous forme de codes une immensité d'enseignements hermétiques. Une partie du travail du cabaliste porte sur la mise à jour de ces clefs.

                Les empreintes spirituelles occultées au sein des textes se manifestent dans les diverses combinaisons et sous les diverses formes que constituent les lettres de la Torah. 70 niveaux d'interprétations des textes sont connus par les cabalistes. Interprétations qui vont du commentaire symbolique à la mise en équation des valeurs de chaque lettre. A ce stade, on pénètre dans une sorte de mathématique de la pensée humaine.

                La sagesse divine renferme à l'état pur l'essence de tout Etre et de tout Devenir. Les lettres de la Torah primordiale sont subtiles et cachées. Le cabaliste, lui, est à la recherche de la Torah "repliée", la primordiale: la Torah qeduma. Ainsi l'étude secrète de la Torah doit mener le cabaliste d'une connaissance spéculative à une connaissance contemplative.

 

                Oeuvre du commencement et Oeuvre du char:

                Nombre des enseignements de la cabale tirent leur source, entre autres, d'une doctrine très ancienne, environ 500 ans avant JC. Dans cette période dite du second Temple, les cercles pharisaïques développaient deux doctrines hermétiques s'appuyant sur les livres de la Genèse et d'Ezéchiel. Ces doctrines portent les noms de "Maasse Bereshith" (Oeuvre du commencement) et "Maasse Merkabah" (Oeuvre du char).

                - La Maasse Bereshith développe le processus de la Création, à partir du premier chapitre du livre de la Genèse; c'est le mystère de l'histoire de la Création.

                - La Maasse Merkabah expérimente la vision du char d'Ezéchiel, comme trône de Dieu; c'est le mystère des royaumes célestes.

 

MAASSE BERESHITH :

                                                               Ensemble des doctrines sur la Création et des spéculations cosmogoniques et cosmologiques. La Maasse Bereshith est essentiellement spéculative. Elle a pour sujet central les 10 nombres premiers élémentaires qui se développeront sous le nom de "sephiroth" (voir plus loin) et des 22 lettres (consonnes - il n'y a pas de voyelles en Hébreu) que Dieu a créé tout ce qui existe. La mystique du Bereshith aspire donc principalement à comprendre comment s'est développée la substance originelle.

 

MAASSE MERKABAH :

                                                                La Merkabah était le char divin décrit par le prophète Ezéchiel tel qu'il lui apparût. La Maasse Merkabah est la mystique du trône divin, la connaissance des mystères du monde céleste. Elle est le but de la vision mystique, illustrée par toutes les formes de l'oeuvre de la Création. Ce trône céleste est placé au sommet de sept palais, habités par une population céleste hiérarchisée. L'ascèse mystique permet l'ascension de ces demeures occultes; cette expérience est appelée "la descente vers le trône". Il s'agit d'un voyage extatique où l'âme doit vaincre, dans chaque palais, l'opposition d'un portier (symbole de ses défauts). Le mystique a besoin pour cela de mots de passe, sous la forme de noms secrets et de sceaux magiques.

                La victoire sur un "portier", un "démon", ou un "ange déchu", accorde le passage d'un plan de conscience à un autre. La descente vers le trône est une expérience spirituelle de haut niveau, dans laquelle l'initié mène un combat très dur contre lui-même, mais aussi contre l'agression des gardes célestes.

                La Merkabah ne concerne pas uniquement le mystique, toute âme juive doit y progresser après la mort. On peut aisément supposer que les autres âmes aussi, depuis le XIIème siècle, en considérant le chemin beaucoup plus difficile (?). Le défunt traverse donc les différents palais et doit y vaincre ses propres tendances et peurs, sous la forme de gardiens du seuil. L'âme, en fonction de son degré d'évolution, se fixera dans un palais plus ou moins élevé. D'où l'intérêt d'apprendre à descendre vers le trône pendant sa vie physique.

 

                Au commencement, affirme la cabale, "Dieu a désiré voir Dieu". Par un acte libre et créateur, il a alors retiré le Tout absolu (l'aïn sof), l'a contracté, afin de permettre l'apparition d'un vide dans lequel allait se manifester le miroir de l'existence. Cet acte est appelé "zimzoum" (contraction). Puis de l'aïn sof or (la lumière sans fin qui entoure le vide) a émané un rayon de lumière (kav) qui s'est manifesté à dix niveaux différents. Ces dix niveaux sont connus sous le nom de sephiroth. La racine du mot hébreu sephira (singulier de sephiroth) est à la fois proche de celle du mot "chiffre" et de celle de "sphère". Les sephiroth représentent les attributs divins imbriqués dans de mutuelles relations. Les relations entre les sephiroth sont gouvernées par trois principes (voir plus haut les règles de base): les Splendeurs cachées (zazahot), qui sont:

                - la Volonté - qui maintient l'équilibre,

                - la Miséricorde - qui répand le flux de l'émanation

                - et la Rigueur, qui le contient.

                Les Splendeurs organisent les sephiroth, et elles le font selon un modèle symbolique connu sous le nom d'arbre de vie, ou arbre cabalistique. Cet arbre est l'archétype à partir duquel la Création s'ordonne. Si les sephiroth sont des attributs de Dieu, elles peuvent aussi se comprendre en termes d'expériences humaines. Elles sont la commune mesure entre le Créateur et sa Création.

                La cabale est aussi une gnose: l'Homme recherche en lui sa part de divinité. Les sephiroth sont les dix puissances de l'âme: les trois supérieures, le sekel (intellect), sont la conscience pure. Les sept autres, les Middoth (attributs), constituent les 7 forces émotionnelles de l'âme. Dans l'Homme, les Middoth sont vivifiées et rendues effectives par le sekel, ceci ayant pour résultat les états mentaux et les dispositions affectives.

                Les sephiroth portent les noms suivants, dans l'ordre d'émanation:

 

                KETER: la couronne. Sephira la plus haute, elle est le siège de la conscience pure, la lumière s'y trouve à l'état pur. Elle est l'origine de tout, le lien direct avec la divinité.

                HOCKMAH: la sagesse. La matière première, l'origine des puissances intellectuelles. Dans l'Homme elle régit l'imagination, le concept, l'intuition.

                BINAH: l'intelligence. Elle permet de comprendre les informations provenant de la conscience pure, de réfléchir, de spéculer.

                HESSED: la clémence. La bienveillance illimitée. Elle est l'ouverture et le partage. L'expansion des qualités, des facultés.

                GVOURAH: la rigueur. La restriction, l'intransigeance. L'acte de ramener à soi et de discipliner.

                TIPHERETH: la beauté. La synthèse et l'harmonie des forces émotionnelles de l'âme. L'organisation des énergies.

                NETSAH: la victoire. Elle structure l'élan d'ouverture de hessed. Permet de produire l'acte pratique qui fera réaliser l'intention.

                HOD: la gloire. Elle spécule sur l'acte pratique de netsah, le contrôle et le discipline.

                YESSOD: le fondement. La fondation sur laquelle reposent les forces émotionnelles de l'âme; si yessod n'est pas parfaitement stable, l'édifice entier ne peut se maintenir.

                MALKUTH: le royaume. La matérialisation, le support physique des forces émotionnelles. Elle est l'acte exprimé, la partie de l'iceberg que l'on voit.

 

                Les 22 lettres sacrées:

                L'alphabet hébraïque est constitué par 22 consonnes, les voyelles n'existant pas en Hébreu. Pour les cabalistes, ces 22 lettres sont à l'origine de la création du monde (souvenez-vous: "au commencement, il y avait le Verbe"...)

                Le mot hébreu pour désigner une lettre est "auth". Ce mot ne se traduit pas uniquement par le mot "lettre", mais aussi par "signe", "preuve", "symbole" et "miracle".

                Les lecteurs qui connaissent la langue hébraïque savent que c'est une de ses particularités. Les autres, peut-être, l'apprennent...

                Chaque lettre est une puissance à la fois matérielle et immatérielle. Matérielle, parce qu'elle existe et permet la communication avec le monde matériel. Immatérielle, car elle vibre dans chaque région de la création.

                Les lettres sont la manifestation d'une vibration primitive symbolisée par le YOD, la plus petite des lettres, car réduite à un simple point. Le YOD primitif est un point tournant sur lui-même, et de son expansion sont nées les autres lettres. S'unissant entre elles, les 22 lettres ont permis à toutes choses d'exister.

                Obéissant à une loi universelle précise, les 22 lettres sont partagées selon une structure bien connue des symbolistes. En: 3-7-12, c'est-à-dire, 3 lettres mères, 7 lettres doubles et 12 lettres simples.

                - Les 3 mères. Elles personnifient les trois tendances mères de la nature: l'actif, le passif et le neutre. C'est la loi de la triade: "Trois qui ne forment qu'un". Ces trois lettres se nomment: Aleph, Mem, Shin. Le neutre et équilibré est Aleph, la première lettre de l'alphabet. Le passif, féminin, est Mem, la 13ème lettre. L'actif, masculin, est Shin, la 21ème lettre. Ces trois tendances symbolisent la manifestation de l'unité qui par elles se développe en sept forces cosmiques manifestées par les 7 lettres doubles.

                - Les 7 doubles. Dans l'alphabet hébraïque, sept lettres ont deux prononciations possibles, c'est pourquoi on les appelle doubles. Pour les cabalistiques, elles existent en force (Shin) et en faiblesse (Mem). Elles symbolisent la loi de l'accomplissement parfait des agrégats du cosmos. La structure du septénaire se manifeste symboliquement par sept jours, couleurs de l'arc-en-ciel, notes de musique... Ces sept principes évoluent dans un espace-temps régi par le nombre 12, d'où la catégorie des douze lettres dites simples.

                - Les 12 simples. Elles sont appelées simples car elles n'ont qu'une seule prononciation. Ces lettres constituent la trame rythmique de l'espace et du temps sur laquelle évoluent les sept principes précédents, ceci suivant la règle des trois forces fondamentales. Elles s'associent à des structures telles que le zodiaque, les mois de l'année, un octave musical (12 notes)...

                Il faut souligner, pour terminer, que 22/7 est égal à 3,14, le nombre transcendant, rapport de la circonférence (sphère de l'espace) au diamètre du cercle.

                La cabale dit la roue des lettres (la rota).

 

                En règle générale, la cabale (la "vraie") implique une excellente maîtrise de l'Hébreu aussi bien à l'écrit qu'à l'oral et une force de volonté - et du temps - dans la voie spéculative.

 

                Résumons-nous:

                D'origine juive, la cabale est d'abord une recherche du secret de la foi. Du secret de la foi à celui du Tout, de la connaissance de Dieu à celle de l'Homme, elle se rapporte à tous les domaines de la Création. La cabale commente les textes sacrés (Pentateuque) de la religion juive. Si les non initiés ne considèrent que "l'habit" qui est le récit - et de par ce fait, ils ne se rendent pas compte de ce que cache "l'habit" - les initiés, eux, ne voient pas seulement l'habit mais le corps sous ce dernier. Et si les cabalistes juifs recherchent le sens caché dans les textes sacrés, clef des mystères de la Création, les cabalistes occidentaux, eux, se sont souvent contentés de la cabale spéculative (début XIIème siècle) à toutes fins utiles et l'ont très souvent utilisée par la suite à tous les niveaux de la Communication comme un code ésotérique. Au cours des brassages religieux et ethniques, la cabale deviendra une gnose (en Europe) - une recherche du secret de la Création, certes, mais une gnose - qui met en scène une cosmogonie dont l'Humain est un acteur à part entière, voire un collaborateur physique de Dieu.

                Si la cabale juive primordiale recherche la parole secrète de Dieu, la cabale du Moyen-Age occidental traite en plus des sciences physiques, sociales et métaphysiques de son époque, cela, jusqu'à la Renaissance (française). Ce n'est qu'à partir du XIXème siècle que la cabale resurgira - en provenance des états allemands - sous la forme, voire l'essence, d'un rituel magique très puissant. Le zohar, manuscrit du XIIIème siècle, y est pour quelque chose. Il précise la nature de l'intermonde, c'est-à-dire celle des créatures démoniaques ou "mythiques". De nos jours, l'exorcisme puise "ses pouvoirs" en partie dans la cabale, notamment du zohar.

 

 

                Voici les principaux auteurs dont les travaux se sont portés sur la cabale:

 

SALOMON IBN GABIROL (1021-1058)

 

                Poète et philosophe d'Espagne, connu aussi sous le nom d'Avicebron. Il développa des idées généralement néoplatoniciennes, auxquelles il rajouta ses conceptions propres par lesquelles il met l'accent sur une Volonté primordiale créant librement et considérée comme la source ultime de l'être.

 

ABRAHAM IBN EZRA (1092-1167)

 

                Cabaliste d'Espagne et d'Italie, il fut un grand grammairien, un philosophe et un poète. IBN EZRA fit d'importantes analyses mystiques portant sur les nombres et les lettres du Nom de Dieu. Sa cabale est mêlée d'idées pythagoriciennes.

 

ELEAZAR DE WORMS (1176-1238)

 

                D'origine allemande, il élabora une doctrine cherchant à unir une stricte adhésion à la Loi rabbinique avec la mystique cabalistique. Il écrivit des notes exégétiques sur la Bible, des commentaires sur les prières et des poèmes liturgiques.

 

ISAAC L.AVEUGLE (XIIIème siècle)

 

                Il vécut en Provence et est considéré comme le Père (en Occident chrétien) de la cabale. Il est l'auteur du SEPHER HA BAHIR. Il insiste sur la doctrine de la transmigration des âmes.

 

RAYMOND LULLE (1235-1315)

 

                C'est le premier savant chrétien à s'être occupé de la cabale. A ses yeux, c'est "l'absorption de toutes les vérités divinement révélées par l'âme rationnelle de l'Homme."

 

ABRAHAM ABOULAFIA (1240-1291)

 

                Né à Saragosse, il élabora la doctrine de la cabale prophétique. Son enseignement est principalement axé sur l'union avec Dieu par l'extase, à travers des postures du corps, des respirations et surtout les permutations des lettres du Nom de Dieu. Le disciple doit se concentrer sur une lettre, entre autres, de l'alphabet hébreu jusqu'à ce qu'il se sente inspiré par Dieu.

 

MOISE DE LEON (XIVème siècle)

 

                Il élabora une doctrine mystique de l'âme fondée sur la distinction entre les âmes végétales, animales et "raisonnables". Ses thèmes principaux sont la nature de l'âme, son état après la mort, le monde futur et la résurrection. Il est l'auteur du SEPHER HA ZOHAR.

 

PIC DE LA MIRANDOLE (1463-1494)

 

                Philosophe et savant italien, il publia dès l'âge de 23 ans ses premières thèses cabalistiques qui démontraient l'aboutissement de tous les courants de pensées antérieures dans le christianisme. Pour PIC DE LA MIRANDOLE, l'association de la pensée platonicienne et pythagoricienne donnerait la clef de la "parole perdue" de la cabale.

 

CORNELIUS AGRIPPA (1486-1534)

 

                Il traita de la magie des nombres, de l'usage des carrés magiques. Il développa les aspects "magiques" de la cabale. Il est à l'origine de la confusion entre la cabale, la numérologie, la nombrologie, la sorcellerie et l'occultisme.

 

MOISE CORDOVERO (1522-1570)

 

                Cabaliste de l'école de Safed (Palestine), il fut un grand théologien de la cabale. Il a écris, entre autres, le "Pardes Rimonim" dans lequel il développe la réalité indépendante des sephiroth entant que récipients permettant l'action de la substance divine unitaire.

 

 

 

LES MANUSCRITS PRIMORDIAUX DE LA CABALE

 

 

PENTATEUQUE

Cinq premiers livres de la Bible: Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome.

 

SEPHER YETSIRAH (livre de la formation)

Il a été écris à la fin du XIème siècle. Le livre se divise en deux parties.

                I - les 32 voies de la Sagesse a pour but de décrire l'évolution de l'être en lui-même, c'est-à-dire de montrer comment l'être virtuel illimité passe à l'état d'être limité réel. Ceci par l'intermédiaire des 22 lettres de l'alphabet sacré.

                II - c'est l'étape suivante. Elle décrit l'évolution de l'être en dehors de lui-même par 10 haltes nommées Sephiroth.

 

SEPHER HA BAHIR (livre de la pureté)

Il développe la mystique des lettres, la migration des âmes, la combinaison des Noms divins, la méditation sur la création du monde et sur le mystère du char céleste.

 

SEPHER HA ZOHAR (livre de la Splendeur)

Il réunit tous les éléments de la cabale d'avant le XIIIème siècle. Il est aussi à l'origine de la cabale occulte qui apparaîtra en force au XIXème siècle.

 

PARDES RIMONIM (verger des grenades)

Ecrit au XVIème siècle, c'est un recueil cabalistique qui reprend en partie les textes précédents malmenés par la chasse aux sorcières de l'Inquisition latine.


jeudi 29 octobre 2009, a 20:43
Les Esséniens
 

La secte juive des Esséniens fondée vers -150 et qui disparaitra  deux siècles plus tard vers 68 apres J.C , a bénéficié d'un "dépoussiérage" en 1947 date a laqiuells on retrouva à Khirbet Qumran sur la rive nord ouest de la mer morte. Cette découverte ranima la polémique autour du christianisme et de la phrase d'Ernest Renan: "
"Le Christianisme est un essénisme qui a réussit"
Les ésséniens avant cette découverte avaient déja suscité l'interet d' autres personnages, notamment Philon d'Alexandrie, Flavius joseph, Pline l'ancien
Onze grottes de la région d e Qumran ont livré presque un milliers de rouleaux dont 12 en a peu près bon état, dont le manuscrit d'Isaïe de 7m 50 de long contenant 66 chapitres :
Le Livre d'Isaïe compte parmi les œuvres les plus révérées et les plus influentes retrouvées à Qumrân. C'est un écrit prophétique d'une grande portée morale dans la tradition judaïque. Ce texte a également exercé une influence majeure sur les premiers auteurs chrétiens d'après qui Isaïe y annonçait l'avènement du Messie.
près la découverte des premiers manuscrits, plus de 80% d'entre-eux sont publiés, reflet de l'énorme travail accompli par les chercheurs sur les grands manuscrits et les milliers de fragments associés.

Au 8e siècle avant notre ère

Isaïe le prophète
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre, une lumière a resplendi.

Isaïe 9, 1
Les prophètes, qui considèrent que leurs visions sont d'inspiration divine, rappellent au roi et au peuple les exigences de la Torah, critiquent les déviations politiques, sociales et religieuses et nourrissent l'espérance dans les temps de crise.

Isaïe, prophète majeur de la Bible, conseille ainsi le roi Achaz à Jérusalem. Ses interventions ont inspiré plusieurs générations de disciples, particulièrement durant la dure période de l'exil babylonien et la reconstruction de la communauté juive au 6e siècle avant notre ère.

Il faut noter qu'à l'exception du livre d'Esther, tous les livres canoniques de l'Ancien Testament sont représentés dans les fragments des 190 manuscrits différents trouvés dans les 11 grottes de Qumrân. Datés entre le 3 ème siècle av. J.C. et le 1ier siècle de notre ère, on trouve des manuscrits hébreux, araméens, grecs et quelques uns en écriture paléohébraïques.

près la découverte des premiers manuscrits, plus de 80% d'entre-eux sont publiés, reflet de l'énorme travail accompli par les chercheurs sur les grands manuscrits et les milliers de fragments associés.

Mais qui étaient les Esséniens et Jésus?

 Organisés en communautés pratiquant un ascétisme rigoureux, les esséniens purent compter environ quatre mille membres à travers la Palestine, l'Égypte et la Syrie. Les principales communautés s'installèrent sur les rives de la mer Morte. Ils vivaient regroupés en petites communautés autonomes et pratiquaient l'agriculture et l'artisanat.

Les esséniens n'apparaissent pas sous ce nom dans les textes de la Bible ni dans la littérature rabbinique!; les seules sources d'information à leur sujet nous sont venues des écrits de Philon d'Alexandrie, philosophe et savant juif hellénisé du Ier siècle av. J.-C., de l'historien romain Pline l'Ancien et de l'historien juif Flavius Josèphe. On a cru reconnaître en certains groupes identifiés par la littérature biblique ou rabbinique l'origine possible de la dissidence essénienne : par exemple les tseniim (les "modestes" ou les "chastes"), les hashchaïm (les "silencieux"), les hasidim harishonim (les "pieux anciens" ou les "aînés"), les nigiyyes, les had daath (les "cœurs purs") ou les wattiqim (les "hommes justes"). Chacun de ces termes aurait pu définir la communauté essénienne, dont l'enseignement fondamental prônait l'amour de Dieu, de la vertu et du prochain.

La communauté se caractérisait aussi par la mise en commun de tous les biens (répartis selon les besoins), une stricte observance du shabbat ainsi que de la pureté rituelle (impliquant les bains à l'eau froide et le port de vêtements blancs). Il était interdit de jurer, de prêter serment (sinon celui d'entrée dans la communauté essénienne), de sacrifier des animaux, de fabriquer des armes, de pratiquer les affaires ou un commerce. La communauté recrutait ses adeptes parmi des enfants qu'elle adoptait ou parmi ceux qui désiraient renoncer aux biens matériels. Un noviciat de trois ans s'imposait avant de prononcer le serment solennel d'adhésion, lequel requérait obéissance et secret absolus. On leur enseignait la piété, la sainteté, la rectitude et la frugalité; leur amour de la vertu se manifestait par l'indifférence qu'ils éprouvaient envers l'argent, le pouvoir et les plaisirs ainsi que par leur existence chaste, simple et modeste. Leurs plus hauts idéaux étaient de devenir des temples dignes de l'Esprit Saint ( 1cor6: 19) d'accomplir des cures miraculeuses ; on leur enseignait que l'humilité et la pureté étaient des vertus cardinales et ils vivaient loin du monde.

Ils se nourrissaient principalement de pain, d'eau, de racines sauvages et de fruits; ils ne mangeaient jamais de viande et ne portaient pas de lainages.

Les esséniens furent parmi les premiers à condamner l'esclavage, qu'ils jugeaient contraire aux droits de la personne. Ils auraient ainsi racheté des esclaves pour les libérer.
                                         ****
JÉSUS A-T-IL ÉTÉ ESSÉNIEN ?
la thèse  de John P. Meyer me semble pas trop loin d e la vérité..


          Après la découverte des manuscrits de la mer Morte, certains ont pu le penser. La réponse est maintenant indiscutable : c'est non.

          L'un des arguments des "pour" était la proximité entre Jésus et Jean-Baptiste. Il est possible (bien que non assuré) que le Baptiste ait fait un séjour de formation à Qumrân avant de prendre son autonomie : rien ne permet de dire que Jésus en aurait fait autant.

          J'ai émis l'hypothèse (cliquez) que, lorsque le quatrième évangile témoigne que Jésus se retire à deux reprises "au désert", c'était pour bénéficier - à deux moments-clé de sa vie - de l'hospitalité bienveillante des "hommes en blanc" qui y vivaient en communautés.
          Ce qui rend cette hypothèse possible, c'est que les esséniens sont le seul groupe de pression juif auquel Jésus semble dans les évangiles ne s'être jamais affronté frontalement - à la différence des Pharisiens de Jérusalem, des Sadducéens (gestionnaires du Temple), des Zélotes (fondamentalistes terroristes) ou des Hérodiens (collaborateurs).


          Dans ses tomes III et IV, Meier étudie en détail les points de contact entre Jésus et les esséniens. Des similitudes apparaissent, comme l'attente d'une fin du monde imminente, le rejet du Temple et de son culte, le célibat (cliquez) , le choix d'une vie pauvre et la critique de la richesse...
          Mais, même dans ces domaines-clé de la pensée et de la vie quotidienne, Jésus n'apparaît pas comme un disciple-perroquet des esséniens : les nuances qu'il apporte à leur enseignement montrent que son horizon était manifestement autre que celui des sectaires de Qumrân, plus vaste.

          Les différences sont nombreuses. La principale porte sur les relations avec le "prochain" : les esséniens prescrivaient l'amour des "frères", c'est-à-dire des membres de leur secte, et la haine de tous les autres, qu'ils considéraient comme des ennemis. Lorsque Jésus enseigne "Vous avez appris qu'il a été dit : tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et moi, je vous dis : aimez vos ennemis..." (Mt 5,43 et //) il cite clairement les esséniens et s'oppose frontalement à eux.
          D'autres différences étaient mieux perçues par ses auditeurs que par nous, comme par exemple l'usage de l'argent (à ne pas confondre avec la richesse individuelle) : Jésus semble s'être fort bien accommodé du système "capitaliste" en vigueur à son époque. Il a été soutenu financièrement par de riches compatriotes, et n'hésitait pas à partager la table de certains d'entre eux, considérés comme impurs même par les juifs ordinaires, etc.


          Au total les différences - et parfois les oppositions tranchées - entre Jésus et les esséniens sont plus importantes, et plus significatives, que les ressemblances.
          Cette constatation permet d'aller plus loin, et de proposer une hypothèse que Meier n'envisage pas - ou du moins, pas directement.



II. CERTAINS DISCIPLES DE JÉSUS ESSÉNIENS ?


          Il est frappant de noter que la seule organisation créée autour de lui par Jésus semble avoir été calquée sur celle de la communauté de Qumrân : un groupe de douze hommes, dont trois (Pierre, André et Jean) émergent. Certes, les "trois" étaient à Qumrân des prêtres : il n'empêche, ces trois-là semblent avoir été distingués des autres par Jésus lui-même.
          Quand Jésus envoie ses disciples en mission, les consignes qu'il leur donne sont celles qui régissaient les esséniens en voyage - sauf le refus de toute hospitalité autre que celle des membres de la secte.
          Enfin, lors de son dernier repas, la "Cène", il n'a pas suivi le rituel de la pâque juive (là-dessus, tout le monde s'accorde), mais celui du repas solennel des esséniens : Jeremias laissait ouverte cette possibilité, que Meier rejette. Elle me paraît maintenant évidente.


          Pourquoi Jésus, qui critiquait nombre de positions esséniennes, aurait-il adopté quelques-unes de leurs pratiques (organisation communautaire, voyages, repas) ?
          Mon hypothèse est que, si lui avait pris toutes ses distances avec une secte à laquelle il n'a jamais appartenu, ses disciples en revanche (certains d'entre eux) avaient été assez proches de la secte pour qu'il adopte, à leur intention, quelques coutumes esséniennes.
          Cela expliquerait que ces disciples, pris au dépourvu par la tournure désastreuse des événements qui conduisirent rapidement leur maître à la crucifixion, aient fait appel aux esséniens pour résoudre le douloureux problème de l'ensevelissement du cadavre de Jésus. Les "hommes en blanc" dont tous les évangiles signalent la présence dans et autour du tombeau le matin du 9 avril 30 ne sont pas des "anges", mais des esséniens qui avaient revêtu, pour le transfert du cadavre, leur tunique blanche rituelle (attestée par plusieurs témoins indépendants comme Flavius Josèphe).
          Cela donne au tombeau trouvé vide une toute autre signification : Jésus n'est pas "ressuscité", son cadavre a été ré-inhumé par les esséniens, selon leur coutume, dans une de leurs nécropoles (où il se trouve toujours).


          La proximité essénienne des disciples de Jésus se voit confirmée par l'organisation de la toute première communauté de Jérusalem, telle qu'en témoignent les Actes. Mise en commun totale des biens, repas rituel (qui ne deviendra l'eucharistie que dans les années 40), autorité hiérarchique des Douze-plus-trois (attestée par Paul dans les années 50), difficulté à maintenir la prééminence d'un célibat considéré comme idéal mais non-applicable, repli sur soi d'une communauté qui considère les "autres" avec suspicion...


          Conclusion :

          Si Jésus n'a jamais été essénien, s'il a pris de larges distances par rapport à la secte, à sa doctrine et à ses pratiques, ce n'était pas le cas de ses disciples - du moins aux tout débuts, et sur certains points d'ordre pratique.

          Alors se pose la question : si le Jésus des quatre évangiles ne mentionne jamais les esséniens, s'il semble ne s'être jamais heurté ouvertement à eux comme aux autres, n'y a-t-il pas là un des indices de la relecture des événements, faite par les évangélistes ?
          En rédigeant les textes qui nous sont parvenus, n'ont-ils pas masqué une ou plusieurs déclarations de Jésus contre les esséniens, se contentant de rapporter des allusions voilées à sa critique de leurs pratiques ?

          La question ne concerne pas seulement quelques exégètes ou intellectuels. Pour qu'ils l'abordent en ces termes, il faudrait qu'ils aient la liberté intérieure de franchir certaines frontières, établies par la tradition et le dogme chrétiens.








dimanche 25 octobre 2009, a 10:06
Prophéties Indiennes
 


PROPHETIES DU PEUPLE NATIF INDIEN d'AMERIQUE DU NORD
                                                    HOPIS

Traduction de discours et paroles amérindiennes par Abou Chihabiddine Inclus : Plume Blanche, Lee Brown, et les Navajos

Parmi toutes les prophéties amérindiennes, les prophéties Hopies sont probablement les plus fameuses. Elles parlent de “l'Age de Purification”, et beaucoup de gens pensent que les signes annoncés dans ces prophéties se sont réalisés depuis les 50 dernières années.

Au rassemblement de 1948, les chefs Hopis agés de 80, 90 et même 100 ans ont expliqué que le créateur créa le premier monde en parfait équilibre où les êtres humains parlaient un seul language,
mais les êtres humains se sont détournés des principes spirituels.
 Ils utilisèrent leurs pouvoirs spirituels dans des buts egoïstes. Ils n'ont pas suivit la loi de la nature. Finnalement le monde fut détruit par d'importants tremblements de terre.

Beaucoup moururent et seulement une petite poignée survécue.
Ensuite cette poignée de personnes pacifiques entra dans le second monde. Ils répétèrent leurs erreurs et ce monde fut détruit par le Grand Age de Glace.

Peu de survivants entrèrent le troisième monde.
 Ce monde dura longtemps et comme dans les mondes précédents les gens ne parlaient qu'une seule langue. Ils inventèrent beaucoup de machines d'une technologie très avancée, qui n'ont même pas été inventées dans cet âge.
 Ils avaient des pouvoirs spirituels qu'ils utilisaient pour le bien. Graduellement ils se détournèrent des lois naturelles pour rechercher des choses matérielles et ils allèrent même jusqu'à ridiculiser les principes spirituels.

 Personne ne put les arrêter et le monde fut détruit par l'énorme déluge raconté dans toutes les religions.

La prophétie Hopi extraordinaire qui suit fut publiée en 1959 pour la première fois. Elle a circulé dans plusieurs églises Méthodistes et Baptistes. Le rapport commence par raconter comment, en conduisant le long d'une autoroute du désert lors d'un soir chaud d'été en 1958, le ministre David Young prit en stop un aîné Indien.

Après avoir conduit en silence pendant quelques minutes, l'Indien dit:

"Je suis Plume Blanche, un Hopi de l'ancien Clan de l'Ours.
 Dans ma longue vie j'ai voyagé à travers ce pays, en recherchant mes frères et en apprenant d'eux beaucoup de choses pleines de sagesse.
 J'ai suivi le sentier sacré de mon peuple, qui habite les forêts et beaucoup de lacs à l'Ouest.
Le pays de la glace et des longues nuits au nord, et les lieux des saints autels de pierre construits il y a beaucoup d'années par mes frères du sud.

J'ai appris d'eux les histoires du passé, et les prophéties du futur. Aujourd'hui beaucoup de ces prophéties sont devenus des histoires et il en reste peu. Le passé est long, le futur est court.

Et maintenant Plume Blanche est mourrant.
Ses fils ont tous rejoint ses ancêtres, et bientôt il devra aller les rejoindre.
Il ne reste plus personne pour réciter et pour passer l'ancienne sagesse.
 Mon peuple est fatigué des traditions
 – les grandes cérémonies qui racontent notre origine et notre émergence dans le quatrième monde.
 Ils ont oublié et abandonné tout cela mais même cela fut prophétisé. Le temps est cours.

"Mon peuple attend Bahana, le frère Blanc perdu, comme tous nos frères dans ce pays.
 Il ne sera pas comme l'homme blanc que nous connaissons, cruel, et avide.
Nous étions au courant de leur venue il y a longtemps mais cependant nous attendons toujours Bahana.

"Il ramènera avec lui les symboles ainsi que la pièce manquante de cette tablette sacrée qui est gardée par les aînés et qui l'identifira comme notre Vrai Frère Blanc.
 Le Quatrième Monde va bientôt finir et le Cinquième Monde va commencer.
Tous les anciens de partout le savent.
 Les Signes pendant de nombreuses années se sont accomplis. Il en reste peu.

    "Voici le Premier Signe: Nous sommes au courant de la venue de l'homme à la peau blanche, comme Bahana, mais qui ne vivent pas comme Bahana. Des gens qui prennent la terre qui ne leur appartient pas. Des hommes qui frappent leurs ennemis avec le tonnerre.”

    "Voici le second Signe: Notre pays verra l'arrivée de roues remplies de voix. Dans sa jeunesse, mon père a vu cette prophétie s'accomplir de ses propres yeux- l'homme blanc amener sa famille dans des vagons à travers les prairies."

    "Voici le troisième signe: Une étrange bête comme un buffalo mais avec des longues cornes parcourera le pays en large nombres. Cela, Plume Blanche l'a vu de ses propres yeux : l'arrivée du bétail des hommes blancs.

    "Voici le quatrième signe: Le pays sera traversé par des serpents de fer.”

    "Voici le cinquième signe: Le pays sera traversé par une géante toile d'arraignée.”

        (Le Cinquième signe est une image claire des lignes téléphoniques et de l'internet)

    "Voici le Sixième Signe: Le pays sera traversé par des rivières de pierre.”

    "Voici le Septième Signe: Vous entendrez que la mer deviendra noire, et que beaucoup de choses vivantes mourront à cause de cela.

    "Voici le Huitième Signe: Vous verrez beaucoup de jeunes qui portent leurs cheveux longs comme mon peuple, venir et joindre les nations tribales pour apprendre leur voie et leur sagesse.”

    "Et Voici le neuvième et dernier signe: Vous entendrez parler d'une habitation dans les cieux, au dessus de la terre, qui tombera d'un grand crash. Elle apparaitra comme une étoile bleue. Peu de temps après, les cérémonies de mon peuple cesseront.

(Le Neuvième Signe était la station spatiale américaine SKYLAB qui tomba en 1979. Selon des témoins australiens, cela est apparu comme du bleu brûlant.)

 

"Ce sont les signes qu'une grande destruction approche. Le monde se balancera ici et là. L'homme blanc se battra contre d'autres peuples dans d'autres pays, contre ceux qui possédèrent la première lumière de sagesse.

Il y aura beaucoup de colonnes de fumée et de feu comme celles que Plume Blanche a vu l'homme blanc faire dans le désert non loin d'ici.

Mais celles à venir causeront des maladies et beaucoup de morts. Beaucoup d'entre mon peuple, comprenant les prophéties, seront sauvés.
Ceux qui resteront et vivront là où est mon peuple seront sauvés. Ensuite il faudra beaucoup reconstruire.
 Ensuite reviendra Bahana qui amènera avec lui l'aube du Cinquième Monde. Il plantera les graines de sa sagesse dans le Coeur des hommes.
 Même maintenant les graines commencent à être plantées.

Elles ouvriront le chemin vers l'émergence du Cinquième Monde.

"Mais Plume Blanche ne verra pas cela. Je suis mourrant et vieux. Vous, peut-être, vous le verrez, en son temps, en son temps…”

Le Vieil Indien fut silencieux. Ils étaient arrivés à destination, et le Révérand David Young le laissa sortir de la voiture. Ils ne se rencontrèrent plus

. Reverend Young mourrut en 1976, donc il ne vécu pas pour voir cette remarquable prophétie se réaliser complètement.

 
LES TROIS SECOUSSES DE LA TERRE

(Extrait du discours de Lee Brown en 1986)

Cet article est un discours donné par Lee Brown au Conseil Indigène Continental tenu aux Champs De Foire de la Vallée de Tanana à Fairbanks, Alaska en 1996.

Il y eu le cycle du minéral, du rocher. Il y eu le cycle de la plante. Et maintenant nous sommes dans le cycle de l'animal qui arrive à sa fin et nous allons commencer le cycle de l'être humain. Quand nous serons dans le cycle de l'être humain, les plus hauts et les plus grands pouvoirs que nous avons nous seront donnés. Ils nous viendront de la lumière ou l'âme que nous connectons à l'Esprit. Mais maintenant nous arrivons à la fin du cycle de l'animal et nous nous sommes examinés et avons appris ce que c'est que d'être comme un animal sur cette terre.

Au début de ce cycle du temps, il y a longtemps, le Grand Esprit est descendu.Il est apparu, et Il a rassemblé les gens de cette terre sur une île qui est maintenant sous l'eau et Il a dit aux êtres humains :

"Je vais vous envoyer aux quatre directions et avec le temps je vais vous changer en quatre couleurs, mais je vais vous donner quelques enseignements et vous les appellerez les Enseignements Originaux et quand vous reviendrez ensemble l'un avec l'autre vous partagerez ces enseignements pour que vous puissiez cohabiter et avoir la paix sur la terre, et une grande civilisation viendra."

Et il a dit : "Pendant le cycle du temps je vais donner à chacun de vous deux tablettes de pierre. Quand je vous donnerai ces tablettes de pierre, ne les lancez pas sur le sol. Si n'importe quel frère ou soeur des quatre directions et des quatre couleurs lance les tablettes sur le sol, non seulement les êtres humains auront des temps durs, mais la terre elle-même mourra presque.

Ainsi il a donné à chacun de nous une responsabilité que nous appelons la Garde.

Aux Indiens, les gens rouges, il a donné la Garde de la terre. Nous allions apprendre pendant ce cycle du temps les enseignements de la terre, les plantes qui grandissent de la terre, les nourritures que l'on peut manger, et les herbes qui guérissent pour que quand nous nous serons rassemblés avec les autres frères et soeurs nous puissions partager cette connaissance avec eux. Quelque chose de bon allait arriver sur la terre.

A l'Ouest, il a donné la Garde du vent à la race jaune. Ils devaient apprendre le ciel et la respiration et comment l'utiliser en nous-même pour l'avancement spirituel. Ils devaient le partager avec nous à notre époque.

Au Sud, Il a donné la Garde de l'eau à la race noire. Ils devaient apprendre les enseignements de l'eau qui est le chef des éléments, le plus humble et le plus puissant. Quand je suis allé à l'Université de Washington j'ai appris que c'était un noir qui a découvert le plasma du sang, cela ne m'a pas étonné parce que le sang est de l'eau et les aînés m'ont dit que les noirs apporteraient les enseignements de l'eau.

Au Nord, Il a donné la Garde du feu à la race blanche. Si vous regardez au centre de beaucoup de choses qu' ils fabriquent vous trouverez le feu. Les aînés disent qu'une ampoule légère est le feu de l'homme blanc. Si vous regardez au centre d'une voiture vous trouverez une étincelle. Si vous regardez au centre d'un avion et d'un train vous trouverez le feu. Le feu consomme, et bouge également. C'est pourquoi c'était les frères et soeurs blancs qui ont commencé à se déplacer sur la surface de la terre et à nous réunir comme une famille humaine.

Et un temps long passa, et le Grand Esprit donna deux tablettes de pierre à chacune des quatre races. La nôtre est gardée à la Réservation des Hopis dans l'Arizona à Four Corner Area.

J'ai parlé aux gens de la race noire et leurs tablettes de pierre sont au pied du Mont Kenya. Ils sont gardés par la Tribu des Kukuyus. J'ai eu une fois l'honneur de présenter une pipe sacrée à la Tribu des Kukuyus taillée avec la pierre rouge du Mont Kenya. C'était à un rassemblement spirituel Indien il y a à peu près 15 années. Un sorcier guérisseur du Dakota du sud a mis une roue de médicine décorée au milieu du rassemblement. Il y avait les quatre couleurs des quatre directions; Il a demandé aux gens, "D'où vient ceci?" Ils ont dit, "Probablement de Montana, ou du Dakota du sud, peut-être de Seskatchewan." Il a dit, "Ceci vient du Kenya." Elle a toujours été décorée comme la nôtre, avec la même couleur.

Les tablettes de pierre de la race jaune sont gardées par les Tibétains, au Tibet. Si vous alliez de l'autre côté du monde en passant directement par la Réserve des Hopis, vous vous retrouveriez au Tibet. Le mot Tibétain pour "soleil" est le mot Hopi pour "lune" et le mot Hopi pour "soleil" est le mot Tibétain pour "lune".

Les gardiens des traditions en Europe sont les Suisse. En Suisse, ils ont un jour où chaque famille ressort son masque. Ils connaissent les couleurs des familles, ils connaissent les symboles, quelques-uns. J' ai étudié avec quelques gens de Suisse à l'Université de Washington et ils ont partagé ceci avec moi. Chacun de ces quatre peuples sont des peuples qui habitent dans les montagnes.

En 1976 l'Amérique avait son bicentenaire, célébrant 200 années de liberté. Une partie des Natifs ont pensé que ceci était significatif et ils ont porté un fagot avec la pipe sacré de la Côte Ouest à la Côte Est de ce pays. Ils ont dit que les routes de ce pays doivent aller soit Nord-Sud soit Est-Ouest. Si elles vont Nord-Sud nous nous rassembleront comme des frères et soeurs, mais si elles vont Est-Ouest il y aurait la destruction et presque toute la terre aurait un temps dur. Donc vous tous savez que les routes vont Est-Ouest. Ils ont dit alors que des choses seraient perdues de l'Est à l'Ouest et du Sud au Nord et qu'elles reviendraient encore de l'Ouest à l'Est et du Nord au Sud. Donc il y a neuf ans, en 1976, de l'Ouest à la Côte Est de ce pays, de San Francisco à Washington D.C., les gens ont porté un fagot avec la pipe sacré à la main, à pied.

Ma tante avait rêvé il y a 15 ans que les gens qui ne les ont pas aimé lanceraient des rochers et des bouteilles à ce fagot pendant qu'il serait porté et traverserait ce pays. Et bien sûr cela est arrivé. Mais, comme le disait le rêve de ma tante, les rochers se sont approchés et alors ils sont tombés, et rien le n'a touché.

Quand ils ont atteint le sommet des Montagnes Rocheuses, un orage dur éclata. Un homme âgé avec les cheveux blancs et longs dit : "Je le porterai maintenant."

Ils y avait une camionnette qui était à côté des gens qui marchaient. Il est sorti de la camionnette et a porté le fagot de la pipe sacrée à travers cet orage. Il avait si froid quand il est rentré dans la camionnette que quelqu'un a touché ses cheveux et ils sont tombés. Ses cheveux étaient gelés. Vous devez avoir bien froid si vos cheveux gelent, mais ce vieil homme l'a porté à travers cet orage parce qu'ils ont dit que si ils portaient ce paquet à travers la terre, les pouvoirs commenceraient à revenir.

Ils ont dit qu'un feu spirituel serait allumé dans le Nord et descendrait la Côte Nord-Ouest de cette terre. Quand il arriverait au Puget Sound, il irait à l'intérieur du pays. Je pense personnellement que ceci, neuf années plus tard, est le rassemblement dans le Nord. C'est pourquoi je suis venu ici : nous avons la capacité de démarrer le feu spirituel maintenant, ici. Les vieux l'ont vu il y a longtemps et l'ont prédit et je vais venir à cela.

Donc nous avons traversé ce cycle du temps et chacune des quatre races est allé dans sa direction et ils ont appris leurs enseignements. Ils ont dit sur Newsweek il n'y a pas longtemps que huit nourritures sur dix que les gens mangent sur la terre sont développées ici dans l'hémisphère Ouest parce que cela était notre Garde, apprendre les enseignements de la terre, et les choses qui y poussent.

On nous a donné une poignée de main sacrée pour que lorsque nous reviendrons ensemble comme des frères et soeurs nous nous souvenions toujours des enseignements.

Il était indiqué sur les tablettes de pierre que les Hopis avaient que les premiers frères et les premières soeurs qui reviendrait à eux viendraient comme les tortues à travers la terre. Ils seraient des êtres humains, mais ils viendraient comme les tortues. Alors, lorsque le temps fut venu les Hopis étaient à un village spécial pour accueillir les tortues qui traverseraient le pays et ils se sont levés le matin et ont regardé vers le lever du soleil. Ils ont regardé à travers le désert et ils ont vu les Conquistadors espagnols venir, couvert de leurs armures, comme les tortues, à travers le pays. C'étaient eux les tortues.

S'ils sont sorti vers l'homme espagnol et ils ont tendu la main espérant une poignée de main mais l'homme espagnol a mis une babiole dans leurs mains. Et alors le mot se diffusa à travers l'Amérique du Nord qu'il allait y avoir un temps dur, que peut-être une partie des frères et soeurs avaient oublié le sacré de toutes choses et que tous les êtres humains allaient souffrir sur la terre à cause de cela.

Donc les tribus ont commencé à envoyer des gens dans les collines avec la mission d'essayer de trouver comment ils pourraient survivre. A ce moment-là il y avait 100,000 villes dans la Vallée du Mississippi seule, appelée la civilisation des collines: les villes construites sur des grandes collines. Ces collines sont toujours là-bas. Si jamais vous sortez à Ohio ou la Vallée de Mississippi, elles sont des attractions de touristes maintenant. Il y avait 100,000 villes de Natifs et ils se demandaient comment ils pourraient survivre. Ils ont commencé à essayer d'apprendre à vivre hors de la terre parce qu'ils savaient qu'un temps dur allait venir.

Ils ont commencé à envoyer des gens pour avoir des visions pour voir comment est-ce que nous pourrions survivre cette fois. Des gens sont venus sur la côte Est et ont traversé ce pays depuis l'Est et il est dit dans les prophéties que nous devons essayer de rappeler à tous les gens qui viendraient ici le sacré de toutes choses.

Si nous arrivions à faire cela, alors il y aurait la paix sur la terre. Mais si nous n'arrivions pas à faire cela, quand les routes traverseraient ce pays de l'est à l'ouest, et que les autres races et les autres couleurs de la Terre marcheraient à travers cette terre, si à ce moment là nous ne nous sommes pas rassemblés comme une famille humaine, le Grand Esprit s'emparerait de la terre avec sa main et la secouerait.

Et donc si vous lisez les négociations du traité de Red Jacket des Six Nations sur la côte Est de cette terre jusqu'à Chief Joseph et à Chief Seattle sur la côte Ouest de cette terre, ils disent tous la même chose. Chief Joseph a dit, "Je vous accorde le droit, et j'espère que vous m'accordez le droit, d'habiter sur cette terre."

Toujours nous avons essayé d'habiter ensemble. Mais au lieu d'habiter ensemble, vous savez tous qu' il y avait la séparation, il y avait la ségrégation. Ils ont séparé les races : ils ont séparé les indiens, et ils ont séparé les noirs. Il n'y a pas longtemps, dans l'état de Washington c'était illégal pour un asiatique d'épouser une personne blanche. Il y avait la séparation.

Lorsqu'ils sont allés sur la côte Ouest de ce pays, les aînés qui étaient au courant de ces prophécies ont dit que les blancs allaient construire un ruban noir et que sur ce ruban noir un insecte bougerait. Et lorsque vous voyez cet insecte commencer à se déplacer sur la terre, c'est le signe de la première secousse de la terre.

La première secousse serait si violente qu'elle secourait cet insecte et le déplacerait hors de la terre et qu'il commencerait à se déplacer...

...et voler dans l'air...
Et à la fin de cette secousse cet insecte serait dans l'air dans le monde entier.

Derrière lui il y aurait une trace de saleté et à la fin le ciel entier au dessus de toute la terre deviendrait sale à cause de ces traces de saleté, et cela amènerait beaucoup de maladies qui seront de plus en plus compliquées.

Donc l'insecte qui se déplace sur la terre, bien sûr c'est facile à voir maintenant. En 1908 la Model-T Ford fut produite en masse pour la première fois. Alors les aînés surent que la première secousse allait se produire.Ce fut la première guerre mondiale.

Durant la première guerre mondiale l'usage de l'avion se répandit au niveau international pour la première fois. C'était l'insecte qui se déplaçait vers le ciel.

Alors ils surent que quelque chose de très important allait se passer. Il allait y avoir une tentative pour faire la paix sur terre et les aînés surveillaient cela. Ils entendirent qu'il allait y avoir une Société des Nations à San Francisco, donc les aînés se rassemblèrent dans l'Arizona dans les années 1920 et ils écrivirent à Woodrow Wilson.

Ils demandèrent si le peuple Indien pouvait être inclu dans la Société des Nations.

A l'époque la Cour Suprême des Etats-Unis avait décidé qu'une réserve était une nation séparée et à moitié souveraine, non-inclue dans les Etats-Unis mais protégée par les Etats-Unis. Cela devint une inquiétude car les gens ne voulaient pas que les réserves deviennent de plus en plus séparées. Ils ne voulaient pas qu'elles soient considérées comme des nations. Donc ils n'ont pas répondu et le peuple indien fut écarté de la Société des Nations, et le cercle fut incomplet.

Dans la Société des Nations il y avait une porte pour l'Est, le peuple jaune, il y avait une porte pour le Sud, le peuple noir, il y avait une porte pour le Nord, le peuple blanc, mais il n'y avait personne à la porte de l'Ouest.

Les aînés savaient qu'il n'y aurait pas la paix sur terre tant que le cercle de l'humanité n'est pas au complet, tant que les quatres couleurs ne s'assoient dans le cercle et ne partagent leurs enseignement. Ensuite la paix viendrait sur terre.

Donc ils savaient que des choses allaient arriver. Les choses allaient s'accellérer quelque peu. Il allait y avoir une toile d'araignée construite sur toute la terre, et les gens allaient parler à travers cette toile d'araignée. Lorsque cette toile d'araignée à parler, le téléphone, serait construit sur toute la terre, un signe de vie apparaîtrait à l'est, mais il serait penché et renversé et amènerait la mort.

Il viendrait avec le soleil. Mais le soleil lui-même allait se lever un jour non pas à l'Est mais à l'Ouest.

Ainsi les aînés disent que lorsque vous verrez le soleil se lever à l'Ouest et le signe de vie renversé à l'Est, c'est le signe que la grande mort est sur nous, et que le Grand Esprit va secouer la terre de sa main et que cette secousse sera plus forte que la première.

Le plus mauvais usage du guardiennat du feu est appellé “la gourde de cendres”.

Ils disent que la gourde de cendres tombera du ciel. Elle rendra les gens comme des grains d'herbe brûlés dans une prairie en feu et les choses ne pousseront pas pendant beaucoup de saisons. Ils en auraient parler et auraient averti de sa venue si ils auraient pu entrer dans la Ligue des Nations.

Les aînés essayèrent de contacter Roosevelt pour lui dire de ne pas utiliser la gourde de cendres car elle aurait un grand effet sur la terre et causerait finallement une destruction encore plus grande lors de la troisième secousse de la terre, la troisième guerre mondiale.

onc après la deuxième secousse, lorsqu'ils virent la gourde de cendre tomber du ciel ils surent qu'il y aurait une tentative pour faire la paix de l'autre côté de ce pays. Et puisque la tentative de paix sur la côte Ouest avait échoué ils allaient construire une maison spéciale sur la côte Est de cette Ile de la Tortue, et toutes les nations et peuples de la terre iraient à cette maison.

Alors les aînés représentant un nombre de tribus se rendirent à New York. Lorsque les Nations Unies ouvrirent, ils allèrent à la porte d'entrée de la maison et dirent ces mots:

"Nous représentons les peuples indigènes de l'Amérique du Nord et nous désiront nous adresser aux nations de la terre. Nous allons vous donner quatre jours pour considérer si oui ou non nous seront autorisés à parler.”

Mais les Etats-Unis sont l'une des 5 nations possédant un droit de véto. Donc ils ont utilisé leur droit de véto pour empêcher le peuple Natif d'entrer.

Donc ils surent que d'autres choses allaient arriver sur terre, que les Nations Unies seraient incapables d'amener la paix sur terre, et qu'il y aurait une confusion continuelle et qui s'appronfondirait, et que les petites guerres empireraient.

Alors ils se retirèrent dans la réserve des Six Nations et ils parlèrent de cela et dirent que le temps approche maintenant en 1949. Ils dirent: nous allons diviser les Etats-Unis en 4 sections et chaque année nous allons avoir un rassemblement. Ils appelèrent ces rassemblements les 'White of Peace Gatherings'.

Ils commencèrent à avoir ces rassemblements vers 1950.

Et pour la première fois ils autorisèrent des gens à parler en anglais de ces prophéties.

Ils nous dirent lors de ces rassemblements : ‘Dans votre vie vous allez voir ces choses arriver'. C'était étrange à l'époque lorsqu'ils nous dirent cela dans les années 1950, 1960, mais maintenant cela semble très clair. Mais alors c'était inhabituel. Ils dirent : ‘ Vous allez voir une époque dans votre vie où des hommes deviendront des femmes. Le Grand Esprit va faire un homme sur terre. Il l'a fait homme mais cet homme va dire : “Je connais plus que le Grand Esprit. Je vais me changer en femme.” Le Grand Esprit va faire une femme sur la terre. Elle va dire : “Je connais plus que le Grand Esprit, je veux être un homme.” Et elle sera physiquement un homme.

Cela semblait étrange. Et peut-être qu'en vision ils ont vu Boy-George.

Ils dirent : “Vous verez un temps où les êtres humains trouveront l'empreinte qui nous a fabriquer”. Ils appellent cela l'ADN. L'acide déoxyborinucléique.

D Ils dirent: “ Vous verrez un temps où l'aigle volera au plus haut dans la nuit et se posera sur la lune.” A cette époque, dirent-ils aussi, beaucoup d'entre le peuple natif dormiront, ce qui signifie symboliquement qu'ils auront perdu leurs enseignements. Quand la première fusée américaine s'est posée, on annonçait dans les médias :"l'aigle s'est posé!"

Ils dirent qu'à cette époque il y aura beaucoup de villages dans ce pays, tellement immenses que lorsque vous y serez vous ne pourrez regarder au dehors. Ils appellent cela les ‘villages de pierre' ou les ‘prairies de pierre'.

Et ils disent qu'il va y avoir la troisième secousse de la terre. Ce ne sera pas une belle chose à voir mais nous y survivrons. Et lorsque nous y survivrons il y aura une tentative pour faire un cercle d'êtres humains sur la terre.

Cette fois le peuple Natif n'aura pas à demander d'entrer dans le cercle mais ils y seront invités car l'attitude à notre égard aura changée, et les gens nous laisseront entrer dans le cercle et les quatre couleurs des quatre directions partageront leur sagesse. Cela est proche.

Les Hopis dans leurs prophéties disent qu'il viendra une religion ici.

Il se peut qu'elle soit vraie et apporte l'unité ou peut-être qu'elle sera fausse et n'apportera pas l'unité. Si elle n'apporte pas l'unité, une seconde religion doit venir et les gens de cette religion sont appelés en langage Hopi BAHANI; le peuple de Baha. ‘Ni' signifie peuple de. Donc je cherchais qui étaient ce peuple de Baha.

J'étais têtu et ne voulais pas devenir Baha'i. Mais mon grand-père qui est passé de l'autre côté a dû trouver cela dans l'autre royaume car il est venu à moi quatre fois pour me dire ‘hey regarde ça encore, regarde ça encore, encore une fois.'

Baha signifie “lumière ou gloire”. Baha'i signifie "celui qui suit la lumière”. Nous avons attendu ces gens longtemps. Ils disent qu'ils apportent un enseignement qui unira la terre. Donc nous devons partager cet enseignement.

Le Bahana, selon les Navajos :

Les Chants disent qu'il y a deux signes du Nouvel Esprit que les gens doivent rechercher. Le premier signe est l'étoile à neuf branches qui vient de l'Est. L'étoile à neuf branches est le symbole de la Foi Baha'ie, il représente l'Unité.

L'autre signe est qu'il y aura un grand chef à l'Est portant (symboliquement) un chapeau à douze plumes, signifiant douze grand principes qu'il amènera à l'humanité.

   1. Unité de Dieu et de ses prophètes,
   2. Unité du genre humain,
   3. Recherche personnelle et indépendante de la vérité,
   4. Religion, cause de l'union des peuples,
   5. Accord de la religion avec la science et la raison,
   6. Abandon des préjugés de toutes sortes,
   7. Éducation universelle et obligatoire,
   8. Égalité de l'homme et de la femme,
   9. Langue auxiliaire universelle,
  10. Solution spirituelle des problèmes économiques,
  11. Tribunal international,
  12. Paix universelle.

I

jeudi 22 octobre 2009, a 12:41
Hymne à la Beauté
 

Hymne à la beauté

Moi, qui suis la beauté de la verte terre, la blanche lune parmi les étoiles
Et le mystère des eaux, je crie vers ton âme : lève-toi et viens à moi.
Car je suis l'âme de la nature qui donne vie à l'univers.
De moi toutes choses procèdent et à moi toutes choses doivent retourner
Et devant ma face, aimée des dieux et des hommes,
Que ton moi divin soit enveloppé dans l'extase de l'infini.
Que mon culte soit dans le cœur qui se réjouit ;
Car sachez-le, tous les actes d'amour et de plaisir sont mes rituels.
Qu'il y ait en vous de la beauté et de la force, du pouvoir et de la compassion,
De l'honneur et de l'humilité, de l'allégresse et de la révérence.
Et vous qui pensez me chercher,
Sachez que votre quête et votre désir ne vous seront utiles en rien,
A moins que vous ne connaissiez le Mystère :
Que si ce que vous cherchez, vous ne le trouvez pas en vous,
Vous ne le trouverez pas en dehors.
Car sachez-le, j'ai été avec vous depuis le début
Et je suis ce qui est atteint au bout du désir. "

Vision de la tradition "Paienne" dite "Ancienne religion
LE JARDIN DES MAITRES

lundi 19 octobre 2009, a 18:37
Nisargadatta
 

Nisargadatta Maharaj
.
Sri Nisargadatta Maharaj (mars 1897 - 8 septembre 1981)

était un enseignant du xxe siècle de la doctrine de l'Advaîta Védanta, ou non-dualité. Il mena une vie de petit commerçant à Mumbai (Bombay), où il vendait des "bidies" (petites cigarettes indiennes).

Le style direct de son enseignement intéressa autant les occidentaux que les orientaux, notamment au travers du livre qu'un de ses disciples publia: « I am That », qui a été traduit en de nombreuses langues (en français : « Je suis »).

Sa lignée spirituelle porte le nom de Navnath Sampradaya, dont l'origine remonte au Rishi Dattatreya
 

nisargadatta-maharaj.jpg

 

 

 

 

 Biographie

 

Son père, Shivrampant, travaille comme domestique à Mumbai, puis plus tard comme paysan à Kandalgaon, un petit village dans les bois du district Ratnagiri dans le Maharashtra. À la mort de son père, en 1915, lorsque Maruti (de son surnom) a 18 ans, il quitte le village pour Mumbai, où il travaille comme commis. Il devient alors petit marchand, et développe un commerce.

En 1924, il se marie avec Sumatibai, et a trois filles et un garçon. Il ouvre un commerce de Bidî (cigarettes roulées à la main faites à partir des feuilles de Tendu) et commence à les vendre.

 

Son Maître, Shri Siddharameshwar (1888-1936), resté inconnu de son vivant, est considéré comme un grand maître de l'Advaita Vedanta. Il vivait dans le Maharashtra. Nisargadatta Maharaj lui fut présenté par l'intermédiaire d'un ami appelé Yashwantrao Bagkar. Nisargadatta reçut une initiation au mantra, et apprit à méditer. Shri Ranjit Maharaj (1913-2000) fut un autre disciple de Sri Siddharameshwar

 

L'éveil de Maruti lui vint après l'étude d'un mantra que son Maître lui demanda d'étudier: "Je suis ni ceci, ni cela". Maruti décida d'abandonner sa vie et sa famille afin de se plonger dans cette étude à travers un pélerinage sur les routes de l'Inde, il avait alors 36 ans.

L'éveil "survint à" Maharaj, qui comprit alors que ce pèlerinage et cet abandon étaient vains. Il décida donc de renter à Mumbai et repris sa vie de commerçant.

 

Dés son retour de nombreux visiteurs de Maharaj comprirent qu'il était le dépositaire d'une sagesse immense et commencèrent chez lui les premiers "satsang" ou entretiens quotidiens durant lesquels de nombreux visiteurs venaient lui poser des questions.

C'est dans les années 70 que Maurice Fridman découvrit les enseignements de Maharaj et décida de prendre des enregistrements audio des entretiens que Maharaj donnaient tous les jours chez lui gratuitement dans son salon minuscule.

 

Maurice Fridman traduisit les entretiens et publia un premier livre intitulé "I am that" ou "Je suis" en français.

La publication de ce livre fut une révolution dans le monde spirituel et bientôt nombre de chercheurs spirituels reconnurent en Maharaj un grand maître, renouant avec la Tradition de l'advaita ("non-dualité") depuis longtemps disparue.

 

Maharaj ne savait ni lire ni écrire et ne parlait que son marati natal (langue de l'Etat du Maharastra). Mais suite à la parution de "Je suis" de nombreux visiteurs du monde entier vinrent à Bombay pour le rencontrer.

 Maharaj eut différents traducteurs dont notamment Ramesh S. Balsekar qui traduisait les questions et les réponses en anglais.

A la fin de sa vie, Maharaj développa un cancer de la gorge et mourut presque devant ses disciples, refusant jusqu'à la dernière heure de quitter les entretiens.

Alors que ses disciples le voyaient de plus en plus affaibli et étaient inquiets de son sort, Maharaj s'énervait gentiment et leur disait: "N'avez vous donc rien compris? Je vous enseigne que je ne suis pas ce corps, que je ne suis ni ceci ni cela, mais pourtant vous restez attaché à ces concepts!"

 

L'enseignement de Maharaj est sans concession et totalement désarmant. Maharaj avait coutume de préciser que ce qui parlait à travers lui était la Conscience absolue et qu'il résidait dans cet état. La croyance en un corps séparé et l'identification à ce corps était l'illusion divine ou "lila".

Il ne parlait qu'au nom de la Conscience et ne voyait qu'elle en toute chose. Il enseignait qu'elle était notre véritable nature et demandait à ses visiteurs de la découvrir par eux-mêmes en développant "l'état témoin". Plus précisément en s'efforçant de rester dans l'état du "I-am-ness" en anglais, du "Je suis" en français.

 

Selon Maharaj notre véritable nature était "altérée" par les illusions. La croyance en un "moi-je" et un libre arbitre font partie de l'illusion. Car la seule chose que personne ne peut nier et qui est donc la seule vérité est "le sentiment d'exister".

Mais Maharaj précisait qu'il s'agissait d'un sentiment "impersonnel", celui que tout un chacun éprouve dans le sommeil profond.

L'état de rêve endormi et et l'état de veille était en tout point semblables car la veille n'était autre qu'un rêve éveillé.

La Conscience ou Absolu projette le monde à travers toutes choses et la vie telle qu'elle nous apparait n'est autre que l'activation des potentialités de la Conscience.

Mais de même que l'océan n'est pas perturbé par le fracas des vagues sur le rivage, la Conscience n'est pas perturbée par les remous de la manifestation.

La fin de la souffrance et la véritable sagesse consistait à se fondre dans la Conscience pour dépasser les "opposés inter-reliés" et ainsi résider dans la "non dualité".

 

 Citations:

 

« A moins de savoir ce que vous êtes, comment y arriverez-vous ? » - Extrait d'un Entretien - 31 août 1979
« Toutes vos idées vous enchaînent. Une fois que vous aurez compris que la connaissance n'existe pas, qu'elle n'est qu'ignorance, vous serez au niveau qu'il faut. » - Extrait d'un Entretien - 31 août 1979
« Celui qui connaît les obstacles les renverse. » - Extrait d'un Entretien - 31 août 1979
« Dieu a créé le monde alors laissez-le s'en occuper. » - Extrait d'un Entretien -
« L'inattendu est toujours certain de se produire alors que ce qui est attendu peut ne jamais arriver. »
« Vous n'acceptez pas qu'il puisse y avoir de la souffrance dans ce monde! Vous voulez sauver le monde? Mais comment pourrez vous sauvez le monde alors que vous n'êtes même pas capable de vous sauver? »
« Toutes vos idées vous enchaînent. Une fois que vous aurez compris que la connaissance n'existe pas, qu'elle n'est qu'ignorance, vous serez au niveau qu'il faut.»
"'l'Éveil contient toute expérience. Mais celui qui est éveillé est au-delà de toute expérience."
"La vérité est vous-même. Cessez de vous en éloigner en lui courant après."
"Au lieu de chercher ce que vous n'avez pas, trouvez ce que vous n'avez jamais perdu."
"C'est en vous imaginant séparé que vous avez créé le fossé. Vous n'avez pas à le traverser.
Il vous suffit de ne pas le créer."

"Vous êtes Dieu, mais vous ne le savez pas."
"Quand vous ne demandez rien, ni au monde, ni à Dieu, quand vous ne désirez rien, ne cherchez rien, l'État Suprême vient à vous, sans que vous l'ayez invité ni attendu."
"Renoncez à tout et vous gagnez tout."


 Bibliographie ]


ASIN 2866810074 Sois ! Entretiens avec Sri Nisargadatta Maharaj - (1978-1980)
ISBN 2866810694 Conscience et Absolu. L'enseignement final de Sri Nisargadatta Maharaj - (Consciousness and the Absolute. The final talks of Sri Nisargadatta Maharaj) de Nisargadatta Maharaj traduit de l'anglais par Jean-Michel Terdjman.
ISBN 2890748618 L'ultime guérison - 10 mars 1999
ISBN 2866810058 Graines de conscience - 3 mai 2000 : (Seeds of consciousness) de Nisargadatta Maharaj traduit par Marie-Béatrice Jehl.
ISBN 2866810023 Je suis - 3 mai 2000
 Voir aussi [

'oeuvre de l'écrivain français Stephen Jourdain dont le témoignage présente de nombreuses similitudes avec celui de Nisargadatta Maharaj.


Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Nisargadatta_Maharaj ».

 

mercredi 14 octobre 2009, a 16:08
Le Pasteur Oberlin
 

                

Portrait par J. Gottfried Gerhardt vers 1800

 


Portrait par J. Gottfried Gerhardt vers 1800

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Naissance 31 août 1740
Strasbourg
Décès 1er juin 1826 (à 86 ans)
Waldersbach
Profession(s) Pasteur
Formation Docteur en philosophie
Johann-Friedrich Oberlin, Jean-Frédéric Oberlin en français, né le 31 août 1740 à Strasbourg et mort le 1er juin 1826 à Waldersbach, est un pasteur protestant alsacien, piétiste et apôtre du progrès social.

S

 Biographie
Fils de Jean-Georges Oberlin (1701-1770), professeur au gymnase protestant de Strasbourg, et Marie-Madeleine, née Feltz (1718-1787), Oberlin reçut son éducation à l'Académie de sa ville natale. Porté par ses goûts et par une piété exaltée vers la carrière ecclésiastique, il y étudia la théologie et se fit remarquer parmi ses condisciples non seulement par son intelligence, son application et la pureté de ses mœurs, mais aussi par un enthousiasme religieux qui se rencontre rarement chez un jeune homme de son âge. Ayant obtenu, en 1763, le grade de docteur en philosophie, il entra, en qualité de précepteur, dans la maison du chirurgien Ziegenhagen, où il passa trois années.

En 1766, il se vit offrir la place peu recherchée et peu digne d'envie de pasteur à Waldersbach, un village pauvre de la haute vallée de la Bruche, situé dans le comté du Ban-de-la-Roche, l'une des vallées les plus reculées des Vosges du côté alsacien. Dès le XVIIe siècle, quelques pasteurs, pénétrés de l'importance de leur mission, comme Jean Nicolas Marmet, Jean Georges Pelletier, de Montbéliard, et surtout son prédécesseur, Jean Georges Stuber, avaient contribué à améliorer le bien-être de la population misérable de ce canton. Stuber avait réussi à établir une école convenable, et grâce à ses soins, grâce aussi à son Alphabet méthodique pour faciliter l'art d'épeler et de lire en français, la plupart de ses paroissiens lisaient à peu près couramment, lorsqu'il quitta ce coin de terre qui partageait, avec le reste de l'Alsace, du privilège de jouir d'une entière liberté de conscience, pour aller desservir celle de Saint-Thomas à Strasbourg.


Carte muette du Ban de la Roche, gravée par J.-F. Oberlin en 1776[1].Beaucoup restait à faire pour éclairer la contrée, mais Oberlin, qui ne recula pas devant cette rude tâche, s'attacha d'abord à gagner le cœur des habitants par sa douceur, ses manières affables et sa charité. Lorsqu'il y fut parvenu, il commença par leur faire sentir la nécessité de rendre praticables les chemins détestables qui reliaient entre eux les cinq villages de la paroisse, et d'ouvrir une communication régulière jusqu'à la grande route pour mettre le comté en rapport avec Barr et Strasbourg. Il vainquit la résistance qu'il rencontra en prenant lui-même la pioche et en se mettant le premier à l'ouvrage. Il leur fit ensuite construire un pont, soutenir par des murailles les terrains près de s'écrouler, bâtir des maisons solides et commodes. Le 6 juillet 1768, il se maria avec la fille d'un professeur à l'université de Strasbourg, Madelaine-Salomé Witter, chez qui trouva une compagne fidèle et une aide précieuse pour les réformes qu'il projetait.

L'agriculture pouvant être améliorée, Oberlin fit, d'abord en public, divers essais de culture, puis il acheta un grand nombre d'instruments aratoires, qu'il vendit au prix coûtant ou même au-dessous de ce prix aux cultivateurs qu'il pourvut de semences appropriées à la nature du sol. Il renouvela les plants de pomme de terre, créa des engrais et des prairies artificielles, planta des vergers et des pépinières dans des terrains auparavant stériles, et introduisit le lin, le trèfle et diverses espèces d'arbres fruitiers, d'herbages productifs, de légumes et de céréales, auparavant entièrement inconnus dans le pays. Avec le temps, et sous son judicieuse direction, le cours des ruisseaux fut fixé, les marais asséchés et ce sol aride, fertilisé par ses soins, prit un aspect plus riant. La culture de la pomme de terre et celle du lin firent, en même temps, de tels progrès, que les cultivateurs trouvèrent bientôt dans l'exportation d'une partie des produits de leurs champs des ressources considérables qui servirent à des améliorations nouvelles.

En même temps qu'il instruisait les hommes faits, Oberlin apprenait aux jeunes adultes ce qui pouvait les intéresser comme cultivateurs et comme chrétiens. Lorsqu'il vit que ses paroissiens appréciaient l'utilité de ses leçons, il voulut les associer d'une façon plus directe aux réformes dont il poursuivait l'accomplissement avec persévérance et fonda, à cet effet, une petite société d'agriculture, qu'il affilia à celle de Strasbourg, et qui encouragea l'élevage des bestiaux par la distribution de prix annuels. Pour faciliter la transaction des affaires, il organisa deux caisses. Une caisse d'emprunts prêtait sans intérêts aux agriculteurs de petites sommes remboursables à époque fixe, à la seule condition d'une scrupuleuse exactitude dans le remboursement si l'on ne voulait être privé pendant un certain temps de la faculté de renouveler les emprunts. Une caisse d'amortissement, créée à l'aide de cotisations volontaires, contribua à la liquidation des dettes qui grevaient leurs propriétés.


Gravure de 1819 représentant le pasteur Oberlin travaillant sur un chemin.Comme presque aucun métier, même les plus utiles, n'était exercé dans la paroisse, il en résultait des privations nombreuses ou un surcroît de dépense. Oberlin choisit donc parmi les jeunes garçons ceux dont il devinait l'habileté, les habilla et plaça en apprentissage à Strasbourg un certain nombre de jeunes gens, pour leur faire apprendre les métiers de maçon, charpentier, forgeron, menuisier, vitrier, maréchal et charron. Enfin il fit venir dans la paroisse un médecin et des sages-femmes, vulgarisa la connaissance et l'emploi des plantes médicinales, et ouvrit une pharmacie. Peu à peu, cette aisance accrut considérablement la population qui, ne se composant que de 80 à 100 familles dans les commencements, en comptait 5 à 600, quarante ans plus tard.

Si Oberlin était plein de zèle pour propager le bien-être matériel, il ne perdait pas non plus l'occasion de développer l'instruction chez la jeunesse. Il fit également marcher, de front avec les établissements destinés à pourvoir au bien-être matériel de ses paroissiens, les institutions propres à développer parmi eux l'instruction religieuse et l'éducation intellectuelle. Un de ses premiers soins fut de rebâtir l'école de Walsbach. Loin d'être en cette circonstance secondé par les paysans, il éprouva de leur part une violente opposition, et fut obligé, pour les apaiser, de leur promettre que l'entretien de cette maison, élevée dans l'intérêt général, ne tomberait jamais à leur charge. Comptant sur la Providence, Oberlin exposait beaucoup, en la circonstance, sa fortune qui était pourtant médiocre. Ses ressources pécuniaires n'étant pas suffisantes à exécuter ce qu'il se proposait, il s'en procura de nouvelles en établissant à Waldersbach une pension, où il eut souvent jusqu'à douze élèves  ; il employait la majeure partie le produit de ces leçons au profit de la paroisse. Ce ne fut que peu de temps avant sa mort que le traitement d'Oberlin fut porté au-delà de 1 000 francs. La suite des évènements justifia néanmoins sa pieuse témérité lorsque, quelques années plus tard les paysans, mieux inspirés, lui vinrent en aide et construisirent à frais communs une école dans chacun des autres villages. Oberlin s'empressa alors d'établir une émulation entre les cinq maisons. La bibliothèque, que son prédécesseur Stuber avait fondée, fut considérablement augmentée à ses frais, des Bibles répandues en grand nombre avant même la fondation de la Société biblique de Paris. Il fit réimprimer plusieurs ouvrages utiles, publia un almanach dégagé de fables et de préjugés, se procura des cartes géographiques, des livres d'histoire naturelle, une machine électrique et différents instruments de physique.

C'est à lui (ou plutôt à sa jeune servante Sara Banzet ) qu'on doit la première idée de l'école maternelle lorsqu'il réunit les petits enfants dans des chambres spacieuses, convenablement disposées,

et les plaça sous l'inspection de surveillantes, qu'il forma lui-même en les faisant passer par une sorte d'apprentissage. Ces surveillantes devaient diriger leurs jeux d'une manière utile, enseigner aux plus grands à filer, à tricoter et à coudre, et varier ces occupations en leur expliquant des cartes de géographie ou des estampes coloriées relatives à quelque sujet tiré de la Bible ou de l'histoire naturelle.


Son épouse Salomé Madeleine et neuf autres membres de sa famille (composition au pochoir).L'influence bienfaisante d'Oberlin se manifesta encore par de nombreux actes. Voyant, un jour de 1779, les paysans accabler un colporteur juif d'injures, il leur reprocha de se montrer eux-mêmes indignes du nom de chrétiens, chargea sur ses épaules le ballot de marchandises de l'étranger, le prit par la main et le conduisit jusqu'à sa demeure. Le dimanche suivant, il prononça en chaire un sermon intitulé « Dieu a-t-il rejeté son peuple ? », où il affirmait « je suis aussi Israélite, de la postérité d'Abraham, de la tribu de Benjamin. » On loue encore son désintéressement, sa tolérance, sa philanthropie qui embrassait tout le genre humain : on raconte qu'il vendit son argenterie pour contribuer à l'œuvre des missions, et qu'ému de compassion par le sort des esclaves Noirs, il renonça à l'usage du sucre et du café, qui lui semblaient arrosés de leur sang.

Afin de fournir du travail à tous les bras, le travail des champs ne suffisant pas à soutenir la majorité des habitants, l'infatigable pasteur chercha dans l'industrie de nouveaux moyens d'existence : il établit une filature de coton, à laquelle il rattacha des salles d'asile sous la direction de sa femme et de quelques personnes charitables, et donna des prix aux meilleures fileuses. En 1814, sa réputation attira au Ban-de-la-Roche un ancien directeur de la République helvétique, Legrand, qui forma une fabrique de passementerie en rubans de soie.

Oberlin accueillit favorablement la Révolution française, participant à l'organisation les fêtes civiques données au Ban-de-La-Roche qu'il préside et organisant des collectes de vêtements pour les conscrits. Lors de la suppression de son traitement par les autorités du département, il prit, pour pouvoir survivre et continuer son œuvre pastorale, une patente professionnelle et devient « artisan en tricotage ». Convoqué à Strasbourg en novembre 1793, il y fait une profession de foi républicaine, dépose le rabat et la robe pastorale et reçoit un certificat de civisme le 18 décembre suivant. Lorsque la Convention ferma de force toutes les églises, Oberlin créa un club jacobin au sein duquel il prêcha, sous le nom d'« orateur de la Société populaire », les « clubistes », qui furent obligés, une fois la salle de l'auberge où ils se réunissaient devenue trop petite, de se transporter vers « le Saint Temple de la Raison et de l'Éternel », qui n'était autre que le temple du village. Quand la Convention ordonna la suspension de l'exercice des cultes, Oberlin se mit à avoir des « réunions » chez les paroissiens chaque décadi, expliquant que l'Éternel devrait agréer tout autant le repos du décadi que celui du sabbat, et donnant des suggestions pour continuer à célébrer la Sainte-Cène. Ce patriote sincère et partisan du gouvernement républicain ne craignit pas de braver les terroristes en sauvant le plus de proscrits qu'il put, sans distinction d'opinions ou de culte.


Le temple de Waldersbach, paroisse du pasteur Oberlin.Les services que rendit Oberlin, pendant plus d'un demi-siècle, à l'agriculture, lui firent décerner, en 1818, une médaille d'or par la Société centrale de Paris. À cette occasion, un des membres, François de Neufchâteau, qui à plusieurs reprises était venu sur les lieux, déclara que lorsqu'on voudrait organiser des colonies agricoles, la création de celle de Walsbach serait un des meilleurs modèles à suivre ; il ajouta que parmi les communes rurales déjà existantes il n'en était aucune, même des plus florissantes, où les perfectionnements de l'économie sociale fussent aussi complets et où l'on ne put méditer avec fruit les Annales du Ban-de la-Roche, commencées en 1770 par le bienfaiteur du pays. Depuis près d'un siècle que son canton plaidait contre les anciens seigneurs au sujet d'un droit de propriété et d'usage dans les forêts qui couvraient la montagne, même la Révolution n'avait pas mis fin à ces contestations ruineuses. Après y avoir préparé de loin ses paroissiens, tant dans la conversation que dans la chaire, il parvint à les amener à un arrangement, qui fut signé chez le préfet du Bas-Rhin, Adrien de Lezay-Marnésia.

Admirateur enthousiaste de Lavater et de Gall, Oberlin, pour exercer son talent comme physionomiste, il avait recueilli un grand nombre de silhouettes, an bas desquelles il écrivait son jugement. Il possédait également une collection de pierres luisantes de toutes couleurs, dont il se servait pour tirer des conjectures sur le caractère des personnes d'après la préférence qu'elles donnaient à l'une ou à l'autre.

À la suite de l'œuvre de piété et des efforts du ministre de l'Évangile, pas une commune en France ne put rivaliser avec le Ban-de-La Roche ni en moralité ni en instruction. Les succès rencontrés par Oberlin au Ban-de-la-Roche répandirent son nom en France et à l'étranger. Plusieurs sociétés philanthropiques l'admirent dans leur sein ; la Société biblique de Londres le choisit pour son principal correspondant. Plusieurs princes lui envoyèrent des témoignages d'estime ou de riches présents. Le 16 fructidor an II, il reçut de la Convention une mention honorable pour sa contribution à « l'universalisation de la langue française ». En 1818, la Société centrale d'agriculture lui décerna une médaille d'or. Le 1er septembre 1819, Louis XVIII le nomma chevalier de la Légion d'honneur. Cependant sa plus douce récompense était l'amour de ses paroissiens, qui le vénéraient à l'égal d'un père.


Le tombeau d'Oberlin.Sans cesser d'être d'accord avec ses coreligionnaires sur les bases essentielles de la foi, il s'était formé sur le monde supérieur des idées singulières, assez semblables à celles des spiritualistes et des théosophes modernes et dont il affirmait retrouver la source dans l'Évangile, mais les théories plus ou moins étranges dont il aimait à s'occuper n'eurent d'autre influence sur lui que de fournir un aliment puissant aux qualités de son cœur. Ses sermons, quoique fort simples, étaient rédigés avec grand soin ; après la Bible, il tirait volontiers ses sujets d'instruction de la vie de personnes distinguées, mortes ou vivantes ; la nature lui offrait aussi un vaste champ de leçons, dans la mesure où il savait trouver dans toutes ses opérations des images des choses spirituelles.

Oberlin jouit jusqu'à la fin de sa longue, vie d'une robuste santé. Dans les dernières années de sa vie, il se reposa de la plupart des fonctions pastorales sur son gendre. Lorsque sa dernière maladie se déclara tout à coup, elle ne dura que quatre jours et Oberlin mourut à l'âge de quatre-vingt-six ans, après un ministère de cinquante-neuf ans. Son corps fut enterré au village de Fouday, au milieu d'un immense concours de gens de toutes conditions, protestants et catholiques déplorant à l'envi la perte de cet homme. Sa femme, morte en 1784 après seize années de la plus heureuse union, l'avait rendu père de neuf enfants. Deux avaient précédé leur mère dans la tombe. L'ainé, Friedrich, périt sur les bords du Rhin en 1793, servant comme volontaire dans l'armée de la République. Le second, Heinrich, fut victime du dévouement avec lequel, quoique malade, il travailla à arrêter les progrès d'un incendie. Un troisième Heinrich-Gottfried, docteur en médecine, est l'auteur d'un livre intitulé Propositions géologiques pour servir d'introduction à un ouvrage sur les éléments de chorégraphie, avec l'exposé de leur plan et de leur application à la description géognostique, économique et médicale du Ban-de-La Roche, Strasbourg et Paris, 1806, in-8°. Il était le frère du philologue et archéologue Jérémie-Jacques Oberlin.

Aucun des écrits d'Oberlin n'a été publié, mais il a laissé en manuscrit des Sermons, écrits d'un style très simple et très familier, les Annales du Ban de la Roche depuis 1770, une sorte d'Autobiographie, portant la date de 1784, et une réfutation du traité De senectute de Cicéron, terminée en 1815.

 Œuvre
 
Jeu de cartes conçu par J.-F. Oberlin pour l'enseignement de la botanique.L'action du pasteur Jean-Frédéric Oberlin modifia durablement la situation et la destinée de ces lieux et populations. Son travail s'articula autour des axes suivants :

le développement d'une industrie de tissage, en favorisant le travail à domicile. avec le soutien de son ami bâlois Jean-Luc Legrand, puis du fils de celui-ci, Daniel Legrand ;
le développement de l'agriculture par l'introduction de nouvelles semences et de nouvelles techniques de cultures (amendement des sols, irrigation, plantation et greffes d'arbres fruitiers) ;
la construction d'un réseau routier pour désenclaver le Ban de la Roche ;
l'amélioration des conditions d'hygiène et d'habitat ;
le financement de la formation de sujets capables à des professions utiles au bien public, comme par exemple celle de sage-femme ;
la mise en œuvre d'instituts de préscolarisation avec un encadrement féminin qualifié « conductrices de la tendre enfance », ce fait est sans précédent pour l'époque. La première de ces écoles fut dirigée à Waldersbach par sa servante, Louise Scheppler.
Arrivé au Ban-de-la-Roche, il avait trouvé dans les cinq villages de sa paroisse de 80 à 100 familles laissées à l'abandon ; au début du XIXe siècle, vers la fin de son ministère, on dénombre 3 000 personnes.

C'est au cours des années de famine (1816 et 1817) qu'il donna la mesure de son génie.

Du 20 janvier au 8 février 1778, Oberlin hébergea Jakob Michael Reinhold Lenz écrivain atteint de schizophrénie ; cet épisode est raconté dans l'ouvrage de Georg Büchner Lenz.

mercredi 14 octobre 2009, a 11:30
La Grande Invocation,
 

                                                                                                                                   



mercredi 14 octobre 2009, a 10:55
Kabbale
 


 DES GRANDS KABBALISTES D'ESPAGNE, AUX TRÉSORS DU PECH DE BUGARACH

 

 

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La kabbale a rayonné d'un éclat bien particulier sur toute l'Espagne du XIIIe siècle. Gérone en particulier a constitué un phare de la pensée ésotérique du monde juif. Située à mi-chemin entre les Pyrénées et Barcelone, cette ville a vu défiler dans le Call, l'ancien quartier israélite des penseurs dont le noms sont à jamais gravés dans la mémoire de tous : Isaac l'Aveugle, Azriel de Gérone, Bonastruc de Porta dit Nachamide. Ce sont eux qui fondèrent la plus brillante école ésotérique de la Catalogne. La kabbale désigne la tradition reçue, elle résume d'une façon générique les pratiques mystiques du judaïsme depuis l'aube du monde. Mais ce n'est qu'à partir du XIIe siècle que, sur la base d'un fond de sagesse et d'interprétation de textes, de leurs signes et de leurs symboles qu'elle s'érigea en doctrine, avec une cohérence interne, des références à des auteurs et à des oeuvres spécifique plus particulièrement au Sud de la France, d'où elle se diffusa vers Gérone, Barcelone et Burgos. QaBêL signifie recevoir, adopter, faire bon accueil, et même comprendre, comme le montre l'araméen QVAL la kabbale veut également dire entrer en possession , ce qui laisse entendre que tout tient aux qualités réceptives, à l'ouverture de l'esprit, aux capacités d'embrasser; en bref, la réception et, par la suite, la transmission dépendent du degré d'évolution psycho-intellectuelle des récepteurs. La kabbale ne s'invente pas, elle se transmet de maître à élève. La Tradition doit être reçue par un terrain fertile. Plus elles sera profonde, plus elle sera vaste, précise, proche des réalités du Cosmos. L'ambition du kabbaliste est de comprendre l'immensité de l'Univers, des temps, des espaces et des lois qui le régissent , des forces qui l'habitent. Comme on le conçoit, il faut que le disciple soit doué d'une puissance psycho-intellectuelle pour être accepté et devenir à son tour un “ transmetteur “. La kabbale est une doctrine d'échange, dans laquelle l'Homme est réceptacle en même tant qu'émetteur. Plus et mieux il reçoit, et plus il répond à sa raison d'être. GÉRONE À Gérone, la rue de la Force, dans l'ancien quartier juif, une synagogue porte le nom d' Isaac l'Aveugle, fils de rabbi Abraham ben David de Posquières, fameux magistrat et grande autorité rabbinique. La ville a vu également naître, en 1194, Moche bèn Nahmane ( Nahmide, Rambane ), connu également sous le nom de Gérondi. Penseur, exégète, médecin et curieux des sciences profanes. Il fut Grand Rabbin en Catalogne pendant de nombreuses années, mais abandonna son poste, à la suite d'une dispute religieuse. Il fut alors exilé pendant deux ans, par le Roi d'Aragon Don Jaime. On lui doit Pérouche âl ha-Tora, Ha-Émouva wé-ha-Bittahone. Sa controverse religieuse avec l'apostat juif Pablo Christiani nous a laissé un ouvrage intitulé Wikouah. Au XIIIe siècle, Gérone abritait une importante communauté juive, la seconde d'Espagne après Barcelone. Comme toutes les communautés juives d'Espagne à cette époque, celle de Gérone était protégée par la Couronne en contrepartie d'une aide économique. Cette situation était insupportable pour l'Inquisition et les émules espagnoles de Torquemada. Le 31 mars 1492, les Rois Catholiques rayèrent d'un trait de plume six cents ans de présence juive en Espagne en signant le décret d'expulsion des juifs de tout le territoire. Les kabbalistes prirent le chemin de l'exil. Après ce bannissement, l'école de Gérone disparut. Ses grands penseurs ne la fécondaient plus. Les Juifs d'Espagne étaient déjà habitués aux persécutions, puisque nous savons que lorsque les Almohades firent la conquête de Cordoue en 1149, ils obligèrent les Fils d'Israël de choisir entre la conversion, la mort et l'exil ! Fort curieusement, est-ce une nouveau du millénaire, ou un “ éternel retour “ ?-- la vieille synagogue d'Isaac l'Aveugle a retrouvé vie, ressuscitée par une association qui depuis une quninzaine d'années a entrepris de fouiller cet ancien site sacré, abandonné depuis plus de cinq siècles. Des découvertes surprenantes ont été faites en son sein, notamment celle du modelage en creux d'un corps humain, précieusement préservé du temps dans un des niveaux inférieurs des fondations. Des chandeliers à sept ou neuf branches , des étoiles de David furent retrouvés dans les décombres. L'État d'Israël a reconnu comme élément fondamental de l'histoire et de l'identité juives la ville de Gérone, en lui décernant le titre de “ Ville Mère d'Israël “. Si beaucoup savent que le relais de la kabbale proprement judaïque sera pris au XVIe siècle par le centre théologique de Safed, en Galilée, nombreux sont ceux qui ignorent totalement que cette dernière a connu des jours glorieux en Provence, où elle a rayonné dans différentes ville, Lunel en particulier.

 

Mochè Ha-Kohen est d'ailleurs né dans cette petite ville au XIIe siècle. Il fut l'auteur des critiques dur le Michenè Tora, il est souvent cité par Ran et Rivache dans leurs écrits. Moshè Ha-Darchane, né à Narbonne au XI e siècle était le fils d'un tamuldiste et enseignant, un des plus ancien érudit du sud de la France dont les travaux font encore autorité. Ménahèm, Ben Chélomo Ha-Méïri ( Méïri ), né en Provence en 1249 et décédé à Perpignan en 1316 était un rationaliste. Il rejeta l'existence des démons,l'efficacité des amulettes, l'astrologie et les superstitions, on lui doit un ouvrage essentiel Bèt ha-Behira commentaire des 37 traités de la Guémara.

 

Évoquer Lunel et Narbonne, Posquière et Toulouse nous conduit à nous pencher sur les premiers centres kabbalistiques fondés à la fin du XIIIe siècle dans le Midi. Cette région était à cette époque un grand foyer de culture médiévale où la poésie des troubadours pratiquant le trobar clus, c'est à dire une sorte de kabbale phonétique, atteint ses sommets. Ce fut également une contrée de forte tension religieuse.

 

Les Parfaits cathares avaient des idéaux fort proches de leurs frères juifs. Quand l'Inquisition les persécuta, certains kabbalistes juifs montèrent avec eux sur les bûchers, dénoncés aux tortionnaires de l'Église, par leurs propres frères qui voyaient en eux des êtres trop rigoristes et trop purs. Les communautés juives du Languedoc et de Catalogne entretenaient des rapports étroits. Le chemin de Gérone à Narbonne n'est pas très long. Tout le pays d'Oc, était imprégné de doctrines secrètes. Montségur, Puivert, Puylaurens, Quéribus et bien d'autres lieux portent traduits dans la pierre et inscrits dans leur histoire des mystères que nous n'avons pas tous percés.

 

LORSQUE LES SERVICES DE RENSEIGNEMENT ISRAÉLIENS S'INTÉRESSENT AU PAYS CATHARE

Les initiés juifs ont-ils mis à l'abri au XIIIe siècle des archives ou des trésors importants dans certains sites du pays cathare ? Cette question peut être posée par tous ceux qui ont été intrigués de croiser près du pech de Bugarach des groupes spéciaux du “ Shin Beth “ opérant sur le terrain. Issu de l'organisation secrète Irgoun et du groupe Stern, le “ Shin Beth “ a vu le jour grâce à un noyau d'hommes : ils n'étaient pas plus d'une dizaine en 1947 .

 

Aujourd'hui, le S.B. est devenu l'égal des plus célèbres services du monde, sinon le meilleur. Le “ Shin Beth “, abréviation de Cherut Bitachou, travaille dans l'ombre d'une manière terriblement efficace. Ses commandos “ Tempête “ sont redoutables, d'autres groupes agissent comme de véritables électrons libre et interviennent en en silence. Le S.B. connaît tous les codes secrets et monte des missions dont personne ne connaît les buts. Son intervention discrète au Pech de Bugarach n'a cependant pas échappé à certains vieux habitants du coin, rusés et observateurs. Que recherchaient les spécialistes du Cherut Bitachou dans ce coin perdu de l'Aude ? On pense à une partie du trésor du Temple de Salomon, l'Arche d'Alliance et la Menorah. Une antique légende affirme que l'étymologie de Bugarach viendrait des lutins Bugh et Arach qui auraient demandé à Jupiter d'élever cette montagne pour protéger la plaine du Roussillon et le plateau des Corbières des colères malfaisantes du vent.

 

Notre ami Christophe Villa Mélé a longuement prospecté toute la région et connaît d'une manière parfaite chaque sentier, chaque chemin, pour ne pas dire chaque pierre du légendaire pic. Voici ce qu'il écrit: “ La commune est située à 420 mètres d'altitude. En contrebas du village, on découvre les restes d'une petite fortification, datant très certainement du XIIIe siècle et dont seul le donjon est resté debout, menaçant de s'effondré un jour prochain.

 

Cette petite tour a attiré notre attention, car sur le mur gauche de celui-ci, on découvre des graffiti représentant un bateau de pêcheur, une coupe et une série de trois pentagrames inversés. L'église de Bugarach est sous la protection de Notre-Dame. Sa construction remonterait à 1194, le clocher a été rapporté au XVIe siècle. Ce saint lieu détient une particularité.

 

Tous les personnages représentés sur les vitraux ont le contour du visage dessiné, sans que les yeux, le nez ou la bouche n'apparaissent en détail. Ces faces sont blanches et il est impossible d'identifier ces saints anonyme ! “ “ Du haut de ses 1230 mètres, le mont Bugarach tel un sphinx, dominant le vert plateau des Corbières, qui dessine, vu du ciel un corbeau, pourrait être le repère du Maître du Monde si cher à Jules Verne. Le mont Bugarach fut nommé pendant le traité de Colbert, “ Peche de Tauze, tauze qui en patois audois signifie “ chauve “. Le mont Bugarach serait donc lui aussi, le Mont du Crâne.

 

Ce haut promontoire a l'allure d'un temple, dont une partie à la forme d'un dôme. Vu sous un autre angle, il fait penser à une pyramide. C'est un lieu de randonnées qui fait regretter amèrement à certains de brûler cigarette sur cigarette, car les chemins qui conduisent au pech sont très raides, mais le spectacle qui s'offre aux yeux depuis le sommet donne l'impression de dominer la terre entière.

 

La vallée des Corbières a quelques chose de magique que l'on ne peut apprécier qu'en ayant vaincu plus haut point. Ici, lorsque le vent cers se lève,on a l'impression qu'il chuchote à nos oreilles les veilles légendes du passé. » Maintes fois, le sang a coulé sur le sol aride de l'Aude. Les Templiers et les Cathares ont inscrit dans toute la région leurs noms dans l'histoire. Quelque part, le Bugarach est le double de l'ancienne forteresse des Parfaits : Montségur, située à environ 50 kilomètres de là. Curieusement les deux pics sont à la même altitude, 1230 mètres

 

.” UN HAUT-LIEU,OU REPOSERAIT LA MENORAH DU TEMPLE DE JÉRUSALEM.

 

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Ici, le visible semble masquer “ autre chose “ : une sorte de monde souterrain qui s'étirerait sous la montagne. C'est cet univers underground que les commandos du Shin Beth serait venu prospecter. Dans quel but ? Peut être retrouver le trésor du Temple de Salomon, sans doute la Menorah d'or qui se dressait dans la Maison de Dieu à quelques pas de l'Arche d'Alliance.

 

Nous connaissons son histoire. En l'an 70 de l'ère chrétienne, la Xe Légion romaine commandée par Flavius Silva, entre et défile dans Jérusalem.

Elle vient de vaincre les juifs qui s'étaient révoltés et qui, pendant quatre ans , avaient combattu l'occupant. Sous les étendards des vainqueurs, des prisonniers enchaînés portent un fabuleux butin dérobé au Temple de la Ville sainte.

 

 Au-dessus du groupe en marche, on aperçoit l'attribut le plus remarquable du saint des saints : le Chandelier à Sept Branches, en hébreu la Ménorah. Cette scène est encore visible, puisqu'elle est représentée sur un grand bas-relief de l'arc de Titus, élevé sur le forum romain pour célébrer sa victoire sur les rebelles d'Eretz Israël.

 

 Le Chandelier à Sept Branches est un symbole connu du monde entier, un arbre de vie particulier au seul peuple juif. Le touriste qui visite Jérusalem, et passe devant le Parlement, découvre une superbe Ménorah, symbole de l'État hébreu. Cette oeuvre du sculpteur Benno Elkan de Haïfa a été exécuté en 1949.

 

 C'est un don du parlement britannique à son homologue israélien. À l'intérieur de la Knesseth, l'assemblée législative, tous les sièges des députés ont été agencés de manière à dessiner l'emblème de la Menorah...sans doute pour éclairer ceux qui y siègent. SELON LA BIBLE On doit bien reconnaître que nul ne sait à notre époque ce que fut cet objet de culte prescrit à Moïse pour le sanctuaire du désert.

 

 Cependant, il est minutieusement décrit à deux reprises dans l'Exode, mais probablement par des ajouts tardifs dont les auteurs ont pu s'inspirer du modèle en usage dans le Temple à l'époque de la rédaction définitive; fait d'un talent d'or pur ( plus de 34 kg ), richement orné de motifs représentant des fleurs et de boutons d'amandier. Ses sept lampes d'or pourvues de mouchettes et de cendriers de même métal pour les mèches consumées, devaient brûler constamment devant Yahvé.

 Des prescriptions du lévitique, il ressort que ce luminaire installé en face de la Table des Pains de Propositions dans le Qôdech ( le saint ), salle séparée par un voile du saint des saints ( Qôdech haqqôdachim ) où était déposée l'Arche Sainte, véritable palladium de la nation juive.

 

 Nous devons préciser que la Ménorah n'est pas citée dans la liste du mobilier sacré du Temple de Salomon, encore qu'un passage des Chroniques laisse supposer qu'il subsiste au temps du roi Abiyya de Juda ( 914-911 ).

Mais dix chandeliers sont alors répartis de par et d'autre de la porte d'or qui, du Hékal ( saint ), donne accès au Débir ( saint des saints ).

Le fameux chandelier à sept branches réapparaît en tout cas dans le Temple reconstruit par la communauté du retour d'Exil :

il est volé par Antochius IV l'Epiphane et remplacé par Judas Maccabée. Selon Flavius Josephe, celui qui figure dans le Temple d'Hérode et dont Titus s'empare en 70 comme trophée, en serait une copie plus imposante.

LA SYMBOLIQUE DE LA MENORAH Après ce court aperçu historique sur la Menorah, il nous faut maintenant tenter d'en découvrir son profond symbolisme, en n'oubliant jamais que lorsque les maîtres de la pensée juive voulaient enseigner, ils contaient ! L'EXODE: XXV-31 énonce :

 “ Et tu feras un Chandelier d'or pur. D'une seule pièce sera fait le Chandelier; sa base et sa tige, ses calices, ses pommeaux et ses fleurs viendront de lui. Six branches sortent de ses côtés...Puis tu feras ses lampes au nombre de sept, on disposera ses lampes, et on dirigera la lumière du côté de sa face. Puis ses pincettes et ses pelles en or pur...Regarde et exécute, selon le plan qui t'a été montré sur la montagne.

 

Docile au commandement de l'Éternel que nous venons de citer, Moïse tenta de réaliser la première Menorah dans un bloc d'or d'un “ Quiqar “ qu'on avait frappé au marteau et coupé au ciseau pour en aplatir les pièces selon le besoin.

Ce fut un échec !---Dieu lui-même dit alors : “ Jette le bloc d'or au feu, et il se fera lui-même. “ Le Midrach Agadique affirme : par l'intervention du Saint Béni soit-il, il se forma automatiquement. Les sages d'Israël enseignent:

“ L'homme est comme un luminaire prêt à resplendir avec l'aide de Dieu. C'est pourquoi le Chandelier mesure dix-huit palmes, qui est la hauteur moyenne de l'homme. Celui-ci a été créé d'argile boueuse, mais il doit tendre à devenir précieux comme l'or pur, l'homme devra subir toutes le même traitement, être épuré, battu au marteau sur l'enclume et subir toutes les épreuves dont le Chandelier nous donne l'exemple, et surtout être fait “ d'une seule pièce d'or pur “ et non pas de multiples morceaux soudés

 

ultérieurement. Comme toutes les parties du Chandelier ne formaient qu'un seul bloc, ainsi tous les membres du corps humain doivent former une unité ! “ Il existe une analogie évidente entre le Chandelier et l'homme. Comme lui, il doit briller d'une pure Lumière. La Tradition judaïque affirme: “ Il y a trois sortes d'huiles d'olive et c'est la toute première qui doit être utilisée pour le Chandelier.

 

 Cette huile pure de la première pression provenait d'olives qu'on laissait mûrir au faîte de l'olivier. Ces olives on devait les concasser au mortier, et non les presser sous la meule , afin qu'elles ne laissent pas de dépôt. Et ce n'est qu'après en avoir extrait la première goutte qu'on les introduisait dans la meule pour les écraser.

L'huile de seconde pression était bonne pour les oblations de farine, mais impropre pour le Chandelier. La Lumière Parfaite n'accepte pas d'ombre. C'est sans doute pour cette raison que l'huile de la Menorah provenait des olives placées au sommet de l'arbre, toujours face au cosmos et au soleil. Symboliquement, pour répandre la lumière autour de lui, l'homme-ménorah doit lui aussi se nourrir de l'esprit et l'alimenter chaque jour avec l'huile de la Connaissance. Les 7 branches du Chandelier sacré représentent les 7 sciences qui formaient tout au long de l'Antiquité, le summum de la Sagesse. Car il est écrit :

 “ La sagesse s'est bâtie une maison, elle a sculpté les 7 colonnes “.-- Proverbes IX-1.

 

Les 7 branches de la Sagesse étaient la théosophie, la philosophie, l'alchimie, l'astrologie, les mathématiques, la musique et les sciences naturelles.

Afin que Moïse comprenne comment ces sept sciences dont l'objet est matériel, physique et semi intellectuel parviendraient à atteindre le sommet de la métaphysique où se situait l'Éternel, Yahvé lui montra la Menorah en feu sur les hauteurs du Sinaï.

 

La Connaissance est la Lumière; l'ignorance Ténèbres. Pourquoi depuis toujours, faisons-nous usage de symboles de lumière et de ténèbres pour décrire le savoir et l'ignorance ? Parce que la connaissance apporte à notre entendement ce que la lumière apporte à notre vue. C'est seulement grâce à elle que nous pouvons voir, alors que cela est impossible dans l'obscurité totale. La Connaissance est mère de l'espérance.

 

 Le Chandelier comprend sept branches---trois de chaque côté de l'axe principal. Les deux séries de trois figurent la dualité : les calices sont en forme de fleur d'amandier, image de la renaissance de la nature et d'une vigilance attentive aux premiers signes du printemps.

 Ces fleurs sont également symbole de fragilité, car ouvertes les première, elles sont plus sensibles aux derniers frimas. Selon la Tradition juive, c'est par la base d'un amandier qu'on pénètre dans la ville mystérieuse de Luz laquelle est un séjour d'immortalité. Nous pourrions extrapoler ici sur le symbolisme masculin de l'amandier et féminin de l'amande.

 

Chez les Grecs, cette dernière, pressée, était comparée à l'éjaculation phallique de Zeus. Le Chandelier peut donc être considéré comme hermaphrodite, le point de conjonction des énergies mâles et femelles : l'androgynat ! La tradition hébraïque voit dans la Menorah d'autres images parlantes. La base ou ( cuisse ) du Chandelier correspond aux relations sexuelles--C'est en domptant son désir que l'on réduit la tentation.

 

La tige du Chandelier c'est la trachée-artère d'où sortent les paroles. Elles doivent être pures comme l'or, d'une seule pièce et comme un bloc d'or battu au marteau. Quant à la nourriture et à la boisson, c'est le “ calice “ qui les symbolisent puisqu'il a la forme d'une coupe de vin. Le pommeaux représentent à la fois la nourriture et l'habillement, car ils ont la forme d'une pomme, dont l'intérieur est comestible et dont la peau est le vêtement. Les fleurs sont les autres issues qui ornent la vie. Chacun le sait, l'esprit juif est particulièrement apte à l'abstraction mathématique.

 

Pour beaucoup la Bible est un document chiffré. Il est bien difficile d'affirmer cette supposition. Cependant pour souffler un peu, nous allons prendre une petite récréation en jonglant avec les chiffres. Le premier verset de l'Exode contient onze mots correspondant aux nombres des pommeaux du Candélabre sacré. Quand aux neuf vocables du premier verset du Lévitique, ils équivalent en nombre à celui des fleurs ciselées dans la Ménorah.

 

 Le premier verset des Nombres symbolise la somme de ses mots jointe à l'unité de cette phrase, les 18 palmes, mesure de la hauteur du Chandelier. Quant au 22 calices de la Menorah, ils sont en harmonie avec les 22 vocables du premier verset du Deuteronome. Ce qui donne au verset cité le sens suivant: “ Seigneur, Tu as placé dans les premiers mots de Tes discours--les cinq livres de la Torah--la marque de Ta lumière sacrée qui nous éclaire.

 

 “ Midrach Rabba. M.Stern. Exode. Page 289 LA MENORAH : DU COSMOS À L'ARBRE

 

Symbole de la lumière spirituelle, de semence de vie et de salut, le Chandelier sacré fut allumé pour la première fois par Aaron. Aaron frère de Moïse était l'interprète de ce dernier, car il possédait le Verbe , alors que le grand prophète juif, nous disent les saintes Écritures, bégayait ...Méditons sur cette révélation ! Nous devons comprendre que le Chandelier sacré du Temple est l'équivalent de l'arbre babylonien de la Lumière. Dressé au centre de l'Ancien Monde, il constitue la liaison directe entre la Terre et le Ciel. Ainsi certains auteurs ont-ils pu comparer le côté ascendant de la Menorah à l'Échelle de Jacob qui, elle aussi reliait la Terre au Ciel. Le Zohar, le livre fondateur de la Kabbale ne dit pas autre chose ! Si nous voulons nous interroger sur les motivations qui poussent les agents du Shin Bet à venir rechercher dans l'Aude, les trésors de Jérusalem, une réponse nous viendra directement à l'esprit: les théocrate israéliens se préparent à réédifier le Nouveau Temple ?

 

Guy Tarade


Par Claude Jousseaume, Michel Fiore & Laurence Surjus - Publié dans : ésotérique

 

mercredi 14 octobre 2009, a 10:45
La Kabbale Chrétienne
 

La cabale chrétienne parfois nommée cabale de la Renaissance ou cabale philosophique est un courant philosophique chrétien inauguré par Pic de la Mirandole au XVe siècle et qui consiste à adapter les techniques d'interprétation cabalistique au christianisme en général et au Nouveau Testament en particulier.

 

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Selon Pic, la cabale était un système d'interprétation capable d'éclaircir les mystères du christianisme. Dans la postérité du cardinal de Cues, la kabbale de la Renaissance avait pour objet principal de montrer l'unité des religions monothéistes.

 

Pour cette raison, elle fut souvent combattue par les autorités ecclésiastiques hostiles à l'œcuménisme. L'un des plus véhéments détracteurs de cette kabbale fut le père Mersenne, en 1623, dans ses Questions sur la Génèse. En réponse à cette attaque en règle, Jacques Gaffarel répondit par Abdita divinae cabalae mysteria (1625). Avec Pic, Gaffarel y définit la cabale comme « l'explication mystique des Saintes Écritures, explication qui fut transmise avant et après la venue du Christ ».

 

Malgré ses attaques, elle se propagera très rapidement et prendra particulièrement une place éminente en Grande-Bretagne à la Cour d' Élisabeth Ire : on en retrouve des traces chez les plus grands poètes, et singulièrement dans tout un certain nombre de pièces de Shakespeare. La cabale est citée comme l'une des sources de l'occultisme médiéval. Les évêques ne voulaient pas voir se répandre l'ésotérisme et l'occultisme, d'où l'interdiction de la lecture du Talmud.

 

 

 Histoire
Les principaux représentants de ce courant qui connut son apogée aux XVIe et XVIe siècles se nomment :

Jean Pic de la Mirandole. Dès son Discours sur la dignité de l'homme (1486), il déclare avoir "trouvé dans les livres de la Cabale moins la religion de Moïse que la chrétienne".
Jean Reuchlin, auteur de De verbo mirifico (1494), De arte cabalistica (1517)
Francesco Giorgi (Zorzi), un franciscain, auteur de De harmonia mundi (1525)
Guillaume Postel, auteur de Absconditorum clavis, ou La Clé des choses cachées et l'Exégèse du Candélabre mystique dans le tabernacle de Moyse (1547)
Jacques Gaffarel, auteur de Abdita divinae cabalae mysteria (1625).
 Bibliographie 
 Textes
Jean Pic de la Mirandole, 900 conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques (déc. 1486), trad. Bertrand Schefer, Paris, éd. Allia, 1999, éd. bilingue latin-français ; Conclusiones sive Theses DCCCC. Romae anno 1486 publice disputandae, sed non admissae, Genève, Droz, "Travaux d'humanisme et Renaissance", 1973 [latin-français].
Johannes Reuchlin, De arte cabalistica (1517), trad. : La Kabbale (De arte cabalistica), introduction, traduction et notes par François Secret. Nouvelle édition augmentée de quatre index & du fac-similé de l'édition originale latine, (1995), Arché, 544 pp.
Francesco Giorgi (ou Zorzi), De harmonia mundi (1525, Venise). Trad. Guy Lefèvre de La Boderie, 1578, rééd. Arma Artis 1978.
Guillaume Postel, Absconditorum clavis, ou La Clé des choses cachées et l'Exégèse du Candélabre mystique dans le tabernacle de Moyse (1547). Il y applique les méthodes kabbalistiques à la mission du roi de France. Réédition : Absconditorum clavis ou Clef des choses cachées dans la constitution du monde de l'éternelle vérité, 1899. Texte en ligne : [1]
Jacques Gaffarel, Curiositez inouyes, sur la Sculpture talismanique des Persans, horoscope des Patriarches, et lecture des Estoilles, Paris, Hervé du Mesnil, 1629.

mercredi 14 octobre 2009, a 10:24
Martines de Pasqually
 

Joachim Martinès de Pasqually (1727 ?-1774) était un thaumaturge, théosophe et mage d'origine incertaine. Fondateur de l'Ordre de Chevaliers Maçons Élus Coëns de l'Univers en 1761. Inspirateur de Louis-Claude de Saint-Martin et de Jean-Baptiste Willermoz, et donc de tout le courant ésotérique appelé martinisme.

 

 

 

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 Martinès de Pasqually, personnage dont l'évolution spirituelle reste encore mal connue faute de documents, apparaît tout à coup vers 1754. Il commence alors une carrière de thaumaturge, surtout de théurge, et s'impose comme un théosophe considérable, un mage disposant de pouvoirs prodigieux.

On ignore aujourd'hui encore la date, le lieu de naissance et la nationalité exactes de Martinès. Certains affirment qu'il était juif sans cependant pouvoir l'établir de façon certaine[réf. nécessaire]. On a dit aussi qu'il était de nationalité portugaise, du fait qu'il est allé en 1772 recueillir un héritage à Saint-Domingue, et que Grainville, son fervent disciple, était originaire des Antilles. D'autres prétendent qu'il est né à Grenoble[réf. nécessaire]. On constate, en réalité, qu'on ne sait rien de certain de son origine. Ses activités avant 1760 sont, aussi, mal connues. Les historiens ne possèdent rien de réellement sûr. Sa piste est d'autant plus difficile à suivre qu'il a fait usage au cours de sa vie de plusieurs noms et signatures différents sur les documents officiels...

Durant vingt années de 1754 à 1774, année de sa mort, Martinès de Pasqually travailla sans arrêt à la construction de son Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l'Univers. En 1754, il fonde le Chapitre des Juges Écossais à Montpellier ; en 1761, il s'affilie à la loge La Française à Bordeaux et y fonde un temple coën. Cette loge La Française devient en 1764, la Française Élue Écossaise, pour indiquer par ce nouveau nom qu'elle possède un Chapitre de grades supérieurs. Mais la direction de l'Obédience Maçonnique abolissant en 1766 toutes les constitutions relatives aux grades supérieurs aux trois premiers (apprenti, compagnon et maître), le Chapitre se trouve suspendu. C'est en cette même année 1766 que Martinès vint à Paris et fonda un temple coën avec Bacon de la Chevalerie, Jean-Baptiste Willermoz, Fauger d'Ignéacourt, le comte de Lusignan, Henri de Loos, de Grainville, etc.

En 1767, il établit son Tribunal Souverain qui devait régenter tout l'Ordre des Élus Coëns. La rencontre avec Louis-Claude der Saint-Martin en 1768 devait avoir une grande importance pour l'un comme pour l'autre. La personnalité et l'enseignement de Martinès de Pasqually firent sur Saint-Martin une impression profonde et durable. Réciproquement, Martinès fut lui-même influencé par Saint-Martin. Ce dernier quitte l'uniforme en 1771 et devient le secrétaire de Martinès, remplaçant dans cette tâche l'abbé Pierre Fournié. De cette époque date la mise au point des rituels ainsi que la rédaction du Traité sur la Réintégration des êtres, base doctrinale de la théosophie et de la théurgie martinésistes.

Cette doctrine, destinée à une élite réunie sous le nom d'élus « coëns » (prêtres élus), connaîtra une fortune singulière, mais les opérations théurgiques resteront réservées aux seuls initiés. Martines n'utilise guère la franc-maçonnerie qu'afin de greffer sur elle son système. Jusqu'en 1761, on le trouve à Montpellier, à Paris, à Lyon, à Bordeaux, à Marseille, à Avignon. En 1761, il construit son temple particulier à Avignon, où il réside jusqu'en 1766. À cette époque, l'Ordre des Elus Coëns se présente comme un système de hauts grades enté sur la maçonnerie bleue. La première étape comprend trois grades symboliques auxquels s'ajoute celui de maître parfait élu; puis viennent les grades coëns proprement dits : apprenti coën, compagnon coën, maître coën, grand architecte, chevalier d'Orient, commandeur d'Orient ; enfin, le dernier grade, consécration suprême, celui de réau-croix. En 1768, Jean-Baptiste Willermoz est ordonné réau-croix par Bacon de La Chevalerie. Louis-Claude de Saint-Martin, initié aux premiers grades vers 1765, devient commandeur d'Orient. Les années 1769 et 1770 voient les groupes coëns se multiplier très largement en France. En 1772, Saint-Martin est ordonné réau-croix.

Martinès, parti la même année pour Saint-Domingue afin de toucher un héritage, devait y mourir en 1774. Par la suite, l'Ordre se désagrège. Dès 1776, les temples coëns de La Rochelle, de Marseille, de Libourne rentrent dans le giron de la Grande Loge de France. En 1777, le cérémonial n'est plus en usage, semble-t-il, que dans quelques cénacles comme Paris, Versailles, Eu. Enfin, en 1781, Sébastien Las Casas, troisième et dernier grand souverain des élus coëns (successeur de Caignet de Lester, décédé en 1778), ordonne la clôture des huit temples qui reconnaissent encore son autorité. Ni Caignet ni Las Casas n'ont joué un rôle bien important. Malgré cette clôture officielle, des élus coëns continuent à exercer la théurgie, à procéder à des ordinations. D'autre part, l'enseignement théosophique de Martinès n'est pas perdu pour autant ; au sein de la maçonnerie, il se répand encore longtemps après la mort de ce chef de file, grâce au système maçonnique institué par Willermoz peu après la mort de son maître.

Outre Willermoz et Saint-Martin, on connaît comme disciple de Martinès l'abbé Pierre Fournié. C'est vers 1768 que ce dernier rencontre le maître qui va bouleverser de fond en comble sa destinée et auprès duquel il exercera plusieurs mois les fonctions de « secrétaire ». Initié élu coën, le clerc tonsuré Fournié réside surtout à Bordeaux, où il sert d'intermédiaire entre différents membres de l'Ordre.

En 1776, Louis-Claude de Saint-Martin le dépeint comme un élu coën exceptionnellement favorisé en matière de manifestations surnaturelles; Fournié en décrira lui-même quelques-unes dans son ouvrage Ce que nous avons été, ce que nous sommes et ce que nous deviendrons (1802), en redoutant d'en dire trop. Au moment de la Révolution, Fournié émigre en Angleterre, où il restera jusqu'à sa mort; de là il correspond, de 1818 à 1821, avec le théosophe munichois Franz von Baader.

Selon les recherches de Georges C. et les éléments découverts par Friot et Michèle Nahon, à savoir un certificat de catholicité (publié cf. Bulletin de la Société Martines de Pasqually, Bordeaux) ainsi que les courriers de Martinès dans l'affaire du Guers, Martinès pas plus que son père ne pouvait être juif. La troisième raison est aussi qu'à l'époque, les juifs n'avaient pas encore le droit d'être francs-maçons. Ces notions infirment l'hypothèse fantaisiste de Robert Amadou qui écrivait que Martinès était « un métèque » juif espagnol (Louis-Claude de Saint-Martin et le martinisme, Paris, Éditions Le griffon d'or, 1946).

Quant à l'origine portugaise qu'un auteur soupçonne parce que Martinès se serait rendu à Saint-Domingue pour percevoir un leg, elle est caduque, car l'île de Saint Domingue qui effectivement fut sous la domination portugaise avait pour particularité d'être coupée en deux, une partie française et l'autre partie portugaise.

L'Ile de Saint Domingue (Hispaniola) ne fut jamais sous domination portugaise car les Frères de la Côte français puis les colons s'emparèrent du terrain abandonné progressivement par les Espagnols. Donc pour simplifier disons que la partie ouest était placée sous la souveraineté française et que les Espagnols étaient implantés à l'est.(Henri Bernard Catus 27 mai 2009)

L'endroit de séjour de Martinès, à savoir Léogane et Port au Prince, était français et occupé par le régiment de Foix qui fut la pépinière des élus coëns.

Le leg provenait sans doute de sa branche alliée, les Collas de Mauvignié, très riches colons français de l'île, originaires de Gornac près de Bordeaux. Martinès épousa la fille Collas Marguerite Angélique, fille d'Anselme Collas le 27 aout 1767 à Gornac. Il convient aussi de faire remarquer que le terme "coën", défini dans les écrits de Martinès, n'a strictement rien à voir avec le terme transformé "Cohen", utilisé encore fréquemment par des groupes martinistes.

Cependant, si Martinès parlait très bien le français, il l'écrivait très mal. Son fils, selon un rapport de police, parlait très bien l'espagnol. L'hypothèse d'une origine espagnole doit donc être retenu. Les recherches faites à Grenoble par G.C. sur tous les répertoires d'état civil sur une très large période prouve que Martinès n'est pas inscrit à Grenoble. Mais il est possible que les enfants nés dans les corps militaires ne soient pas inscrits dans les registres paroissiaux. Grenoble conserve la trace d'un document indiquant que le Capitaine Pasqually y fut en garnison, mais il peut s'agir d'un homonyme, lors de la remontée des corps militaires venant d'Espagne et servant dans l'armée française.

De Grainville le plus fidèle des secrétaires de Martinès, Réaux-Croix est né le 21 juin 1728, dans l'isle de Bourbon (maintenant Île de la Réunion), originaire de Normandie (archives historiques de l'armée de terre Château de Vincennes Paris). Il termina sa carrière militaire en 1780 avec le rang de lieutenant-colonel.

 Doctrine
La doctrine de Martinès, dont le caractère chrétien ne fait aucun doute, se présente comme la clef de toute cosmogonie eschatologique : Dieu, l'Unité primordiale, donna une volonté propre à des êtres « émanés » de lui, mais Lucifer, ayant voulu exercer lui-même la puissance créatrice, tomba victime de sa faute en entraînant certains esprits dans sa chute; il se trouva enfermé avec eux dans une matière destinée par Dieu à leur servir de prison. Puis la Divinité envoya l'Homme, androgyne au corps glorieux et doué de pouvoirs immenses, pour garder ces rebelles et travailler à leur résipiscence; c'est même à cette fin qu'il fut créé. Adam prévariqua à son tour et entraîna la matière dans sa chute; il s'y trouve maintenant enfermé; devenu physiquement mortel, il n'a plus qu'à essayer de sauver la matière et lui-même. Il peut y parvenir, avec l'aide du Christ, par la perfection intérieure, mais aussi par les opérations théurgiques qu'enseigne Martines aux hommes de désir qu'il estime dignes de recevoir son initiation : fondées sur un rituel minutieux, ces opérations permettent au disciple d'entrer en rapport avec des entités angéliques qui se manifestent dans la chambre théurgique sous forme de «passes» rapides, généralement lumineuses; ces dernières représentent des caractères ou hiéroglyphes, des signes des esprits invoqués par l'opérant, auquel les manifestations prouvent qu'il se trouve sur la bonne voie de la Réintégration

mercredi 14 octobre 2009, a 10:21
Fabre d'Olivet
 

Antoine Fabre d'Olivet, né à Ganges (Hérault) le 8 décembre 1767 et mort à Paris le 27 mars 1825, est un écrivain, philologue et occultiste français.

                                               

 Sa vie et son œuvre
Protestant cévenol, de la même famille que Jean Fabre (de Nîmes), fils d'un riche fabricant de bas de soie venu commercer à Paris, il s'intéresse très tôt à la musique et aux belles-lettres. Patriote en 1789, il fait jouer plusieurs pièces révolutionnaires, puis renonce à la politique en 1791. Après la faillite de la maison familiale, Fabre d'Olivet tente de vivre de sa plume en fondant plusieurs journaux, parmi lesquels L'Invisible et Le Palladium de la Constitution. Il publie un roman et plusieurs œuvres musicales.

S'intéressant de plus en plus à la théosophie et à la philologie, il prépare La Langue hébraïque restituée et travaille sur La Musique expliquée.

Fabre d'Olivet prétendait avoir retrouvé le vrai sens de la langue hébraïque, qui était, disait-il, restée ignoré jusqu'à lui. Dans son ouvrage clef, La Langue hébraïque restituée, il reprend le cours historique du peuple hébreu et détaille la fracture linguistique de ce peuple suite à l'exode après la chute de Jérusalem. Fabre d'Olivet estime qu'à la suite de l'exode, l'esprit de la langue hébraïque a été perdu, sauf chez les Esséniens qui auraient gardé la compréhension orale des racines hébraïques. Il reprend dès lors à partir de zéro l'ensemble de la grammaire hébraïque ainsi que l'étude des racines hébraïques en faisant un effort de systématisation digne d'un génie.

Bien que ce livre non orthodoxe ne soit pas considéré comme une référence dans les études sur la langue hébraïque biblique, il a fait l'objet de nombreuses rééditions et reste une pièce maîtresse de l'ésotérisme occidental de ces deux derniers siècles.

La préoccupation de Fabre d'Olivet pour l'étude de la musique l'amène aussi à approfondir sa conception de l'ouïe. Il va jusqu'à prétendre pouvoir guérir des sourds-muets par une méthode secrète et publie à ce sujet l'étude d'un cas clinique en 1811.

À la fin de sa vie, il fonde un culte nouveau, le culte théodoxique, sur lequel il publie deux ouvrages importants, L'Histoire philosophique du genre humain et La Théodoxie universelle. L'Histoire philosophique du genre humain est un essai de reconstitution de l'évolution de la pensée humaine à partir de déterminants significatifs selon Fabre d'Olivet. Il tente de mettre en exergue différentes phases récurrentes dans le devenir humain sur la très longue durée, phases qui alternent notamment des périodes dominées par la Nécessité ou la Providence.

Il fait aussi une traduction des Vers dorés de Pythagore, accompagnée de commentaires sur l'initiation pythagoricienne. Les Vers dorés ont été publiés sous forme de feuilleton dans la revue Le Voile d'Isis, organe hebdomadaire du Groupe indépendant d'études ésotériques de Paris, dirigé par Papus, du numéro 15 (25 février 1891) au numéro 30 (9 septembre 1891). En effet, Gérard Encausse, dit Papus, fut très influencé par la pensée de Fabre d'Olivet, à l'instar de nombreux d'occultistes tels que'Éliphas Lévi.

Antoine Fabre d'Olivet meurt foudroyé d'une attaque d'apoplexie. Il est enterré dans le cimetière du Père-Lachaise à Paris (10ème division). Sa tombe est surmontée d'une colonne brisée.

 Ouvrages [modifier]
Le Quatorze de juillet 1789, fait historique en 1 acte et en vers, Paris, Théâtre des Associés, juillet 1790
Toulon soumis, fait historique, opéra en un acte, Paris, Théâtre national de l'Opéra, 4 mars 1794 Texte en ligne
Le Sage de l'Indostan, drame philosophique en 1 acte et en vers, mêlé de chœurs de musique, Paris, Institut national des aveugles-travailleurs, thermidor an IV (1796)
Azalaïs et le gentil Aimar, histoire provenc̜ale, traduite d'un ancien manuscrit provenc̜al (1798)
Lettres à Sophie sur l'histoire (2 volumes, 1801). Réédition : L'Âge d'homme, Lausanne, 2009.
Le Troubadour, poésies occitaniques (1803). Réédition : Lacour, Nîmes, 1997.
Notions sur le sens de l'ouïe en général, et en particulier sur la guérison de Rodolphe Grivel, sourd-muet de naissance en une série de lettres écrites par Fabre d'Olivet (1811) Texte en ligne
Les Vers dorés de Pythagore, expliqués et traduits pour la première fois en vers eumolpiques français, précédés d'un Discours sur l'essence et la forme de la poésie, chez les principaux peuples de la terre (1813). Réédition : L'Âge d'homme, Lausanne, 1991. Texte en ligne
La Langue hébraïque restituée et le véritable sens des mots hébreux rétabli et prouvé par leur analyse radicale, ouvrage dans lequel on trouve réunis : (1) une dissertation sur l'origine de la parole ; (2) une grammaire hébraïque ; (3) une série de racines hébraïques ; (4) un discours préliminaire ; (5) une traduction en français des dix premiers chapitres du Sépher, contenant la Cosmogonie de Moyse (1815). Réédition : L'Âge d'homme, Lausanne, 1985. Texte en ligne 1 2
De l'état social de l'homme, ou Vues philosophiques sur l'histoire du genre humain, précédées d'une dissertation introductive sur les motifs et l'objet de cet ouvrage (2 volumes, 1822) Texte en ligne 1 2
Caïn, mystère dramatique en trois actes de lord Byron, traduit en vers français et réfuté dans une suite de remarques philosophiques et critiques (1823). Réédition : Slatkine, Genève, 1981.
Histoire philosophique du genre humain, ou L'homme considéré sous ses rapports religieux et politiques dans l'état social, à toutes les époques et chez les différents peuples de la terre, précédée d'une dissertation introductive sur les motifs et l'objet de cet ouvrage (2 volumes, 1824). Réédition : Éditions traditionnelles, Paris, 1966.
Le Retour aux beaux-arts, dithyrambe pour l'année 1824 (1824)
Publications posthumes
La Musique expliquée comme science et comme art et considérée dans ses rapports analogiques avec les mystères religieux, la mythologie ancienne et l'histoire de la terre (1896). Réédition : L'Âge d'homme, Lausanne, 1974. Texte en ligne
La Vraie Maçonnerie et la céleste culture, texte inédit avec introduction et notes critiques par Léon Cellier, Presses universitaires de France, Paris, 1952 ; La Proue, Lausanne, 1973.
Mes souvenirs, Boumendil, Nice, 1977.
Miscellanea Fabre d'Olivet (1). Oratorio à l'occasion de la fête du sacre et du couronnement de S.M. l'Empereur. Prédictions politiques. Idamore ou le Prince africain. Vers à mes amis pour le jour de ma fête, publié par Gilbert Tappa, Boumendil, Nice, 1978.
Miscellanea Fabre d'Olivet (2). Antoine Fabre d'Olivet et les concours de l'Institut : Discours sur les avantages et les inconvénients de la critique littéraire. Dissertation sur le rythme et la prosodie des anciens et des modernes, publié par Gilbert Tappa, Boumendil, Nice, 1982.
La Langue d'Oc rétablie dans ses principes, Steinfeld, Ganges, 1989.

mercredi 14 octobre 2009, a 10:17
Swedenborg
 

Emanuel Svedberg dit Emanuel Swedenborg (né le 29 janvier 1688 à Stockholm - mort le 29 mars 1772 à Londres) était un scientifique, théologien et philosophe suédois du XVIIIe siècle, qui avait établi sa résidence à Londres.

 

 

 

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Dans la première partie de sa vie, Swedenborg fut un scientifique et un inventeur prolifique. À l'âge de cinquante-six ans, il déclara être entré dans une phase spirituelle de sa vie et dit ensuite avoir des rêves et des visions mystiques dans lesquels il discutait avec des anges et des esprits, voire avec Dieu et Jésus-Christ, et visitait le Paradis et l'Enfer.

Jeunesse [modifier]
Emanuel Swedenborg naquit le 29 janvier 1688 à Stockholm. Son père, Jesper Svedberg, était un pasteur luthérien d'origine modeste qui devint ensuite professeur de théologie à l'université d'Uppsala et évêque de Skara grâce à l'appui de Charles XI. Il transmit notamment à son fils son intérêt pour les thèses piétistes et sa croyance en la présence des anges et des esprits sur Terre.

Emanuel étudia à l'université d'Uppsala. À la fin de ses études, en 1710, il voyagea à travers l'Europe et s'installa à Londres pendant quatre ans. Il y étudia la physique, la mécanique et la philosophie. Il s'intéressa aussi à la poésie (lecture et écriture). Il fut aussi grand organiste et joua souvent dans la cathédrale d'Uppsala. C'est à cette époque que son goût pour la vie scientifique se développa.

 Période scientifique [modifier]
De retour en Suède en 1715, il se consacra aux sciences naturelles et à l'invention pendant une vingtaine d'années. De 1715 à 1716 il créa, avec son ami Polhem, le premier journal scientifique suédois intitulé "The Daedalus Hyperboreus" publié en dix volumes, où sont mentionnées les inventions mécaniques du philosophe.

Il fit les plans d'un avion, d'un sous-marin, il inventa un système décimal monétaire,également utilisable pour l'étude de la cristallographie. Il utilisa une nouvelle méthode pour calculer et déterminer la longitude, à partir d'un point maritime ou terrestre, suivant l'observation des phases lunaires. Il introduisit en Suède le calcul infinitésimal. Dans le tome I de ses Opera philosophica et mineralis (1734) il fut le premier à émettre l'hypothèse de la la formation du système solaire, décrivant la nature de la voie lactée, précédant ainsi celles de Buffon et de Laplace. Il élabora une théorie moderne de l'atome, une théorie vibratoire de la lumière, une théorie cinétique de la chaleur, s'intéressa au magnétisme bien avant Faraday.

 Études anatomiques [modifier]
À partir des années 1730, Swedenborg s'intéressa de plus en plus aux questions spirituelles. Il cherchait à découvrir une théorie expliquant les relations entre la matière et l'esprit et s'intéressa pour cela à l'anatomie.

Il découvrit la fonction des glandes endocrines, le fonctionnement du cerveau et du cervelet. Il produisit également une étude avancée sur la circulation du sang et sur la relation du cœur et des poumons (voir Œconomia regni animalis).

 Période mystique [modifier]
À l'âge de 56 ans, il abandonna ses recherches scientifiques pour s'adonner entièrement à la recherche théologique, psychologique et philosophique dans le but de faire découvrir aux hommes une spiritualité rationnelle basée sur des visions de l'au-delà. C'est en 1743 qu'il eut sa première expérience mystique. Il en parla ouvertement dans une lettre à son ami le Dr Hartley : "J'ai été appelé à une fonction sacrée par le Seigneur lui-même, qui s'est manifesté en personne devant moi son serviteur. Alors il m'a ouvert la vue pour que je vois dans le monde spirituel. Il m'a accordé de parler avec les esprits et les anges ...[1]" Il mourut en 1772 après avoir écrit plus d'une centaine d'ouvrages sur tous les sujets énumérés. Quelques-uns ont été traduits en français.

Sa recherche insatiable du siège de l'âme le conduisit à rencontrer les célébrités scientifiques de l'époque: Isaac Newton, Leibniz, des membres de la Royal Society, des universitaires d'Oxford et de Cambridge. Il devient végétarien[2], et voyage de par l'Europe, mécéné par le roi Charles XII et le duc de Brunswick, afin d'étudier, écrire et imprimer les fruits de ses recherches. Il exerça sur eux, ainsi que sur Voltaire, une certaine influence. Après sa mort, sa pensée inspira diverses mouvances religieuses ou maçonniques.

De grands musiciens, écrivains et psychologues se sont inspirés de ses écrits dans leurs oeuvres. Les plus connus sont : Goethe, Gérard de Nerval, Balzac, Wagner, Oberlin, Berlioz, Baudelaire, Paul Valéry, Eliphas Lévi, Hahnemann. Carl-Gustav Jung trouva également une source d'inspiration, dans Les Arcanes Célestes, pour sa notion " psychologie des profondeurs", qui devait influencer la psychologie moderne.


Plaque à la mémoire d'Emanuel Swedenborg à l'emplacement de sa maison natale à Stockholm. Ses principaux ouvrages [modifier]
Le Ciel et l'Enfer
Swedenborg montre dans ce livre que le ciel et l'enfer sont d'abord des états d'âme pour ensuite devenir des lieux. Après la mort du corps physique,l'individu passe un temps intermédiaire dans le monde des esprits, où il choisira librement, par la suite, d'aller soit au au ciel, soit en enfer, étant précisé que ni l'un n'est à considérer comme étant une récompense ou une punition. Descriptions : d'une expérience de voyage dans l'au-delà; d'anges et de démons.

L'amour vraiment conjugal
Description de la nature céleste de la complémentarité entre mari et femme. Les époux forment ensemble un « Ange » et vivent éternellement unis l'un à l'autre après la mort dans une jeunesse perpétuelle. Description de la nature de cet amour.

L'Amour scortatoire
Description des désirs malsains qui sont contraires à la réalisation harmonieuse du couple et qui le tuent.

Le cheval blanc (Apocalypse, chapitre 19)
Lecture de la Bible selon le sens allégorique, avec déchiffrage méthodique des symboles. Petit dictionnaire expliquant la terminologie utilisée.

La sagesse des anges
Présente cinq aspects de la vision de l'existence : La nature de Dieu ; la nature du monde spirituel. La nature de l'homme ; la doctrine des degrés; la création de l'univers.

La Divine providence
Nature de la relation entre Dieu et l'être humain. Description des lois spirituelles qui régissent l'univers : le Karma, cause des maladies et des guerres et de la souffrance en général, régénération de l'individu.

Les quatre doctrines
Exégèse biblique sur les natures de : La vie, l'Ecriture Sainte, la Foi, Jésus-Christ.

La nouvelle Jérusalem et sa doctrine céleste
Résumé des doctrines et des éléments de la théologie de Swedenborg.

Arcanes célestes (16 volumes, dont les cinq premiers sont réédités)
Exégèse de la genèse et de l'exode bibliques, avec références à tout l'ancien et le nouveau testament sur trois plans : historique, psychologique et sacré.

Développement de la régénération de l'être humain en parallèle avec la glorification de Jésus Christ. États d'âme et tentations de l'individu de Jésus-Christ qui en est l'archétype.

Traité des représentations et des correspondances
Index des symboles du corps spirituel dans le corps humain, montrant que chaque partie physique a sa contrepartie sur le plan subtil de l'âme, et qu'il existe une relation de cause à effet entre l'état du mental et celui du corps.

De la charité
Nature du véritable amour envers autrui, envers la société et envers Dieu. Explication des dix commandements.

La vraie Religion Chrétienne (en 2 volumes)
Dernier ouvrage de Swedenborg, portant sur la nature du Christianisme Spirituel. Comparaison des différents dogmes chrétiens avec ce qu'enseigne la Bible dans son sens allégorique. Signification du Baptême, de la Sainte Cène, de la Trinité, du Décalogue, de la Vie éternelle, du Salut, du Retour du Christ, de la dégénérescence de l'humanité et de sa régénération, de l'Homme cosmique

mercredi 14 octobre 2009, a 10:02
Eliphas Levi
 

 

            Eliphas_Levi_1872_Photo_Originale.jpg

 

 

 

 

 

 

1810-1845 : Enfance, jeunesse et vocation religieuse 


 Alphonse-Louis Constant naquit le 8 février 1810, au nº5 de la rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés (devenue depuis rue de l'Ancienne Comédie) à Paris, de Jean Joseph Constant et Jeanne Agnès Beaucourt. Son père était cordonnier. Grâce à l'abbé J.-B. Hubault Malmaison, qui avait organisé dans sa paroisse un collège dispensant gratuitement les bases de l'instruction aux enfants pauvres, il fit ses premières études, puis entra en 1825 au petit séminaire Saint-Nicolas du Chardonnet, dirigé alors par l'abbé Frère-Colonna, qui l'orienta peut-être déjà vers l'étude de la magie. En 1830, ayant terminé sa rhétorique, il passa selon la règle au séminaire d'Issy pour finir ses deux années de philosophie. La mort de son père intervint cette même année. Après Issy, il aboutit au séminaire de Saint-Sulpice pour faire sa théologie. Il y fut ordonné sous-diacre et tonsuré. En 1835, alors qu'il avait la charge de l'un des catéchismes de jeunes filles de Saint-Sulpice, la jeune Adèle Allenbach lui fut confiée par sa mère, avec mission de « la protéger tout spécialement et de l'instruire à part, comme si elle était la fille d'un prince ».

Sa mère, fervente catholique et épouse d'un officier suisse, avait émigré en France en 1830 parce que la religion de sa fille lui semblait menacée, et toutes deux vivaient depuis dans un grand dénuement.

Le jeune abbé tomba peu à peu éperdument amoureux de sa protégée, en qui il crut voir la Sainte Vierge apparue sous une forme charnelle. Ordonné diacre le 19 décembre 1835, il quitta finalement le séminaire en juin 1836 avant de recevoir le sacrement de l'ordre ; mais entre-temps la jeune fille pour laquelle il s'était perdu l'a délaissé.

Sa vieille mère infirme, qui avait mis toutes ses espérances en lui, fut très abattue par le départ de son fils du séminaire et se suicida quelques semaines plus tard en s'asphyxiant avec les émanations de son réchaud à charbon. A. Constant eut un instant l'idée d'entrer à la Trappe, mais ses amis l'en détournèrent. Il passa une année dans un pensionnat près de Paris, puis accompagna un ami comédien ambulant nommé Bailleul dans une tournée en province.

En 1838, il se lia d'amitié avec la socialiste Flora Tristan (qui sera la grand-mère du peintre Paul Gauguin), et collabora avec Alphonse Esquiros, rencontré au petit séminaire, à une revue : les Belles Femmes de Paris, qui révèla au public ses dons de dessinateur. Alors qu'il parcourait les salons pour sa revue, il fit un jour la connaissance d'Honoré de Balzac, alors en pleine gloire, chez Mme de Girardin.

Songeant encore à accéder à la prêtrise, il partit pour l'abbaye de Solesmes, bien résolu à y passer le reste de ses jours. L'abbaye possédait une bibliothèque d'environ 20000 volumes, dans laquelle il puisa abondamment. Il étudia la doctrine des anciens gnostiques, celle des Pères de l'Église primitive, les livres de Cassien et d'autres ascètes, les pieux écrits des mystiques, et spécialement les livres de Mme Guyon. Durant son séjour, il fit paraître son premier ouvrage : le Rosier de Mai (1839). À cause d'une mésentente avec l'abbé de Solesmes, A. Constant quitta finalement l'abbaye au bout d'un an, sans le sou.

En intercédant auprès de l'archevêque de Paris, Mgr Affre, il finit par obtenir un poste de surveillant au collège de Juilly. Ses supérieurs le maltraitaient, et dans son écœurement il composa, au grand scandale du clergé et des bien-pensants, la Bible de la liberté (1841). L'ouvrage parut le 13 février et fut saisi à Versailles une heure après sa mise en vente. Un grand nombre d'exemplaires purent tout de même être sauvés, et l'abbé Constant fut arrêté dans les premiers jours du mois d'avril. Le procès eut lieu le 11 mai 1841, l'abbé fut condamné à 8 mois de prison et 300 francs d'amende. À la prison de Sainte-Pélagie, où il passa 11 mois (n'ayant vraisemblablement pas de quoi régler l'amende...) il retrouva son ami Esquiros et l'abbé de Lamennais. Tous les moyens furent apparemment employés pour le faire mourir de chagrin et de misère. On intercepta ses lettres pour en dénaturer le sens, l'accusa d'être un vendu à la police, et il dut en outre subir l'animosité de certains autres détenus. Il chercha des consolations dans l'étude , lisant pour la première fois les écrits de Swedenborg. Mais ses amis du dehors ne l'oubliaient pas. Une certaine Mme Legrand, très riche amie de Flora Tristan, fit en sorte d'adoucir l'ordinaire du prisonnier en lui faisant porter une nourriture plus variée.

À sa sortie en avril 1842, il obtint une commande de peintures murales pour l'église de Choisy-le-Roi grâce à l'aumônier de Sainte-Pélagie. En 1843, habitant le presbytère de Choisy, il commença l'écriture de la Mère de Dieu. Sa conduite était si exemplaire, que Mgr Affre décida de le recommander à Mgr Olivier, évêque d'Evreux. L'évêque était prêt à accueillir l'abbé à condition qu'il change son nom pour celui de sa mère, afin d'éviter tout scandale en rapport avec l'affaire de la Bible de la liberté.

C'est donc l'abbé Beaucourt qui partit pour Évreux en février 1843. Ses prédications y rencontrèrent un grand succès et suscitèrent beaucoup de jalousies parmi les prêtres du diocèse. Au mois de juin le journal l'Univers annonça la mort de l'abbé Constant, information démentie ensuite par le Populaire, puis le 22 juillet 1843 parut dans l'Écho de la Normandie un article intitulé le Nouveau Lazare dans lequel était dévoilée toute l'histoire de l'abbé Beaucourt : son identité, son procès et sa condamnation. Obligé de sortir du séminaire, il ne fut pas oublié par l'évêque d'Évreux qui pourvut à sa subsistance et chercha encore à l'aider par la commande d'une peinture murale pour un couvent. C'est dans la même année 1843, qu'il fut parrainé par des connaissances de son père pour intégrer une société secrète à Lausanne, montée en 1677 par Louis Quinault : l'Ordre Hermétique de la Rose-Croix Universelle, d'où il obtiendra le grade de Grand-Maître. Malheureusement, Mgr Olivier fut très affligé par la sortie de la Mère de Dieu (1844), et fin février 1844, l'abbé retourna à Paris en laissant sa peinture inachevée.

Il revit son amie Flora Tristan, qui mourut peu de temps après à Bordeaux. Il hésita longtemps avant de publier le manuscrit intégral de Flora Tristan, pensant qu'on l'en rendrait responsable, abandonna finalement le projet et édita le premier manuscrit sous le titre : l'Émancipation de la femme ou le Testament de la paria. À l'automne 1844, Mme Legrand lui demanda de venir à Guitrancourt afin d'achever l'éducation de ses enfants. Il y demeura un an puis retourna à Paris et fit paraître son manifeste pacifique, inspiré par Silvio Pellico : la Fête-Dieu ou le Triomphe de la paix religieuse (1845).

Les idées utopistes et humanitaires du temps l'absorbèrent alors tout entier. Deux mouvements surtout suscitèrent de sa part de profondes et longues méditations : le Saint-Simonisme et le Fouriérisme.

« L'école Saint-Simonienne, malgré ses qualités estimables, m'a toujours inspiré une vive répulsion. Ils ont de la vraie religion tout excepté l'esprit de piété; leur femme libre me fait horreur et ils ne peuvent comprendre la charité puisqu'ils méconnaissent l'amour. Ils sont froids comme l'industrialisme, tranchants, despotes et calculateurs. Je me fâche quand je les vois toucher si près à nos grandes vérités que leur sécheresse de cœur compromet et profane. Enfantin a certainement des aperçus remarquables mais il est plein d'égoïsme et de fatuité. »
— (Correspondance avec le baron Spedalieri)

« Fourier retourna le système de Swedenborg, pour créer sur la terre le paradis des attractions proportionnelles aux destinées. Par les attractions il entendait les passions sensuelles auxquelles il promettait une expansion intégrale et absolue. Dieu, qui est la suprême raison, marqua d'un sceau terrible ces doctrines réprouvées : les disciples de Fourier avaient commencé par l'absurdité, ils finirent par la folie. »
— (Histoire de la magie, p. 470)

 1845-1855 : Vers l'ésotérisme et l'occultisme [modifier]
En 1845, dans le Livre des larmes, il développe pour la première fois des notions ésotérisantes. Durant cette période, il compose aussi des chansons et illustre deux ouvrages d'Alexandre Dumas : Louis XIV et son siècle et le Comte de Monte-Cristo. Adèle Allenbach, devenue actrice, vient le voir souvent. Elle conserva toujours la même admiration pour son « petit-père » dont elle accompagna le cercueil jusqu'à sa dernière demeure.

A. Constant habite quelque temps à Chantilly, puis revient se fixer à Paris, au nº 10 de la rue Saint-Lazare. Il devient l'ami de Charles Fauvety et les deux hommes fondent en 1845 la revue mensuelle : la Vérité sur toutes choses. Celle-ci ne parut que pendant 4 mois.

Depuis son retour d'Évreux, il se rendait fréquemment à Choisy-le-Roy où il avait rencontré en 1843 Mle Eugénie Chenevier, sous-maîtresse à l'Institution Chandeau. Parmi les pensionnaires de l'Institution se trouvait la jeune Marie-Noémi Cadiot, à laquelle Eugénie s'était liée d'amitié. Lorsque les deux jeunes filles sortaient le dimanche, A. Constant les accompagnait, et ils passaient tous trois de bons moments.

Eugénie Chenevier accepta d'être sa femme devant Dieu. Confiante en l'avenir, elle s'était déjà donnée à lui et attendait un enfant. Ce fils, Xavier Henri Alphonse Chenevier, qui naquit le 29 septembre 1846, vécut jusqu'en 1916, et eut lui-même un fils, Pierre (par la ligne d'Eugénie, la descendance d'Éliphas Lévi représente aujourd'hui plus de 40 personnes, à la sixième génération).

Mais Marie-Noémi Cadiot tomba amoureuse... Après avoir entretenu une correspondance enflammée avec A. Constant, elle s'échappe un beau jour de chez ses parents pour aller se réfugier dans la mansarde de celui-ci. Son père exige alors le mariage, sous la menace d'une accusation de détournement de mineure, car la jeune fille n'avait alors que 18 ans. A. Constant dut se résigner.

La cérémonie civile eut lieu à la mairie du Xe arrondissement, le 13 juillet 1846. La famille Cadiot n'avait pas voulu doter Noémi, et les deux époux étaient tellement dénués de ressources qu'ils firent leur repas avec quelques sous de pommes de terres frites achetées sur le Pont-Neuf.

Depuis l'affaire de la Bible de la liberté (1841), on empêchait A. Constant d'exprimer sa pensée en lui refusant l'insertion dans les journaux. À l'instigation de Noémi, il se remet à faire de la politique. Il collabore notamment à la Démocratie pacifique, et écrit un pamphlet virulent : la Voix de la famine. Le 3 février 1847, on le condamne encore à un an de prison et 1 000 francs d'amende. Sa femme demande grâce pour elle et l'enfant qu'elle porte auprès des ministères et obtient finalement sa libération au bout de 6 mois. Mme Constant accouche en septembre 1847 d'une fille, Marie. La petite Marie mourra en 1854 à l'âge de 7 ans, au grand désespoir de A. Constant qui l'adorait.

La révolution de février 1848 lui donnant plus de liberté, il commence à diriger une revue gauchiste : le Tribun du peuple, qui n'eut que quatre numéros, du 16 au 30 mars 1848. Il fonde ensuite avec ses amis Esquiros et Le Gallois un club politique : le Club de la montagne, composé surtout de travailleurs. Arrivent les journées de juin, insurrection des classes laborieuses amenée par la réaction pour faire périr la République naissante. Le 23 juin 1848 faillit être fatal à A. Constant : on fusilla, croyant avoir affaire à lui, un marchand de vin qui lui ressemblait au coin de la rue Saint-Martin et de la rue d'Arcis. Le 24, Mgr Affre, voulant apaiser les insurgés, reçut une balle et mourut trois jours plus tard. A. Constant désirait représenter le peuple à l'Assemblée nationale, mais sa tentative échoua. Son ami Esquiros fut en revanche élu le 13 mai 1849, et les deux hommes ne se fréquentèrent plus. le Testament de la liberté (1848), qui résume ses idées politiques, sera son dernier ouvrage du genre. À cette époque, Madame Constant, qui avait déjà publié dans la revue de son mari et fréquenté le Club des femmes de Mme Niboyet, se lance dans le monde parisien. Elle écrit dans le Tintamarre et le Moniteur du soir des feuilletons littéraires sous le pseudonyme de Claude Vignon (tiré d'un roman de Balzac). C'est une période de relative aisance pour le couple. Noémi prend des leçons du célèbre sculpteur Pradier, et grâce à cette haute relation A. Constant obtient deux commandes de tableaux du ministère de l'Intérieur.

Parallèlement, il lit la Kabbala Denudata de Knorr de Rosenroth, étudie les écrits de Jacob Boehme, Louis-Claude de Saint-Martin, Emanuel Swedenborg, Antoine Fabre d'Olivet, Chaho, et Görres.

Fin 1850, il rencontre l'abbé Jean-Paul Migne, fondateur et directeur de la librairie ecclésiastique de Montrouge, qui lui commande pour sa collection un Dictionnaire de la littérature chrétienne. Paru en 1851, l'ouvrage étonne par la science profonde qu'il renferme. Vers cette époque A. Constant rencontre le savant polonais Hoëné-Wronski, dont l'œuvre fait sur lui une impression durable et l'oriente vers la pensée mathématique et le messianisme napoléonien. Commence alors la rédaction du Dogme et rituel de la haute magie. Il prend le pseudonyme d'Éliphas Lévi, ou Éliphas Lévi Zahed (traduction en hébreu de Alphonse-Louis Constant)que lui avait légué l'Ordre Hermétique de la Rose-Croix Universelle.

« La foi n'est qu'une superstition et une folie si elle n'a la raison pour base, et l'on ne peut supposer ce qu'on ignore que par analogie avec ce qu'on sait. Définir ce qu'on ne sait pas, c'est une ignorance présomptueuse; affirmer positivement ce qu'on ignore, c'est mentir. »
— (Dogme et rituel de la haute magie, p. 360)

Mme Constant, qui avait une liaison avec le marquis de Montferrier (beau-frère de Wronski) depuis quelque temps, s'enfuit un jour à Lausanne pour ne plus revenir. Profondément blessé, il se remet au travail pour tenter d'échapper au chagrin.

 1854-1859 : Voyage et rencontres
Au printemps 1854, il se rend à Londres, y rencontre le Dr. Ashburner et Sir Edward Bulwer-Lytton, célèbre auteur de romans fantastiques (Zanoni, le Maître Rose-Croix est son ouvrage le plus connu), qui devient son ami et le fait admettre au sein des cercles rosicruciens. Encouragé par une amie de celui-ci initiée de haut grade, il tente une série d'évocations. Au cours de l'une d'elles, le fantôme d'Apollonius de Tyane lui apparaît en lui indiquant l'endroit de Londres où il pourrait trouver son Nyctemeron (cf. le récit du séjour dans Dogme et rituel de la haute magie, pages 132 à 135). Pourtant Éliphas Lévi demeurera toujours opposé aux expériences de magie. Quand plus tard il eut quelques disciples, il leur fit promettre de ne jamais tenter la plus petite expérience et de ne s'occuper que de la partie spéculative de la philosophie occulte.

Mle Eugénie Chenevier était à Londres depuis quelques années, où elle gagnait péniblement de quoi élever son enfant. A. Constant lui écrivit pour lui demander son pardon et il l'obtint. Pendant ce temps à Paris, son ami Adolphe Desbarolles prend avec l'ex-Mme Constant les arrangements nécessaires et fait déménager les affaires personnelles du Maître.

Revenu en France en août 1854, Eliphas loge quelque temps dans l'atelier de peintre de son ami Desbarolles, puis habite une modeste chambre d'étudiant au 1er étage du nº 120 boulevard du Montparnasse, où il achève Dogme et rituel de la haute magie, qui paraît de 1854 à 1856. Alors commence le succès, mais non la fortune.

En 1855, il fonde avec Fauvety et Lemonnier la Revue philosophique et religieuse qui paraîtra pendant trois ans et dans laquelle il écrit de nombreux articles sur la Qabbale. Délaissant un peu la philosophie occulte, il se remet à composer des chansons. L'une d'elle, dans laquelle il compare Napoléon III à Caligula lui vaut une nouvelle fois la prison. Mais quelques jours après son incarcération il écrit une autre chanson où il explique satiriquement que les juges ont commis une méprise, qu'il n'a jamais comparé personne à Caligula, et la fait porter à l'empereur qui lui pardonne. D'avril à juin 1856 il publie des chansons dans le Mousquetaire d'Alexandre Dumas grâce à Desbarolles.

Le 3 janvier 1857, un événement sanglant plonge Paris dans la stupeur. L'archevêque de Paris, Monseigneur Sibour, est assassiné par un prêtre interdit, Louis Verger, alors qu'il inaugurait la neuvaine de Sainte Geneviève à Saint-Étienne-du-Mont. Les deux nuits précédentes, Eliphas avait fait (selon ses dires) un rêve prémonitoire qui se terminait pas les paroles : « viens voir ton père qui va mourir ! ». Son père étant mort depuis longtemps, il n'en comprit pas immédiatement le sens. Le 3 janvier vers quatre heures de l'après-midi, Eliphas se trouvait parmi les pèlerins qui assistaient à l'office au cours duquel l'archevêque devait succomber. Mais ce n'est qu'en lisant plus tard la description de l'assassin dans les journaux, qu'il se souvint d'un prêtre pâle rencontré avec Desbarolles un an auparavant chez Mme A. et qui cherchait le grimoire d'Honorius. Cet épisode est relaté en détail dans la Clef des grands mystères (1861), pages 139 à 151.

Après trois années passées boulevard du Montparnasse, il va loger au nº 19 avenue du Maine vers juin 1857. Cette chambre ensoleillée, qu'il décore en mettant à profit ses talents d'artiste, verra les sept meilleures années de sa vie.

 1859-1874 : Publications significatives, fin de vie
En 1859, la publication de l'Histoire de la magie lui rapporte 1 000 francs, ce qui est une somme pour l'époque, et le consacre en attirant à lui la plupart des ésotérisants français (notamment Henri Delaage, Luc Desages, Paul Auguez, Jean-Marie Ragon, Henri Favre, et le Dr. Fernand Rozier, que l'on retrouvera plus tard aux côtés de Papus). Il connut aussi le cartomancien Edmond et le magnétiseur Cahagnet.

Sollicité par ses amis Fauvety et Caubet, il se fait recevoir maçon. Initié le 14 mars 1861 dans la loge la Rose du parfait silence, dont Caubet était le Vénérable, il déclare dans son discours de réception :

« Je viens apporter au milieu de vous les traditions perdues, la connaissance exacte de vos signes et de vos emblèmes, et par suite, vous montrer le but pour lequel votre association a été constituée...Car la rose et la croix m'ont tout donné »
— (Caubet, Souvenirs, Paris, 1893)

La cérémonie eut lieu en présence d'un grand nombre de frères à qui il tenta d'expliquer que le symbolisme maçonnique est emprunté à la Rose-Croix et la Kabbale. Mais ce fut peine perdue, on ne l'écouta pas.

Entre temps, Mle Eugénie Chenevier et son fils étant revenus à Paris, Eliphas fait savoir qu'il désire s'occuper de l'enfant. La mère cède à ce désir, mais une brouille survient en 1867 pour des questions d'argent et il ne reverra plus ni la mère, ni le fils jusqu'à sa mort. En 1861, il publie la Clef des grands mystères, dernier volet de la trilogie commencée avec Histoire de la magie et Dogme et rituel de la haute magie.

Le Maître travaille beaucoup, initiant à l'occultisme des érudits appartenant à la plus haute aristocratie, et même l'évêque d'Évreux, Mgr Devoucoux, à qui il donne de leçons de Qabbale. Grâce à l'argent perçu en rémunération de ses leçons, il vit dans un relatif confort matériel, enrichissant sans cesse sa bibliothèque. Avec le comte Alexandre Branicki, hermétiste, il réussit quelques expériences probantes du Grand Œuvre dans un laboratoire installé au château de Beauregard, à Villeneuve-Saint-Georges. Ce château appartenait à la veuve d'Honoré de Balzac et Eliphas devint bientôt l'ami du beau-fils de Madame de Balzac, le comte Georges Mniszech. Le château, saccagé par les Prussiens en 1870, est aujourd'hui la mairie de Villeneuve-Saint-Georges.

En mai 1861, il retourne à Londres, accompagné du comte Alexandre Branicki, passer quelques mois auprès de Bulwer-Lytton, arrivé cette année-là à la tête de la Rosicrucian Society of England. Au cours de ce deuxième séjour, Eliphas Lévi rend plusieurs fois visite à Eugène Vintras, qui lui avait envoyé deux de ses disciples pour l'inviter des années auparavant. Il le considère non pas comme un prophète, mais comme un médium singulier, un intéressant sujet d'études, et lui achète même son livre l'Évangile éternel.

En juillet 1861, le baron italien N-J Spedalieri avait acheté chez un libraire de Marseille le Dogme et rituel de la haute magie et décidait de prendre contact avec l'auteur. S'ensuivit une correspondance de plus de 1 000 lettres qui dura du 24 octobre 1861 au 14 février 1874. C'est un cours de Qabbale unique, précis, rempli de figures explicatives et d'anecdotes. Spedalieri fut l'un des plus importants mécènes du professeur de sciences occultes.

Rentré à Paris, Eliphas Lévi publie le Sorcier de Meudon, dédié à Mme de Balzac. Depuis son retour de Londres, il assiste régulièrement aux réunions maçonniques de la loge Rose du parfait silence. Le 21 août 1861, on lui confère le grade de Maître. À la suite d'un long discours sur les Mystères de l'initiation qu'il prononça le mois suivant, un Frère, le professeur Ganeval, ayant voulu présenter quelques observations sur ce qui venait d'être dit, se heurta aux protestations d'Eliphas, qui se retira et ne reparut plus en loge. Les tentatives de Caubet pour le faire revenir sur sa décision le lendemain furent infructueuses. La loge Rose du parfait silence sera mise en sommeil en 1885, mais n'y cherchons peut-être pas, comme Oswald Wirth, une relation de cause à effet.

« J'ai cessé d'être Franc-Maçon parce que les Francs-Maçons, excommuniés par le Pape, ne croyaient plus devoir tolérer le catholicisme. »
— (le Livre des sages)

Le 29 août 1862 paraît Fables et symboles, ouvrage dans lequel Eliphas Lévi analyse les symboles de Pythagore, des Évangiles apocryphes, du Talmud...etc. Quelques fois il fréquente incognito les réunions spirites pour se documenter. Pierre Christian, auteur de l'étrange roman l'Homme rouge des Tuileries, fut le voisin et l'ami d'Eliphas et profita de ses entretiens et de ses leçons toutes bénévoles. En 1863 meurt Louis Lucas, chimiste initié aux secrets d'Hermès, disciple de Wronski et ami d'Eliphas.


Portrait de 1872Le 15 mai 1864, Eliphas déménage dans un trois pièces au 2e étage du nº 155 rue de Sèvres, sa dernière demeure. En 1865 paraît la Science des esprits, recueil d'essais traitant à nouveau du symbolisme des Évangiles apocryphes, du Talmud, etc.(absolument rien à voir avec le spiritisme). À l'été 1865, l'éditeur Larousse lui demande d'écrire quelques articles de Qabbale pour son Grand Dictionnaire. Il travaille en même temps à un ouvrage superbe, mais d'une valeur historique contestable, le Livre des splendeurs, qui traite surtout de la Qabbale du Zohar et qui ne paraîtra qu'après sa mort. À cette époque il commence à ressentir souvent des douleurs névralgiques à la tête, qui le font beaucoup souffrir. Durant le siège de Paris en 1870, sa vie fut des plus pénibles car les communications avec la province étant coupées, il ne pouvait plus recevoir de subsides de la part de ses élèves. La dureté de son service comme Garde National révèle une maladie de cœur. Une fois la Commune terminée, le Maître totalement dénué de ressources une fois de plus, trouve chez une de ses élèves, Mme Mary Gebhard, qui habitait Elberfeld en Allemagne, une longue et chaude hospitalité. Les événements lui inspirent quelques pensées qu'il réunit sous le titre les Portes de l'avenir.

A son retour d'Allemagne, il apprend la mort de la baronne Spedalieri. La mort de sa femme affecte tellement le baron qu'il se croit devenu matérialiste et athée et finit par se détourner du Maître. En décembre 1871, Eliphas Lévi termine un autre manuscrit : le Grimoire franco-latomorum, consacré à l'explication des rites de la Franc-Maçonnerie. À l'automne 1872, son ex-femme, écrivain et sculpteur désormais reconnue, se marie avec le député de Marseille, Maurice Rouvier, qui deviendra ministre du commerce. Sa santé continue de se détériorer. À cause d'une maladie de cœur il est sujet à des évanouissements au cours desquels il dit avoir des visions extatiques. Pendant l'année 1873, il achève le manuscrit de l'Évangile de la science.

En novembre 1873, Judith Mendès, fille de Théophile Gautier, avait eu besoin pour un de ses romans orientaux, de renseignements sur la Kabbale chaldéenne. La renommée l'avait conduite tout droit chez Eliphas Lévi, qui invité un jour chez son père, avait prédit à la jeune fille ses succès de jeune femme en lisant dans sa main. Son mari Catulle Mendès présenta Eliphas à l'écrivain Victor Hugo, qui paraît-il connaissait les ouvrages du Qabbaliste et les avait même appréciés.


L'année 1874 fut très douloureuse à passer : une bronchite assez grave, des étouffements, et une fièvre persistante ne lui laissèrent presque aucun repos. Ses jambes s'enflèrent peu à peu et une sorte d'éléphantiasis se déclara bientôt. En janvier 1875, le Maître achève son dernier manuscrit : le Catéchisme de la paix. Le 31 mai 1875, il s'éteint au nº 155 rue de Sèvres, à l'âge de 65 ans. On l'inhuma au cimetière d'Ivry, une simple croix de bois marquant l'emplacement de sa tombe. En 1881, son corps fut exhumé et ses restes placés dans la fosse commune.

 Œoeuvres
 
Éliphas Lévi en 1836 Œuvres d'Alphonse-Louis Constant

1832 : Nemrod (paru dans le Dictionnaire de littérature chrétienne)
1839 : le Rosier de mai ou la Guirlande de Marie
1841 : la Bible de la liberté
1841 : l'Assomption de la femme ou le Livre de l'amour
1841 : Doctrines religieuses et sociales
1844 : la Mère de Dieu, épopée religieuse et humanitaire
1845 : la Fête-Dieu ou le Triomphe de la paix religieuse
1845 : Paix ! Paix ! Réprimande adressée par un abbé et un théologien à Timon qui n'est ni l'un ni l'autre
1845 : le Livre des larmes ou le Christ consolateur, Essai de conciliation entre l'Église catholique et la philosophie moderne
1845 : les Trois Harmonies
1846 : la Dernière Incarnation
1846 : la Voix de la famine
1847 : le Deuil de la Pologne. Protestation de la Démocratie française et du Socialisme universel
1847 : Rabelais à la Basmette
1847 : les Trois Malfaiteurs
1847 : le Sorcier de la Devinière
1848 : la Marseillaise du peuple (chanson)
1848 : le Règne du peuple (chanson)
1848 : le Testament de la liberté
1851 : Dictionnaire de la littérature chrétienne
 Œuvres signées sous le pseudonyme d'Éliphas Lévi [modifier]
1854 : Dogme et rituel de la haute magie Dogme (tome 1 de 2)
1859 : Histoire de la magie
1859 : la Clef des grands mystères suivant Hénoch, Abraham, Hermès Trismégiste et Salomon [1]
1861 : le Sorcier de Meudon
1862 : Fables et symboles avec leur explication
1863 : Appel de la Pologne à la France par un Polonais
1865 : la Science des esprits
 Ouvrages posthumes [modifier]
Dans cette section, la date indiquée est la date de rédaction et non celle de parution.

1854 : la Clavicule universelle des clavicules de Salomon ou le Grimoire des Grimoires
1856 : Carnet de notes d'Éliphas Lévi
1860 : la Clavicule prophétique des sept esprits de Jean Trithème
1861 : les Mystères de la Kabbale ou l'Harmonie occulte des deux testaments
1861 : Cours de philosophie occulte. Lettres au baron Spedalieri
1868 - 1869 : le Grand Arcane ou l'Occultisme dévoilé
1869 - 1870 : le Livre des splendeurs
1869 - 1870 : le Livre des sages
1870 : les Éléments de la Kabbale
1871 : les Portes de l'avenir ou les Dernières Paroles d'un voyant
1871 : le Grimoire franco-latomorum
1872 - 1874 : le Voile du temple déchiré
1873 : l'Évangile de la science
1873 : la Religion de la science
1873 : les Paradoxes de la haute science
1874 : la Sagesse des Anciens
1874 : le Livre d'Abraham le Juif retrouvé
1875 : le Catéchisme de la paix suivi de Quatrains de la Bible et de la Bible de la liberté
date non connue : Le Livre d'Hermès restitué et expliqué par Éliphas Lévi et commenté par Éliphas Ben Zahed, avec quarante-sept figures in texte et un album cartonné contenant les soixante-dix-huit lames du Tarot
date non connue : l'Annexe de Salomon

mercredi 14 octobre 2009, a 10:02
Jean Baptiste Willermoz
 

Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824) fut un franc-maçon français qui joua un rôle important dans la constitution des systèmes de hauts grades maçonniques de son temps en France et en Allemagne.

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Jean-Baptiste Willermoz est né le 10 juillet 1730 à Lyon (Rhône). Aîné de 12 enfants, il vécut principalement à Lyon. Frère de Pierre-Jacques Willermoz, médecin et chimiste collabora également à l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert.

Grand bourgeois, fabricant d'étoffes de soie et d'argent rue des Quatre-Chapeaux, administrateur bénévole d'oeuvres de bienfaisance, il joua un rôle important dans la franc-maçonnerie européenne de son temps, où il fut initié à l'âge de 20 ans et devint Vénérable à 22 ans.[1]

Mystique, passionné des mystères secrets de l'initiation, il contribua à la création de la Grande Loge des Maîtres Réguliers de Lyon et en devint le Grand Maître en 1762. Cette Grande Loge pratiquait les sept hauts grades de l'époque et y ajoutait un huitième dénommé « Grand Maître Écossais, Chevalier de l'Épée et de Rose-Croix ». Willermoz fonda dans ce cadre en 1763 en compagnie de son frère Pierre-Jacques un atelier nommé « Souverain Chapitre des Chevaliers de l'Aigle Noir Rose-Croix » qui s'intéressait à la recherche alchimique[1].

Il fut admis aux premiers grades de l'ordre des Élus Coëns à Versailles en 1767 sur la recommandation de Bacon de la Chevalerie et du marquis de Lusignan. Après la mort de Martines de Pasqually en septembre 1774, il engage avec Louis-Claude de Saint-Martin un examen complet de la doctrine des élus coëns, sous la forme de Leçons, dites "Leçons de Lyon" qui se dérouleront du 7 janvier 1774 au 23 octobre 1776. Il précisera dans une lettre de 1780 au Prince de Hesse qu'il fut reçu au grade de Réau-Croix dans l'Ordre de Martinès de Pasqually [1].

Dans les années 1770, il entre en contact avec le baron de Hund et l'ordre allemand de la Stricte observance templière (S.O.T.) dont il devient membre sous le nom de Eques ab Eremo et chancelier du chapitre de Lyon. C'est sous son impulsion que se réunira le « Convent des Gaules », à Lyon, en 1778 qui reconnaîtra les grades de Profès et Grands Profès et constituera l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (C.B.C.S.)[1].

En 1782, Willermoz écrit qu'il distingue trois sortes de maçons alchimistes:

Ceux qui pensent que le but de la maçonnerie est la fabrication de la Pierre philosophale.
Ceux qui recherchent la Panacée.
Ceux qui recherchent la Science du Grand Œuvre, par lequel l'homme retrouverait la sagesse et les pratiques du christianisme primitif (courant dans lequel in s'inscrivait)[1].
Suite à des dissensions au sein de la S.O.T., Willermoz organise en juillet 1782 le convent de Wilhelmsbad auquel assisteront 33 délégués européens et qui voit la création du Rite écossais rectifié. Il y défendra, alors qu'auparavant Joseph de Maistre lui avait fait parvenir son célèbre Mémoire au duc de Brunswick, le courant du Martinésisme mais ne sera pas suivi dans cette démarche par les autres délégués[1].

Très réservé au sujet de comte de Cagliostro , dont il jugea, suite à plusieurs entretiens, le christianisme peu "orthodoxe" à ses yeux, il invita les membres de la Bienfaisance à ne point accorder leur confiance au fondateur en 1785 à Paris, de la première loge mère du rite égyptien, dont le nom était la "Sagesse Triomphante". [2]

Inquiété puis recherché pendant la Révolution, il se cacha dans l'Ain, dans une maison appartenant à son frère Pierre-Jacques, emportant avec lui ses importantes archives maçonniques[1].

Nommé conseiller général du département du Rhône par le Premier Consul le 1er juin 1800, il le restera pendant 15 ans. Il reprend ses activités maçonniques à l'occasion de la reprise des activités des C.B.C.S. en 1804, jusqu'à sa mort à l'âge de 94 ans, le 29 mai 1824[1].

 

mercredi 14 octobre 2009, a 09:53
Louis Claude de Saint Martin
 

Louis-Claude de Saint-Martin

 

 

 

 

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Louis-Claude de Saint-Martin, dit le Philosophe InconnuLouis-Claude de Saint-Martin, dit Le Philosophe Inconnu. Né le 18 janvier 1743 à Amboise, mort à Aulnay (près de Sceaux) le 13 octobre 1803[1].

 

                                      Le flambeau de l'Illuminisme


Le nom de Louis-Claude de Saint-Martin est à rattacher dans l'Histoire des idées au courant illuministe, réaction à l'esprit matérialiste des philosophes encyclopédistes du XVIIIe siècle. L'illuminisme propose une lecture des textes chrétiens à la lumière du néo-platonisme et des sciences occultes, mettant l'accent sur l'intériorité de la quête mystique, et rejetant les formalités scolastiques. À peu près à la même époque que Saint-Martin, l'Allemand D'Eckartshausen écrit un certain nombre d'ouvrages, parmi lesquels La nuée sur le sanctuaire, qu'Eliphas Lévi recommandera plus tard à son élève, le baron de Spedialieri. L'extatique suédois Emmanuel Swedenborg se rattache aussi à l'illuminisme mais la lecture de la plupart de ses ouvrages est réputée difficile.

La descendance de l'illuminisme sera nombreuse et féconde : le romantisme et le symbolisme y puiseront leur conception du monde comme universelle analogie. Balzac, entre beaucoup d'autres, fut profondémént influencé par la pensée illuministe : on s'en apercevra aisément en lisant Louis Lambert, La recherche de l'absolu, ou Le lys dans la vallée.

 Biographie du « philosophe inconnu »
Louis-Claude de Saint-Martin naquit à Amboise (Indre-et-Loire) le 18 janvier 1743, dans une famille de petite noblesse. Dès l'enfance, l'éducation que lui prodigue une belle-mère éclairée favorise chez lui l'épanouissement de nobles sentiments et d'une grande sensibilité d'âme. Après des études de droit, il devient avocat, conformément au désir de ses parents. Mais la profession ne lui plait guère, et grâce à l'appui d'un ami influent, il obtient en 1765 (à 22 ans) un brevet de sous-lieutenant au régiment de Foix alors stationné à Bordeaux. La carrière militaire devait à cette époque laisser beaucoup de loisirs, car Louis-Claude de Saint-Martin avait pour but en la choisissant de se ménager davantage de temps pour poursuivre ses études ésotériques ! Fabre d'Olivet aura plus tard la même idée.

Par l'entremise d'un de ses amis du cercle des officiers, le capitaine de Grainville, Saint-Martin est admis dès 1765 dans l'Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l'Univers, fondé quelques années plus tôt par le théosophe thaumaturge J. Martinès de Pasqually, dont la doctrine se présente comme la clef de toute théosophie judéo-chrétienne, étant directement reliée aux enseignements secrets d'Égypte, de Grèce et d'Orient. L'enseignement et les rites cohens lui fournissent l'essentiel des thèmes philosophiques qu'il ne cessa de développer dans toutes ses œuvres. Il quitte l'armée en 1771 pour se consacrer à sa vocation et fut le secrétaire de Martinès de Pasqually pendant plusieurs mois.

En 1773 et 1774, il demeure à Lyon chez Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824). Cet autre disciple de Martinès de Pasqually créa en 1778 le Rite Ecossais Rectifié (RER), pratiqué de nos jours par de nombreux maçons, et dans lequel il allait faire passer l'essentiel de la théosophie martinésiste. Au cours de ce séjour chez Willermoz, Saint-Martin rédigea son premier ouvrage, Des erreurs et de la vérité, ou les Hommes rappelés aux principes de la science. Quand parut ce livre, en 1775, l'auteur se trouvait à Paris et devint déjà le « Philosophe inconnu » qu'il allait rester pour la postérité. Le Tableau naturel des rapports qui unissent Dieu, l'Homme et l'univers (1782) reprend et prolonge les enseignements des Erreurs... Dès cette époque, Saint-Martin se détache des voies actives de la magie pour s'orienter dans une direction de plus en plus « intérieure » : le Réparateur a, selon lui, montré la voie d'un contact direct avec le divin, par la prière. Saint-Martin se défie même finalement de la franc-maçonnerie, malgré une appartenance de courte durée au rite rectifié de Willermoz. Son séjour à Strasbourg (1788-1791) peut être considéré comme un événement historique : il y rencontre en effet Mme de Böcklin qui lui révèle la philosophie de Jacob Boehme dont il traduira cinq ouvrages.

Dans la Révolution française, Saint-Martin voit un châtiment provisoire envoyé par la Providence, dû à la décadence des trônes et des autels, et n'hésite pas à aller monter la garde devant le Temple, devenu alors prison de la famille royale. Louis Blanc, dans son Histoire de la Révolution, lui a même attribué la fameuse devise de la République française : Liberté, Égalité, Fraternité[2].

Après L'Homme de désir (1790), puis Le Nouvel Homme et Ecce homo (destiné à instruire la duchesse de Bourbon), parus en 1792, il écrit principalement sous l'influence de Boehme, dont il concilie l'enseignement avec celui de son « premier maître » Martinès de Pasqually. En même temps débute sa correspondance théosophique avec le Bernois Niklaus Anton Kirchberger (1739-1799). Puis il écrit d'autres ouvrages, dont Le Ministère de l'homme-esprit (1802) est sans doute le plus élaboré et celui qui concilie le mieux les enseignements de Boehme avec ceux de Martinès de Pasqually. En même temps, il rédige des traductions des livres de Boehme et les publie. Il rencontre Chateaubriand à la Vallée-aux-Loups, en janvier 1803, et s'éteint le 13 octobre à Aulnay, près de Sceaux (Seine), chez le sénateur Lenoir-Laroche.

 Sa Théosophie
L'œuvre entière de Saint-Martin montre sa fidélité aux enseignements de J. Martinès de Pasqually : il n'a jamais nié la valeur ni l'efficacité de la théurgie cohen, mais a estimé n'avoir plus besoin de celle-ci une fois qu'il crut en avoir tiré assez d'avantages spirituels. Si la philosophie saint-martinienne se rattache étroitement aux systèmes de Boehme à qui il emprunte le thème de la Sophia et de Pasqually qui lui donne l'armature de sa gnose, elle ne doit pratiquement rien à Swedenborg. Pour Saint-Martin comme pour ses maîtres, Dieu, avant le temps, produisit par émanation des êtres spirituels. Une partie de ces anges tomba dans le péché d'insubordination. Alors Dieu créa un univers pour circonscrire le mal ainsi introduit et pour servir de prison aux anges déchus. En même temps, il émana l'Homme primordial, l'Adam Qadmon, androgyne au corps glorieux, vice-roi de l'univers, pour servir de geôlier à ces démons, les amener à résipiscence :

Dieu dit : Faisons l'Homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre.

Dieu créa l'Homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, mâle et femelle il le créa. (Gen I, 26-27)

Mais l'Homme, induit en tentation par eux, fut précipité à son tour dans cet univers en dehors duquel il aurait dû demeurer. En pénétrant à l'intérieur, il en rompit l'harmonie, devint homme et femme séparément, mortel, sujet à la peine, aux maladies :

Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort. (Gen III, 3)

Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. (Gen III, 5)

Il est donc un ange déchu qui non seulement se souvient des cieux, mais doit retrouver sa grandeur passée et son pouvoir de commander à tous les esprits, bons ou mauvais. Les anges demeurés dans l'obéissance peuvent aider l'Homme si celui-ci se met en hamonie avec eux . La prière, même dépourvue de cérémonies, est la méthode la plus efficace : Saint-Martin déconseille vivement les pratiques théurgiques. Eliphas Lévi raconte à ce propos qu'un disciple de Martinès de Pasqually, s'étant livré à des opérations alors qu'il avait contracté une souillure, y aurait certainement laissé la vie sans l'intervention du maître. Pour Saint-Martin, il y a un ange attaché à la vie de chaque homme, qui a délibérément choisi l'exil pour aider à sa réintégration. Cet ange souffre lorsque nous nous éloignons de Dieu, car nous l'en éloignons en même temps : il ne perçoit la lumière divine qu'à travers notre cœur.

Saint-Martin décrit longuement les conséquences de la Chute, dont il tire l'essentiel de sa cosmologie, et indique les voies par lesquelles l'Homme pourrait se régénérer lui-même en entraînant la nature dans une gigantesque Réintégration. Jamais il ne craint de trop exalter le rôle de l'Homme dans l'économie divine. Saint-Martin souligne les liens profonds de celui-là avec le Créateur, insiste sur ce qu'il y a de meilleur en lui : l'admiration, l'amour, la solidité des rapports humains, la valeur inestimable du grain de sénevé qui demeure enfoui dans le cœur de chacun mais qui peut nous porter jusqu'aux cieux, transfigurer la nature même, rendre à l'Homme sa splendeur passée. Car c'est toujours de l'Homme que part le Philosophe inconnu, pour qui il faut expliquer les choses par l'Homme, et non pas l'Homme par les choses. Toute étude sérieuse sur la «Philosophie de la Nature» à cette époque – au sens romantique du terme – devrait commencer par un examen attentif de son œuvre, particulièrement de L'Esprit des choses (1800).

Si Saint-Martin a tendance à se détacher du monde, il échappe toujours à la mystique pure, dans la mesure où il reste un insatiable observateur de la nature; il intègre chaque notation concrète dans un système théosophique à la fois cosmogonique, cosmologique et eschatologique où chaque donnée est toujours saisie dans un ensemble des ensembles, secret de la démarche analogique ou de la doctrine des correspondances.

 Sa christologie
Contrairement à la gnose de Pasqually qui se fonde sur une conception plus judaïque du monothéïsme, Saint-Martin recentre la problématque du salut gnostique sur l'intersession du Christ et le rôle salvateur de la Sophia. Selon Saint-Martin, la sagesse humaine doit s'efforcer, pour atteindre la rédemption, d'imiter la sagesse divine qui l'inspire. C'est par le Christ que cette imitation devient possible, accessible. Tout homme est donc un Christ en puissance et à des degrés divers. Mais la christologie gnostique de Saint-Martin est dynamique au point de risquer le blasphème : « Chaque homme depuis la venue du Christ, peut, dans le don qui lui est propre aller plus loin que le Christ. J'ose dire que dans le genre qui m'est propre, celui du développement de l'intelligence, j'ai été plus loin que le Christ ». Cette gnose introduit donc la notion de progrès gnostique, d'èvolution spirituelle qui s'épanouiront au XIXe et XXe siècles. Si elle conçoit le Christ comme la référence, l'axe de réalisation essentielle de la vie humaine et de ses aptitudes, elle ne le conçoit plus comme une borne ou un horizon insurpassable. Après le Christ, l'évolution spirituelle des hommes se poursuit et le Christ nous montre des chemins que lui-même n'a pas toujours emprunté. Pour Saint-Martin, le désir sublimé qui est désir de Dieu, l'Eros divin est le vecteur qui rend possible ce dynamisme spirituel et l'entretien. La sophiologie de Saint-Martin qui rhéabilite la force du désir et sa productivité créatrice l'éloigne des doctrines du renonçement au monde et donne à cette gnose une vitalité et des couleurs que les gnoses plus traditionnelles ignoraient le plus souvent.

 Notes et références
↑ Cet article emprunte largement au site http://www.la-rose-bleue.org [archive]. D'autres portraits de Louis-Claude de Saint-Martin sont visibles à l'adresse http://www.la-rose-bleue.org/Biographies/Saint-Martin.html [archive]
 
 

mercredi 14 octobre 2009, a 09:46
Papus
 

                    

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Gérard Encausse dit "Papus"


Né le 13 juil. 1865, en Espagne, à La Corogne, d'un père français et d'une mère espagnole, Gérard Encausse passa toute sa jeunesse à Paris, où il fut reçu docteur en médecine (juil. 1894). Avant même de terminer ses études, dès 1886 environ, il se donna pour tâche de lutter contre le scientisme de l'époque en répandant une doctrine nourrie aux sources de l'ésotérisme occidental d'alors : le chimiste Louis Lucas, le mathématicien Wronski, l'alchimiste Cyliani, le pythagoricien Lacuria, le magnétiseur Hector Durville, Antoine Fabre d'Olivet, Alexandre Saint-Yves d'Alveydre. Encausse, qui se fit appeler Papus d'après le nom d'un esprit du Nuctaméron, attribué à Apollonius de Tyane, fut un chef de file incontesté. Il se défendait d'être un thaumaturge ou un inspiré et se présentait comme un savant, un expérimentateur. Par ailleurs, la pensée de Louis-Claude de Saint-Martin a laissé sur lui une trace profonde à partir de 1889 environ, peu après sa rupture (1890) avec la Société Théosophique de Mme Blavatsky.

Il s'affilia à de nombreuses organisations initiatiques, dont : le martinisme de Henri Delaage (1882), l'Hermetic Brotherhood of Luxor de Max Théon (en 1885 ?), la Société Théosophique de Helena Blavatsky (en 1887), l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix de Péladan et Guaita (en 1888), l'Eglise gnostique de Jules Doinel (en 1892), l'Hermetic Order of the Golden Dawn (en 1895), la franc-maçonnerie (vers 1900), le Rite Swedenborgien (1901), le Rite de Memphis-Misraïm (1908), etc.

L'Ordre Martiniste, créé par Papus et par Augustin Chaboseau en 1891, doit son nom au souvenir de Louis-Claude de Saint-Martin et peut-être à celui de J. Martinès de Pasqually. Dans sa revue officielle, L'Initiation, fondée par Papus en 1888, on relevait les noms de Stanislas de Guaita, Péladan, Charles Barlet, Matgioi, Marc Haven, Paul Sédir, Albert de Rochas, Lucien Chamuel. Mais, du moins pendant longtemps, les noms de Martines de Pasqually, Saint-Martin, ou Willermoz y sont beaucoup moins cités que ceux de Fabre d'Olivet et d'Eliphas Lévi. Les premiers martinistes de renom furent Paul Adam, Maurice Barrès, Stanislas de Guaita, Victor-Émile Michelet et Péladan.

D'autre part il se constitua un groupe organisant des cours et des conférences visant à faire découvrir aux chercheurs les valeurs de l'ésotérisme occidental. Il devint bientôt le cercle extérieur de l'Ordre Martiniste, sous le nom de Faculté Libre des Sciences Hermétiques (mars 1897). Les cours étaient nombreux (une douzaine par mois environ), et les sujets étudiés allaient de la Kabbale à l'Alchimie et au Tarot, en passant par l'histoire de la philosophie hermétique. Papus, Sédir, Victor-Emile Michelet, et A. Chaboseau, entre autres, jouaient les professeurs. La section Alchimie, dirigée par François Jollivet-Castelot, est à l'origine de la Société Alchimique de France.

Ce vaste mouvement hermétique, dont Papus était l'une des âmes agissantes, est sans nul doute inséparable de la littérature symboliste de cette époque, bien qu'il fût lui-même naturellement beaucoup plus orienté vers les mystères de l'occultisme que vers les recherches esthétiques de Mallarmé ou de Villiers de l'Isle-Adam. De leur côté, les symbolistes ne trouvaient guère dans le renouveau ésotérique que des thèmes d'inspiration. Le martinisme, d'ailleurs, n'apparaît à cette époque que comme l'une des nombreuses manifestations de ce renouveau.

Papus eut une production littéraire impressionnante, qui lui valut le surnom de « Balzac » de l'occultisme. D'aucuns lui reprochent cependant d'avoir manqué de rigueur dans ses travaux sur la Qabbale. Par ses talents de vulgarisateur, il contribua à ouvrir les esprits de son temps aux sources vives de la pensée analogique et de l'imagination créatrice, poursuivant en cela le travail qu'Eliphas Lévi avait entrepris (Les Disciples de la science occulte : Fabre d'Olivet et Saint-Yves d'Alveydre, Paris, 1888 ; Traité élémentaire d'occultisme, Paris, 1888 ; Traité méthodique de sciences occultes, Paris, 1891, etc.)


Papus dans une loge martiniste de la Belle époque.En automne de 1905, Nicolas II, aux prises avec les troubles sociaux, l'appela à Tsarskoïe Selo pour lui demander conseil. Papus évoqua alors, au cours d'une opération magique, l'esprit d'Alexandre III, qui préconisa la répression et annonça une révolution de grande envergure. Papus affirma au tsar que cette révolution n'éclaterait pas tant que lui-même serait vivant. Le Maître Philippe de Lyon, véritable guide de Papus, jouit, lui aussi d'une grande autorité morale auprès du tsar, à qui il avait prédit la naissance du successeur au trône, mais la venue de Raspoutine l'évinça. Les visites de Papus à Nicolas II, séjours auréolés de mystère, ne sont qu'épisodes parmi d'autres dans cette vie étrange mais féconde.

L'Ordre Martiniste, qui recruta vite des membres dans de nombreux pays, connaîtra des périodes de sommeil causées par les guerres, mais il est de nouveau en activité depuis 1952, grâce à l'action de Philippe Encausse, le fils de Papus.

Pierre-Augustin Chaboseau, avec l'aide de Victor-Emile Michelet, crée l'Ordre Martiniste Traditionnel en 1931. Ses membres sont répartis en trois degrés et travaillent dans des heptades (en maçonnerie, on dirait des grades et des loges). Le degré le plus élevé est celui de S.I. (Supérieur ou Serviteur Inconnu). Les femmes y sont admises aussi bien que les hommes.

Papus est mort le 25 octobre 1916, à Paris. Pierre Piobb fut accusé à tort d'en être responsable. Papus a laissé 160 ouvrages, almanachs, revues et articles.

Cette biographie s'inspire largement de celle (sous copyleft) que l'on peut trouver sur le site http://www.la-rose-bleue.org. D'autres photos de Papus et de son entourage sont visibles à l'adresse : http://www.la-rose-bleue.org/Biographies/Papus.html

 Papus vu par ses contemporains
« Chez les anciens mystagogues, Papus est le nom du Génie de la Science et de la Guérison. Le bon Gérard Encausse, officier de santé, s'était affublé de ce nom sans le trouver ridicule. Carré d'épaules, trapu, presque bedonnant avant la trentaine, avec des traits à la fois poupins et sévères, les cheveux noirs, la barbe taillée en carré, il faisait craquer aux entournures sa redingote, qu'il portait toujours, et qu'on sentait trop étroite pour ses membres épais. » (Michel de Lézinier, Avec Huysmans - Promenades et souvenirs, Paris, Delpeuch, 1928, p.167)

« Celui-là était le bœuf parmi ces évangélistes improvisés. Très travailleur, organisateur excellent, il creusa son sillon avec la charrue d'un encyclopédisme malheureusement trop hâtif. Il fabriqua des livres énormes de bric et de broc, avec des citations et des gravures cueillies un peu partout, amalgamant les textes, sans y apporter cette saveur perverse et personnelle qui du moins émane des pages de Guaita. (Jules Bois, Le Monde Invisible, Paris, Flammarion, s.d., p.30).

 Bibliographie
 Ouvrages de Papus
(par ordre chronologique)

L'occultisme contemporain, 1887 [1]
Traité élémentaire de science occulte, Paris, Carré, 1888 [2]
Le Tarot des Bohémiens, clef absolue des sciences occultes, Paris, Carré, 1889.
Traité méthodique de science occulte (1891), en 2 tomes, Paris, Editions Dangles, Paris [3]
La science des mages, 1892 [4]
Traité élémentaire de magie pratique, Paris, Chamuel, 1893. [5] Ed. revue et augmentée par Chacornac en 1924 sous le titre Traité méthodique de magie pratique
L'anatomie philosophique et ses divisions, Paris, Chamuel, 1894.
Comment est constitué l'être humain, 1900 [6]
Les Arts divinatoires, Paris, Chamuel, 1895. Ed. augmentée Dangles, 1947.
Traité synthétique de chiromancie (1896). Ed. revue : Comment on lit dans la main (1902)
Du traitement externe et psychique des maladies nerveuses,Paris,Chamuel,1897
Qu'est-ce que l'occultisme ?, Paris, Chamuel, 1900. Ed. augmentée Leymarie 1929.
ABC illustré d'occultisme (posthume), Paris, Dorbon, 1922.
La Cabbale, Tradition secrète de l'occident. Dixième Ed. augmentée Dangles, 1977.
Revue L'Initiation, 1888-1912.

Revue Le Voile d'Isis, 1890-1935.

mercredi 14 octobre 2009, a 09:40
Stanislas de Guaïta
 

Né en Lorraine, à Alteville dans un château proche de Tarquimpol – remarquez d'ailleurs la croix à sa cravate, Stanislas de Guaita était issu d'une famille noble d'origine lombarde (Italie), établie en Lorraine depuis 1800. Il possédait le titre de Marquis.

Dès le lycée à Nancy, vers 1880, il se lie d'amitié avec Maurice Barrès, qu'il fera adhérer plus tard au martinisme. La préface de l'une des éditions de Au seuil du mystère est d'ailleurs signée Maurice Barrès. L'Histoire ne dit pas si les deux hommes partageaient les mêmes convictions politiques : Barrès évolua en effet d'un esthétisme individualiste dont témoigne assez bien son "culte du Moi" à une mystique nationaliste et catholique de la Terre et des morts, centrée sur le patriotisme lorrain et républicain.

 

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C'est dans les écrits de Péladan que Stanislas de Guaita trouve sa première porte d'entrée dans l'univers de la Tradition. Par la suite la lecture de l'œuvre d'Eliphas Lévi, dont il se fera dès lors le commentateur et le thuriféraire, l'initie au mysticisme chrétien; Fabre d'Olivet l'oriente vers les grands mystères en général et vers la langue hébraïque; et Saint-Yves d'Alveydre le rallie à la cause synarchique. Papus, d'abord raillé par lui pour le choix de son pseudonyme, puis réhabilité, deviendra un grand ami.

À la lumière de toutes ces influences, Guaita prôna un spiritualisme exaltant la Tradition chrétienne, qui, grâce à la mise en place éventuelle de la synarchie – forme de gouvernement idéale –, devait conduire à l'avènement du royaume de Dieu. En 1888, dans le même esprit, il fonde avec Péladan l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, dont fit aussitôt partie Papus. Parmi les membres on relèvera des noms passés plus tard à la postérité comme Erik Satie et Claude Debussy ou encore le banquier des artistes, Olivier Dubs.

Satie semble avoir été le compositeur attitré de l'Ordre. On lui doit entre autres une Sonnerie des Rose-Croix qui devait accompagner le rituel. Peladan s'en sépara ensuite pour fonder un autre ordre : la Rose-Croix catholique, alléguant son refus de la magie opérative.

En 1893, l'ordre de Guaita fut attaqué par Huysmans, qui l'accusa d'envoûter à distance l'ex-abbé lyonnais Joseph-Antoine Boullan. Des duels s'ensuivirent ; Huysmans et Jules Bois s'opposèrent à Papus et à Guaita.

Stanislas est alors ce jeune poète dans le goût baudelairien à qui Mendès venait de révéler Eliphas Lévi, écrit Alain Mercier dans Les Sources ésotériques et occultes de la poésie symboliste, 1870-1914 (1969). Mais Mercier ajoute que Guaita poète (Les Oiseaux de passage, 1881; La Muse noire, 1883; Rosa mystica, 1885) « par son classicisme de forme et d'écriture, est plus proche des parnassiens que des symbolistes, si bien qu'il y eut en lui deux êtres distincts : l'hermétiste aristocrate et généreux d'une part, le poète tourmenté et inquiet d'artifices d'autre part ». Pour information, Rosa mystica est disponible à la Bibliothèque Universitaire de la faculté de Lettres de Nancy 2, en édition originale.

Intoxiqué par les stupéfiants, l'homme mourut prématurément, le 19 décembre 1897, à l'âge de 36 ans. Il fut inhumé au cimetière de Tarquimpol. Certains ont prétendu qu'il avait succombé à ce que l'on appellerait de nos jours une overdose, mais cette thèse est démentie par la famille. Il semblerait plutôt qu'il ait été emporté par de graves problèmes rénaux. Cependant, on ne peut exclure que l'écrivain, en proie à la souffrance, et sentant sa fin proche, ait pu avoir massivement recours à la cocaïne et peut-être à d'autre produits comme l'héroïne.

"La Coca, comme le Haschich, mais à d'autres titres, exerce sur le corps astral une action directe et puissante; son emploi coutumier dénoue, en l'homme, certains liens compressifs de sa nature hyperphysique, – liens dont la persistance est pour le plus grand nombre une garantie de salut. Si je parlais sans réticences sur ce point-là, je rencontrerais des incrédules, même parmi les occultistes. Je dois me borner à un conseil.– Vous qui tenez à votre vie, à votre raison, à la santé de votre âme, évitez comme la peste les injections hypodermiques de Cocaïne. Sans parler de l'habitude qui se crée fort vite (plus impérieuse encore, plus tenace et plus funeste cent fois que toute autre du même genre), un état particulier a pris naissance." (Le Serpent de la Genèse, première septaine, chap. V : L'arsenal du sorcier).

En collaboration avec son secrétaire et ami Oswald Wirth, il réalisa un Tarot qui est toujours édité à l'heure actuelle sous le nom de Tarot de Wirth.

 


 Stanislas de Guaita vu par ses contemporains [modifier]
« Il passait cinq mois de l'année dans un petit rez-de-chaussée de l'avenue Trudaine, où il ne recevait que quelques occultistes. Il demeurait parfois des semaines sans sortir. Il avait amassé là toute une bibliothèque étrange et précieuse; des textes latins du Moyen-Âge, des vieux grimoires chargés de pentacles, des parchemins enluminés de miniatures, les éditions les plus estimées de Van Helmont, Paracelse, Raymond Lulle, Saint-Martin, Martinez Pasqualis, Corneille Agrippa, Pierre de Lancre, Knorr de Rosenroth, des manuscrits d'Eliphas, des reliures signées Derome, Capé, Trautz-Bauzonnet, Chambolle-Duru, des ouvrages de science contemporaine. » (Maurice Barrès, Un rénovateur de l'occultisme: Stanislas de Guaita, Chamuel, 1898, p.146)

« Partant d'Eliphas Lévi, il était remonté aux Kabbalistes de la Renaissance et aux Philosophes hermétiques du Moyen Âge, lisant tout et comprenant tout avec une prodigieuse facilité. Les textes les plus obscurs s'éclairaient dès qu'il y projetait la clarté de son esprit solaire. Il se jouait des problèmes métaphysiques et j'étais loin de pouvoir le suivre... » (Oswald Wirth, Le Tarot des Imagiers du Moyen-Âge, Émile Nourry, Paris, 1927.)

« Il était fort riche, et s'était adonné aux sciences occultes sans savoir ni méthode. Il n'y voyait que le côté pittoresque à la Rembrandt, à la Téniers, à la Jordaëns. Vêtu d'une robe rouge, l'épée à la main, dans un décor que n'eût pas désavoué Breughel, il évoquait les phantasmes et dissolvait les larves. La vérité est que, saturé de morphine et d'alcool, il croyait réellement voir des animaux grimper le long de ses membres, et des spectres s'agiter obstinément sous ses yeux. » (Michel de Lézinier, Avec Huysmans - Promenades et souvenirs, Paris, Delpeuch, 1928)

 Bibliographie

 Wikisource propose un ou plusieurs textes écrits par Stanislas de Guaita.
 
 Œuvres de Stanislas de Guaita
Essais de sciences maudites  :

I. Au seuil du Mystère, Paris, Carré, 1886. [1]
II. Le serpent de la Genèse :
Première septaine, Le Temple de Satan, Paris, Carré, 1891. [2]
Deuxième septaine, La Clef de la Magie Noire, Paris, Carré, 1897. [3]
Troisième septaine, Le Problème du Mal (inachevé, en partie poursuivi brillamment par Oswald Wirth, et "achevé" de façon fort décevante par Marius Lepage), Éd. Guy Trédaniel.
Note : Les ouvrages de Stanislas de Guaita ne sont pas des grimoires de sorcellerie, contrairement à ce que leurs titres peuvent évoquer, mais, selon les termes mêmes de l'auteur, des Essais de sciences maudites, signifiant qu'il a l'ambition de porter un regard de nature quasi-scientifique sur les matières en question : « [Ce livre] prétend ne troubler la paix d'aucune conscience » (avant propos au Serpent de la Genèse).

Poésie :

La Muse noire, Paris, Alphonse Lemerre, 1883.
Oiseaux de passage : rimes fantastiques, rimes d'ébène, Paris, Berger-Levrault, 1881

mercredi 14 octobre 2009, a 09:29
Ostwald Wirth
 

Joseph Paul Oswald Wirth est né le 5 août 1860, vers 9 heures du matin, à Brienz, petite bourgade suisse de 2 500 habitants bordant le lac du même nom. De trois frères, deux moururent en bas âge, et Edward, officier de zouaves, périt au champ d'honneur en 1894. Une sœur, Élise, née en 1875, fut la compagne d'Oswald de sa jeunesse jusqu'à sa mort.

Il disait humblement tout devoir à Stanislas de Guaita, rencontré pour la première fois au printemps 1887, et qui le fit son secrétaire et ami.

(…) l'entrée en relation avec Stanislas de Guaita devint pour moi un événement capital. Il fit de moi son ami, son secrétaire, et son collaborateur. Sa bibliothèque fut à ma disposition, et, bénéficiant de sa conversation, j'eus en lui un professeur de Qabbale, de haute métaphysique, autant que de langue française. Guaita prit la peine de me former le style, de me dégrossir littérairement (…) je lui dois d'écrire lisiblement (dédicace au Tarot des imagiers du Moyen Âge).

 

 

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Même si l'on peut aisément convenir que Guaita ait pu lui enseigner l'art de tourner heureusement ses phrases, dans notre langue que les étrangers considèrent comme si difficile – Oswald Wirth était originaire de Suisse alémanique –, il est indéniable que le disciple a par la suite égalé, sinon dépassé, le maître, au moins dans le domaine du symbolisme; on lui doit en effet un certain nombre d'ouvrages qui sont devenus des classiques : Le Symbolisme hermétique dans ses rapports avec l'alchimie et la Franc-Maçonnerie, Le Symbolisme astrologique, et surtout Le Tarot des imagiers du Moyen Âge dans lequel il reprend l'étude symbolique des lames majeures qu'il avait dessinées pour Guaita.

D'une manière générale, et contrairement à celui qu'il considérait comme son maître, il s'est davantage intéressé à la Franc-Maçonnerie, dont il était membre, qu'à la Rose-Croix. Les mystères de l'Art Royal, et La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes en rendent compte brillamment.

Oswald Wirth mourut le 9 mars 1943 à 11 heures. Il est enterré au cimetière de Mouterre-sur-Blourde, au sud de Poitiers (86).

 Bibliographie [modifier]
Le Tarot des imagiers du moyen-âge, Éd. Tchou (ISBN 978-2710707288 )
Le symbolisme hermétique dans ses rapports avec l'Alchimie et la Franc-Maçonnerie, Éd. Dervy (ISBN 978-2850765322)
Le symbolisme astrologique, Éd. Dervy (ISBN 978-2850765063)
Les mystères de l'art royal - Rituel de l'adepte, Éd. Dervy (ISBN 978-2850769689 )
L'imposition des mains et la médecine philosophale, Éd. Guy Trédaniel (ISBN 978-2857070078 )
La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, trois tomes, Éd. Dervy (ISBN 978-2850763762), (ISBN 978-2850765001), (ISBN 978-2850765490)
Le livre de Thot comprenant les 22 arcanes du Tarot"", (1889).
" L'ideal initiatique (1923)

 

samedi 10 octobre 2009, a 20:29
Légende Inuit
 

 

Elle avait fait quelque chose que son père désapprouvait, mais dont personne ne se souvenait. Toujours est-il que son père l'avait traînée jusqu'à la falaise et précipitée dans la mer. Les poissons avaient mangé sa chair, dévoré ses yeux.

Et elle gisait sous les eaux, son squelette ballotté par les courants.

Un jour, arriva un pêcheur. En fait, ils étaient plus d'un à pêcher à cet endroit, mais celui-ci avait été entraîné bien loin de chez lui et il ignorait que les pêcheurs des environs se tenaient à l'écart de cette crique, disant qu'elle était hantée.

Or, voilà que l'hameçon du pêcheur vint à se prendre dans les os de la cage thoracique de la Femme Squelette. "Oh, pensa le pêcheur, je tiens là une grosse prise !" Il imaginait déjà le nombre de personnes que ce magnifique poisson allait nourrir, combien de temps il durerait, combien de temps il lui permettrait de ne plus retourner pêcher. Alors, tandis qu'il se bagarrait avec ce poids énorme, la mer se mit à bouillonner, secouant son kayak comme un fétu de paille, car celle qui était sous la surface se débattait pour essayer de se libérer. Et plus elle luttait, plus elle s'emmêlait dans la ligne. Elle avait beau faire, elle était inexorablement tirée vers le haut, accrochée par les côtes.

Le chasseur s'était retourné pour rassembler son filet. Il ne vit donc pas son crâne chauve apparaître au-dessus des vagues. Il ne vit pas non plus les petites créatures coralliennes qui scintillaient dans ses orbites, ni les crustacés sur ses vieilles dents d'ivoire. Quand il se retourna avec son filet, le corps tout entier avait émergé et était suspendu à l'extrémité de son kayak par ses longues dents de devant.

"Aaaah !" hurla l'homme. De terreur, son coeur fit un bond terrible et ses yeux allèrent se réfugier à l'arrière de sa tête, tandis que ses oreilles devenaient cramoisies. Aaah !" Il lui asséna un coup de pagaie et se mit à pagayer comme un fou vers le rivage. Il ne s'était pas rendu compte qu'elle était entortillée dans sa ligne. Aussi semblait-elle le pourchasser, debout sur ses pieds. Il était de plus en plus terrifié. Il avait beau faire des zigzags, elle suivait, et son haleine dégageait des nuages de vapeur au-dessus de l'eau et ses bras se tendaient, comme pour se saisir de lui et l'entraîner dans les profondeurs.

"Aaaaaaah !" gémit-il en touchant terre. Il ne fit qu'un bond hors de son kayak et se mit à courir, sa canne à pêche serrée contre lui, avec sa ligne, le cadavre de corail blanc de la Femme Squelette derrière lui, toujours emberlificoté dedans. Il escalada les rochers. Elle suivit. Il se mit à courir sur la toundra gelée. Elle suivit. Il courut sur le poisson qu'on avait mis à sécher dehors, le réduisant en pièces sous ses mukluks.

Elle suivait tout du long. En vérité, elle s'empara au passage d'un peu de poisson séché et se mit à le manger, car il y avait bien longtemps qu'elle ne s'était nourrie. Enfin, l'homme atteignit son igloo, plongea dans le tunnel et rentra à l'intérieur à quatre pattes. Hors d'haleine, il resta là, à hoqueter dans l'obscurité, le coeur battant la chamade. Enfin en sécurité, oh oui, oui, grâce aux dieux, Corbeau, oui, merci Corbeau, et Sedna la toute-bienfaisante, en sécurité enfin...


Et voilà que, lorsqu'il alluma sa lampe à huile de baleine, c'était là, elle était là, recroquevillée sur le sol de neige, un talon par-dessus l'épaule, un genou contre sa cage thoracique, un pied sur le coude. Plus tard, il serait incapable de dire ce qui le poussa - peut-être la lueur du feu adoucit-elle ses traits, ou bien c'était le fait qu'il était un homme seul. Toujours est-il que la respiration du pêcheur se fit plus attentive, que, doucement, il tendit ses mains rudes et, avec les mots d'une mère à son enfant, il se mit à la désenchevêtrer de la ligne.


"Na, na..." Il commença par désentortiller la ligne de ses doigts de pied, puis de ses chevilles.

"Na, na..." Il travailla jusqu'à la nuit, jusqu'à ce qu'il la vête de fourrures pour lui tenir chaud.

Et les os de la femme Squelette étaient dans l'ordre qui convenait


Il fouilla dans ses parements de cuir, prit son silex et se servit de quelques-uns de ses cheveux pour faire un supplément de feu. Tout en huilant le bois précieux de sa canne à pêche, et en moulinant la ligne, il la regardait. Elle, dans ses fourrures, ne disait mot - elle n'osait pas - de peur qu'il s'empare d'elle, la jette sur les rochers et la mette en pièces.


L'homme commença à somnoler. Il se glissa sous les peaux et bientôt se mit à rêver. Or parfois, dans le sommeil des humains, une larme vient à perler à leur paupière ; nous ignorons quelle sorte de rêve en est la cause, mais ce doit être un rêve triste, ou bien un rêve où s'exprime un désir. C'est ce qui se passa pour cet homme.

La Femme Squelette vit la larme briller à la lueur du feu et soudain, elle eut terriblement soif. Elle déplia ses os et se glissa vers l'homme endormi, puis posa sa bouche sur la larme. Cette unique larme fut une rivière à ses lèvres assoiffées. Elle but encore et encore, jusqu'à étancher la soif qui la brûlait depuis si longtemps.

Pendant qu'elle était allongée auprès de lui, elle plongea la main en l'homme endormi et mit au jour son coeur, ce puissant tambour. Elle s'assit et tapa sur les deux côtés du coeur :

Boum, boum ! Boum, boum !

Tandis qu'elle jouait ainsi, elle se mit à chantonner : "De la chair, de la chair, de la chair !" Et plus elle chantait, plus son corps se couvrait de chair. Elle chanta pour une chevelure, elle chanta pour des yeux, elle chanta pour des mains potelées. Elle chanta pour une fente entre ses jambes, pour des seins longs, assez profonds pour tenir chaud, et tout ce dont une femme a besoin.


Et quand ce fut terminé, elle chanta pour ôter les vêtements de l'homme endormi et se glissa avec lui dans le lit, peau contre peau. Elle rendit à son corps le tambour magnifique, son coeur, et c'est ainsi qu'ils se réveillèrent, l'un et l'autre emmêlés d'une façon différente, maintenant, après la nuit passée, de bonne et durable façon.


Les gens qui ont oublié ce qui avait causé son malheur, au départ, racontent qu'elle s'en alla avec le pêcheur et qu'ils furent largement nourris par les créatures de la mer qu'elle avait connues durant son séjour sous l'eau

. Cette histoire, disent-ils, est vraie, et ils n'ont rien à ajouter.

 

 

mercredi 07 octobre 2009, a 20:14
le sutra du coeur
 

                                LE SUTRA DU CŒUR


Le Sûtra de la Sagesse ou Prajnaparamita expose le principe de vacuité ou non-subtantialité (Sunyata) et fut expliqué par Nâgârjuna.
Le Sûtra du Cœur est le plus court des quarante Sûtra qui composent la Prajnaparamita. C'est l'un des textes les plus importants du bouddhisme Mahayana ou Grand Véhicule. Il explique la vacuité. Ce texte existe en plusieurs versions dont une composée de cent mille vers. Il a pris une grande importance dans le bouddhisme zen avec le concept du vide.


En sanscrit : Bhagavati Prajnaparamita Hridaya ,
En tibétain : Tchomdendéma Chérab Kyi Pareultou Tchinpeille Nyingpo.
En français : Le Coeur de la victorieuse Sagesse Transcendante.

 

Hommage à la victorieuse sagesse transcendante !

En ce temps-là, le Bhagavat demeurait à Rajagriha, sur le Mont des Vautours, avec une grande assemblée de bhikshu et une grande assemblée de bodhisattva ; le Bhagavat était alors absorbé dans un samâdhi connu comme le Profondément Lumineux. Et, en même temps, le bodhisattva mahasattva Aryavalokitesvara se mouvait dans le cours profond de la Perfection de Connaissance Transcendante ; il regarda attentivement, il vit qu'il y avait cinq agrégats et que dans leur nature propre ils étaient vides.

Alors l'ayusmat Shâriputra, par la puissance du Bouddha, s'adressa au bodhisattva mahasattva Aryavalokitesvara : « Comment un fils ou une fille de bonne famille désireux de pratiquer, peut-il s'exercer à se mouvoir dans le cours profond de la Perfection de Connaissance Transcendante ? »

Ainsi interrogé, le bodhisattva mahasattva Aryavalokitesvara parla à l'ayusmat Shâriputra de la sorte :
« Shâriputra, un fils ou une fille de bonne famille désireux de se mouvoir dans le cours profond de la Perfection de Connaissance Transcendante, doit voir attentivement ainsi : voir qu'il y a cinq agrégats et que dans leur nature propre ils sont vides. Voici, Shâriputra, forme est vacuité et vacuité est forme ; forme n'est autre que vacuité, vacuité n'autre que forme ; là où il y a forme il y a vacuité, là où il y a vacuité il y a forme ; ainsi en est-il des sensations, des notions, des samskâra et de la connaissance discriminative.
Voici, Shâriputra, tous les dharma ont pour caractéristique la vacuité ; ils sont sans naissance, sans annihilation, sans souillure et sans pureté, sans déficience et sans plénitude.
C'est pourquoi, Shâriputra, dans la vacuité, il n'y a ni forme, ni sensation, ni notion, ni samskâra, ni connaissance discriminative ; ni œil, ni oreille, ni nez, ni langue, ni corps, ni mental ; ni formes, ni sons, ni odeurs, ni goûts, ni objets tangibles, ni objets mentaux ; ni élément de la vue, ni élément de la connaissance mentale ; ni absence de vue, ni cessation de l'absence de vue, ni déclin et mort, ni cessation du déclin et mort ; ni souffrance, ni origine, ni extinction, ni sentier ; ni connaissance, ni obtention, ni absence d'obtention.
C'est pourquoi, Shâriputra, le Bodhisattva, par sa qualité de "sans obtention", prenant appui sur la Perfection de Connaissance Transcendante, demeure la psyché libre d'obstruction. N'ayant pas d'obstruction de la psyché, il ne tremble plus, il a surmonté les méprises et il atteint finalement nirvâna.
Tous les Bouddha qui se tiennent dans les trois périodes de temps, prenant appui sur la Perfection de Connaissance Transcendante, se sont pleinement éveillés au pur et complet Éveil.
C'est pourquoi on doit connaître la Perfection de Connaissance Transcendante comme le grand mantra, le mantra de grande Vue, le mantra ultime, le mantra sans égal, celui qui soulage de toute douleur, connu pour être véridique et sans erreur. Par la Perfection de Connaissance Transcendante, ce mantra a été proclamé :


 TADYATHA GATE GATE PARAGATE PARASAMGATE BODHI SVAHA


(Parti, parti, parti au-delà, parti complètement au-delà, Bodhi, Svâhâ, c'est-à-dire : Aller au-delà jusqu'au puissant fond de l'éveil, Bodhi, que cela soit).


Ô, Shâriputra, c'est ainsi que le Bodhisattva devrait s'entraîner à la profonde Sagesse Transcendante. »

À ce moment-là, le Bienheureux sortit de son samâdhi pour approuver le grand Bodhisattva Aryavalokitesvara et lui dit : « Bien dit, bien dit, noble fils ! Il en est bien ainsi ! C'est bien ainsi que doit se pratiquer la Profonde Prajnaparamita. Ce que tu viens de prêcher, les Tathagata et les Arhat y applaudissent sans réserve. »
C'est ainsi que parla le Bienheureux, le cœur plein de joie.

Le Vénérable Shâriputra et le grand Bodhisattva Aryavalokitesvara avec toute l'assemblée et le monde des dieux, des hommes, des Asûra et des gandharvas, tous louèrent les paroles du Bhagavat.

mercredi 07 octobre 2009, a 14:19
Alexandra DAVID- NEEL
 

Louise Eugénie Alexandrine Marie David, plus connue sous son nom de plume Alexandra David-Néel, née le 24 octobre 1868 à Saint-Mandé (Val-de-Marne), morte le 8 septembre 1969 à Digne (Alpes-de-Haute-Provence), de nationalités française et belge, est une orientaliste, tibétologue, chanteuse d'opéra, journaliste, écrivain et exploratrice.

 Outre sa longévité (presque 101 ans), son trait de gloire le plus marquant reste d'avoir été, en 1924, la première femme d'origine européenne à séjourner à Lhassa au Tibet, exploit dont la publicité fut soigneusement orchestrée dans les années 1920 et qui contribua fortement à sa renommée, en plus de ses qualités personnelles et de son érudition.

Note : le nom de son mari, Néel, ne se prononce pas nil mais né-èl


Alexandra naît d'un père instituteur (qui fut militant républicain lors de la révolution de 1848, et ami du géographe anarchiste Élisée Reclus), et d'une mère catholique qui demande à ce qu'elle bénéficie d'une éducation religieuse. Elle passa ses vacances avec ses parents à Ostende d'où un jour, encore adolescente, elle s'enfuit pour atterrir en Angleterre en partant par le port de Flessingue. Elle côtoya durant toute son enfance et son adolescence l'anarchiste Élisée Reclus. Celui-ci l'amène à s'intéresser aux idées anarchistes (Max Stirner, Michel Bakounine...) de l'époque et aux idées féministes qui lui inspirèrent la publication de « Pour la vie ». Elle devint d'ailleurs une libre collaboratrice de La Fronde, journal « féministe » créé par Marguerite Durand et géré coopérativement par des femmes, et participa à diverses réunions du « Conseil National des Femmes françaises » ou italiennes. Mais elle rejeta en revanche certaines des positions tenues lors de ces réunions (ex. : le droit de vote) préférant la lutte pour l'émancipation au niveau économique, cause essentielle pour elle du malheur des femmes qui ne peuvent être indépendantes financièrement. Alexandra s'éloigna d'ailleurs de ces « oiseaux aimables, au précieux plumage », en référence à ces féministes venant pour la plupart de la haute société, et oubliant la lutte économique à laquelle la plupart des femmes ont à se confronter.


Durant les saisons 1895-1896 et 1896-1897, sous le nom d'Alexandra Myrial, Alexandra David occupe l'emploi de première chanteuse à l'Opéra d'Hanoï (Indochine), interprétant le rôle de Violetta dans La Traviata (de Verdi), puis chante dans Les Noces de Jeannette (de Victor Massé), Faust et Mireille (de Gounod), Lakmé (de Léo Delibes), Carmen (de Bizet), Thaïs (de Massenet). Elle entretient, à cette époque, des rapports épistolaires avec Frédéric Mistral et Jules Massenet


De 1897 à 1900, elle partage la vie du pianiste Jean Haustont, à Paris, et ils écrivent à deux Lidia, drame lyrique en un acte dont Jean Haustont compose la musique et Alexandra le livret. Elle part chanter à l'opéra d'Athènes, de novembre 1899 à janvier 1900 puis, en juillet de la même année, à l'opéra de Tunis, ville où elle rencontre, peu après son arrivée, Philippe Néel.

Elle abandonne sa carrière de chanteuse à l'été 1902, à l'occasion d'un séjour de Jean Haustont à Tunis et assure, pendant quelques mois, la direction artistique du casino de Tunis,

Le 4 août 1904, à Tunis, elle épouse Philippe Néel, ingénieur en chef des Chemins de fer tunisiens, dont elle était la maîtresse depuis le 15 septembre 1900. Leur vie commune fut parfois orageuse, mais toujours empreinte de respect mutuel.


Elle se termine définitivement le 9 août 1911 par son départ pour son troisième voyage en Inde (1911-1925), le deuxième s'étant effectué pendant un tour de chant.


La légende veut que son mari fût aussi son mécène, mais la vérité est toute autre. Elle possédait, à son mariage, une fortune personnelle et en 1911, trois ministères l'aidèrent à financer un voyage d'étude qui devait durer 18 mois. Il dura en réalité 14 ans.

Par le truchement des ambassades, elle envoya à son mari des procurations pour qu'il gère sa fortune.

Pour autant, les deux époux entamèrent après cette séparation une abondante correspondance qui ne cessa qu'avec la mort de Philippe Néel en février 1941.

De cette correspondance subsistent nombre de lettres écrites par Alexandra, et quelques lettres écrites par son mari, beaucoup ayant été brûlées ou perdues lors des tribulations d'Alexandra pendant la guerre civile chinoise, au milieu des années 1940.


Alexandra David-Néel arrive au Sikkim en 1912. Elle se lie d'amitié avec le souverain de cet État de l'Inde, Sidkéong Tulku, et visite de nombreux monastères bouddhistes pour parfaire sa connaissance du bouddhisme.


En 1914, elle rencontre dans un de ces monastères le jeune Aphur Yongden, âgé de 15 ans, dont elle fit par la suite son fils adoptif. Tous deux décident de se retirer dans une caverne en ermitage à plus de 4 000 mètres d'altitude, au Nord du Sikkim.

Là, elle est auprès d'un des plus grands Gomchens (ermites) dont elle a le privilège de recevoir l'enseignement et surtout, elle est tout près de la frontière tibétaine, qu'envers et contre tous, elle franchit à deux reprises.

Elle pénétra même jusqu'à Shigatsé, l'une des plus grandes villes du sud du Tibet, mais pas encore à Lhassa, qui en est la capitale interdite. À cause de ces incartades, Alexandra fut expulsée du Sikkim en 1916.


Comme il leur est impossible de rentrer en Europe en pleine guerre mondiale, Alexandra et Yongden quittent le pays pour l'Inde puis le Japon. Elle y rencontre le philosophe Ekaï Kawaguchi qui, quelques années plut tôt, a réussi à rester dix-huit mois à Lhassa sous un déguisement de moine chinois.


Alexandra et Yongden partent ensuite pour la Corée, puis Pékin en Chine. De là, ils choisissent de traverser la Chine d'Est en Ouest en compagnie d'un lama tibétain haut en couleurs.

Leur périple dura plusieurs années et traversa le Gobi, la Mongolie, puis une pause de trois ans au monastère de Kumbum au Tibet, où elle traduit la fameuse Prajnaparamita, avant de repartir déguisés en mendiante et moine pour Lhassa qu'ils atteignent en 1924.


Alexandra rencontre Swami Asuri Kapila (Cesar Della Rosa). Ils y séjournèrent deux mois, durant lesquels ils visitèrent la ville sainte et les grands monastères environnants : Drépung, Séra, Ganden, Samye...

Mais Alexandra David-Néel est finalement démasquée (pour cause de propreté trop grande : elle allait se laver chaque matin à la rivière), et dénoncée à Tsarong Shapé (le gouverneur de Lhassa) qui décide de les laisser tranquille et poursuivre leur périple.


1925-1937 : l'intermède européen

Alexandra David-Néel rentre en France, parcourt la Provence, puis décide de se fixer à Digne en 1928, où elle achète et agrandit sa maison, Samten-Dzong (forteresse de la méditation). Elle y écrit plusieurs livres relatant ses différents voyages.

Entre ces diverses publications - toujours accompagnée d'Aphur Yongden, le fidèle compagnon d'aventures, devenu légalement son fils adoptif - elle fit de grandes tournées de conférences en France et en Europe.


1937-1946 : le périple chinois

En 1937, Alexandra David-Néel a soixante-neuf ans, et décide de repartir pour la Chine avec Yongden via Bruxelles, Moscou et le transsibérien.

Elle se retrouve en pleine guerre sino-japonaise et assiste aux horreurs de la guerre, de la famine et des épidémies.

L'annonce de la mort de son mari la touche profondément. Fuyant les combats, elle erre en Chine, avec des moyens de fortune, puis finit par se retrouver en 1946 en Inde.


1946-1969 : la Dame de Digne

Alexandra David-Néel retourne en France pour régler la succession de son mari, puis recommence à écrire depuis sa maison de Digne.

Elle a la douleur de perdre son fils adoptif et compagnon de voyage Yongden en 1955.


A cent ans et demi, ultime pied de nez, elle demande le renouvellement de son passeport au Préfet des Basses-Alpes.


Elle s'éteint à presque 101 ans. Ses cendres ont été transportées à Vârânasî en 1973 par sa secrétaire Marie-Madeleine Peyronnet pour être dispersées avec celles de son fils adoptif dans le Gange.


Hommages

La série Il était une fois... les Explorateurs d'Albert Barillé (consacrant en 1995 vingt-deux épisodes relatant vingt-deux personnalités ayant grandement contribué à l'exploration) lui rend hommage en lui consacrant un épisode. Elle est la seule femme à apparaître exploratrice (de premier plan) de toute la série.

En 1992 sort un documentaire intitulé Alexandra David-Néel: du Sikkim au Tibet interdit réalisé par Antoine de Maximy et Jeanne Mascolo de Philippis. Il suit le voyage que Marie-Madeleine Peyronnet entreprit afin de restituer à un temple une statuette sacrée qui avait été prêtée à Alexandra David-Néel jusqu'à sa mort.

La vie de l'exploratrice et sa forte personnalité y sont retracées notamment via des témoignages de personnes l'ayant connue et des anecdotes de Marie-Madeleine Peyronnet.


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J'ai eu l'occasion de rencontrer il y a qq années Marie-madeleine Peyronnet à Digne, et je dois dire que si sa force de caractère et son énergie sont à l'image d'Alexandra David Neel on peut se faire une idée de ces personnalités hors du commun !!

Chamane.

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Note : les titres et noms d'éditeurs sont ceux des éditions actuelles. Pour une bibliographie plus formelle, voire savante, on se reportera au site officiel indiqué infra.


  • 1898 : Pour la vie - réflexions sur tous les faits de société (Éditions « les nuits rouges »)

  • 1906 : Le féminisme rationnel

  • 1911 : Le Bouddhisme du Bouddha (Éditions du Rocher)

  • 1927 : Voyage d'une Parisienne à Lhassa (Plon)

  • 1929 : Mystiques et magiciens du Tibet (Plon)

  • 1930 : Initiations lamaïques (Pygmalion)

  • 1931 : La Vie surhumaine de Guésar de Ling : L'Iliade des Tibétains (Éditions du Rocher) - avec la collaboration du Lama Yongden

  • 1933 : Au pays des brigands-gentilshommes (Plon)

  • 1935 : Le Lama au cinq sagesses (Plon)

  • 1938 : Magie d'amour et magie noire (Plon)

  • 1939 : Le Bouddhisme : ses doctrines et ses méthodes (Éditions du Rocher)

  • 1940 : Sous des nuées d'orage (Plon)

  • 1949 : Au cœur des Himalayas : le Népal (Pygmalion)

  • 1951 : Astavakra Gita - réédité (date non connue) en un volume unique « Astavakra Gita - Avadhuta Gita, poèmes sanscrits védantins » aux Éditions du Rocher

  • 1951 : Les Enseignements secrets des bouddhistes tibétains (Pygmalion)

  • 1951 : L'Inde hier, aujourd'hui, demain

  • 1952 : Textes tibétains inédits (Pygmalion)

  • 1953 : Le Vieux Tibet face à la Chine nouvelle (Plon)

  • 1954 : La Puissance du néant, roman du Lama Yongden, traduit et annoté par A. D.-N. (Plon)

  • Grammaire de la langue tibétaine parlée

  • 1958 : Avadhuta Gita - réédité (date non connue) en un volume unique « Astavakra Gita - Avadhuta Gita, poèmes sanscrits védantins » aux Éditions du Rocher

  • 1958 : la Connaissance transcendante (Pygmalion)

  • 1961 : Immortalité et réincarnation (Éditions du Rocher)

  • L'Inde où j'ai vécu (Plon)

  • 1964 : Quarante siècles d'expansion chinoise (Plon)

  • 1970 : En Chine - l'Amour universel et l'Individualisme intégral (Plon) - édition posthume

  • 1972 : Sortilèges du mystère (Plon) - édition posthume

  • 1975 : Vivre au Tibet : cuisine, traditions et images (Robert Morel éditeur, Apt) - édition posthume

  • 2000 : Correspondance avec son mari, édition intégrale 1904-1941 (Plon), édition posthume, reprenant les deux volumes publiés précédemment :

  • 1975 : Journal de voyage : Lettres à son mari, 11 août 1904 - 27 décembre 1917. Vol. 1 (Ed. Marie-Madeleine Peyronnet)

  • 1976 : Journal de voyage : Lettres à son mari, 14 janvier 1918 - 31 décembre 1940. Vol. 2 (Ed. Marie-Madeleine Peyronnet)

 

 

 

mercredi 07 octobre 2009, a 13:55
Hélèna Blavatsky
 

        

Héléna Petrovna Blavatsky ( 1831-1891)


une des fondatrices de la Société Théosophique, était une femme remarquable qui a eu un grand impact sur la pensée du monde occidental.

En son temps, elle a été très controversée à cause de ses capacités remarquables de perception extrasensorielle, sa nature franche , et ses attaques courageuses contre l'hypocrisie et la bigoterie.


Même aujourd'hui, elle continue à être le centre de curiosité et d'attention comme étant le précurseur de " nouvelles " idées. Sa grande connaissance métaphysique se manifeste dans son travail littéraire qui a directement ou indirectement a influencé des esprits érudits dans le monde entier.


Helena Blavatsky est né d'une famille noble en Russie. Dès sa plus tendre enfance, elle a attiré l'attention avec sa capacité de produire des phénomènes télépathes.

Elle ne s'est pas intéressée à ces capacités en elles mêmes, mais surtout aux principes et aux lois de nature qui les régissent.

Elle a étudié les sciences métaphysiques et a voyagé à travers le monde, y compris au Tibet, à la recherche de connaissances cachées. Ces voyages étaient inimaginables pour une femme seule au XIXe siècle. Dans les années 1870 H. P. Blavatsky est arrivée à New York et a créé la Société Théosophique en 1875, avec le Colonel H. S. Olcott, William Quan Judge, et d'autres, .


En 1878, H. P. Blavatsky est devenu citoyenne Américaine, la première femme Russe à le faire. En 1879, elle partit en Indes avec le Colonel Olcott, et en 1882, ils installèrent le siège de la Société Théosophique à Adyar, près de Madras. De nos jours, c'est toujours là que se trouve le siège international de la Société qui existe maintenant dans cinquante pays du monde.


En 1885, H. P. Blavatsky est retourné en Europe et s'est installée à Londres où elle a terminé son œuvre maîtresse, La Doctrine Secrète. La plus grande partie de la connaissance contenue dans ce livre et dans ses autres écrits provient de professeurs orientaux, avec qui elle avait été en relation dans le passé.


À travers un grand nombre d'écrits, H. P. Blavatsky " Madame Blavatsky " ou " HPB ", ainsi qu'on la nomme couramment, a partagé un peu de son immense connaissance des philosophies et des religions du monde, de la sagesse de l'Est et l'Ouest, du symbolisme, de la métaphysique, de la philosophie ésotérique, et leurs applications pratiques à la vie courante.

Elle fut un écrivain très prolifique, et a écrit régulièrement des articles pour les journaux et pour magazines sur une multitude de sujets. Ces travaux remplissent 15 volumes.


H. P. Blavatsky a consacré sa vie au service de l'humanité, à rapporter la Sagesse des Anciens dans la conscience de ses contemporains. Cette Sagesse Divine qu'elle a appelé la Théosophie, inspire une compassion pour les souffrances des êtres humains et un altruisme pratique qui ne cherchent pas simplement à alléger les symptômes de misère, mais à supprimer sa cause : l'ignorance de notre unité fondamentale avec toutes les autres existences.


La vie et les travaux d'Helena Petrovna Blavatsky sont entièrement orientés vers cet objectif.


Le premier livre fondamental d'H. P. Blavatsky était Isis Dévoilée, en deux tomes. Cet ouvrage a fait sensation quand il a été publié à New York en 1877 ; la première édition de 1.000 livres a été épuisée en 2 jours. En 7 mois, il y eut 3 rééditions. Ces deux volumes tendent à prouver que les Anciens possédaient une savoir qui a été en partie oublié.

L'auteur passe du point de vue des anciens grecs sur la matière et la force soutenu par Pythagore et Platon à la philosophie religieuse kabbalistique développée par les savants Juifs à partir de l'interprétation mystique des Saintes Ecritures. Blavatsky traite de la mythologie dans les textes religieux, des aspects de la magie, des anciens écrits Égyptiens, des philosophies classiques, des religions mondiales, et d'une multitude d'autres sujets. Dans sa préface, elle affirme que le livre est " une défense pour la reconnaissance de la philosophie Hermétique, la plus ancienne des religions de la Sagesse universelle".

L'ouvrage le plus important de Blavatsky est La Doctrine Secrète, qui est paru en 1888 en deux gros volumes, le premier étant consacré à la cosmogénèse, à l'étude de l'origine et du développement de l'univers, et le seconde à la anthropogénèse, à l'étude des origines et du développement d'humanité. Ce livre est la suite d'Isis Dévoilée, mais des thèmes, qui y étaient déjà exposés, sont beaucoup plus développés.

HPB a insisté que le fait que La Doctrine Secrète n'a pas été écrite par " révélation " mais est plutôt un recueil de fragments éparpillés dans des milliers de volumes qui représentent les Saintes Ecritures des grandes religions et des philosophies Asiatiques et pré-chrétiennes Européennes.

La Doctrine Secrète souligne un vaste plan d'évolution concernant l'univers et l'humanité, et les mondes invisibles aussi bien que les mondes visibles dans lesquels la vie existe sous des milliers de formes.

 

mercredi 07 octobre 2009, a 01:06
Milarepa
 

Milarépa 1040-1123 (ou suivant une source divergente 1052-1135) est un yogi et maître renommé du bouddhisme tibétain.

Il est l'un des maillons de la Lignée du Rosaire d´Or.


Milarépa fut un des Grands Maîtres spirituels du Tibet, dont le parcours fut atypique. D'abord formé aux pratiques bön pour exercer de la magie noire et venger sa famille à la demande de sa mère, il a recherché l'enseignement bouddhiste auprès d'un très grand maître tibétain, Marpa (1012-1096).


Après avoir été mis à l'épreuve par son Maître, ce dernier lui transmis les enseignements, il s'est retiré pour pratiquer la méditation dans la très haute montagne où il a atteint l'Eveil. Il est aussi célèbre pour avoir composé «Les cent mille chants». À la fin de sa vie, il a transmis ses enseignements et eu plusieurs disciples.


Sa biographie est relatée dans un ouvrage, La Vie, écrit en 1490 par Tsang Nyön Heruka qui rédigea aussi en 1505 une biographie de Marpa.


Milarépa naquit dans la province de Gungthang (ou Goungthang) à l'Ouest du Tibet, près du Népal.

Son père mourut alors qu'il n'avait que sept ans et les propriétés de la famille furent laissées au soin de parents qui maltraitèrent Milarépa, sa mère et sa sœur.

La mère, ne pouvant admettre cette situation, envoya son fils apprendre la magie noire bön afin de se venger de cette injustice.

Milarépa fut instruit par un magicien expert en la matière. Il causa d'abord la mort de 35 de ses ennemis, tués sous les décombres d'une maison qu'il avait fait s'effondrer, puis il provoqua un orage de grêle qui détruisit toute la récolte de céréales de ses ennemis.

Toutefois, il regretta ses actes néfastes.

Ne mangeant plus, ne dormant plus et n'ayant plus de goût à la vie, il rechercha alors un Maître bouddhiste capable de l'aider à neutraliser le karma négatif qu'il avait accumulé.

Il devint disciple d'un Maître Nyingmapa appelé Lama Rongtön qui, pensant qu'il avait des affinités avec Marpa, l'envoya voir ce traducteur tibétain à Lhodrag.

Marpa avait rapporté d'Inde au péril de sa vie, puis traduit, les enseignements du Maître indien Naropa (1016-1100), eux-mêmes transmis par le sage indien Tilopa (988-1069).


Marpa eut l'intuition qu'il avait affaire à un être au destin exceptionnel qui deviendrait son successeur.

Il n'en montra cependant rien et, connaissant les méfaits passés de Milarépa, il s'affaira d'abord à tester la volonté de son élève et à le purifier de ses crimes passés.

Ainsi, il imposa à Milarépa des épreuves considérables afin de le préparer à recevoir les instructions et enseignements ultérieurs.

Il lui demanda par exemple de construire seul différentes tours en pierre, de formes variées (ronde, carrée, triangulaire...) et à chaque fois il reprochait à Milarépa un défaut dans la construction et lui ordonnait par conséquent la destruction de l'ouvrage et le repositionnement des pierres à leur place d'origine.


Durant ce temps, Marpa continuait à enseigner ses élèves, tout en excluant Milarépa. Celui-ci tenta d'obtenir des enseignements auprès d'un autre maître, obtint l'aide de Daméma, l'épouse de Marpa ... tout cela en vain, Marpa refusant toujours de l'enseigner. Totalement désespéré, Milarépa décida d'en finir avec sa vie de misérable et songea au suicide. Marpa le devina et l'arrêta au dernier moment : Milarépa avait purgé toutes ses fautes et était désormais apte à recevoir son enseignement.


Marpa lui transmit les enseignements qu'il avait lui même reçus de Naropa et d'autres maîtres lors de ses voyages en Inde. Une fois cet enseignement dispensé, il envoya Milarépa pratiquer en retaite solitaire dans les grottes du Tibet.


Milarépa pratiqua la méditation pendant de nombreuses années dans le plus grand isolement dans des grottes de haute montagne et maîtrisa les transmissions qu'il avait reçues. Il vécu ainsi dans le dénuement le plus total. Il ne portait qu'un léger vêtement de coton (d'où son nom de Milarépa, Mila le "ré-pa" ou Mila le vêtu de coton) et ne se nourrissait que d'orties sauvages, à tel point que - nous dit la tradition - son corps prit une teinte verte ainsi qu'on le voit sur de nombreuses peintures.


Il atteignit l'état d'éveil en une vie, commença à enseigner et devint célèbre pour ses chants poétiques, Les Cent Mille Chants de Milarépa.

Il eut de nombreux disciples célèbres. Parmi eux, Gampopa devint le détenteur suivant de la lignée au même titre de Rechung Dordjé Dragpa qui avait transmis à Milarépa des enseignements et qui, à son tour, poursuivit la tradition des yogis laïcs. Milarépa mourut à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Son bûcher funéraire ne prit feu qu'en présence de Rechung.


Son enseignement:

Comme grand nombre de maîtres, Milarépa n'a pas écrit d'ouvrage. Son enseignement est avant tout pratique. Ayant atteint un état d'esprit que les bouddhistes appellent "Eveil" ou "Illumination", autrement dit : étant devenu lui-même un Bouddha, il n'y est pas arrivé par l'étude d'ouvrages fondamentaux, ni par l'apprentissage de centaines de volumes religieux.

La réalisation spirituelle du bouddhisme ne s'obtenant, au final, que par la pratique de la méditation sous ses différentes formes, l'enseignement de maîtres tels que Milarépa ne peut être qu'oral et direct : Ses disciples mettent en pratique ses conseils de méditation et, au fur et à mesure de leur pratique, ils expérimentent diverses situations : états de bien-être particulier ou au contraire agitation mentale, visions, capacités physiques inexplicables...

Lors de telles expérimentations, ils en parlent alors à leur maître spirituel qui, ayant lui-même suivi un chemin identique, peut ainsi les guider, leur donner de nouveaux conseils, corriger leurs défauts... jusqu'à ce qu'ils atteignent eux-aussi l'Eveil.


Ainsi une des histoires contées dans l'ouvrage "La Vie" cité plus haut, quand Gampopa, le disciple favori et héritier spirituel de Milarépa le quitte pour mener sa propre vie et enseigner, Milarépa lui dit qu'il souhaite lui donner son secret lui ayant permis d'atteindre l'Eveil. Il se tourne alors, soulève son vêtement de yogi et présente ainsi à Gampopa son postérieur, couvert de callosités. "Voici mon secret" lui dit-il. En effet, ce n'est qu'après avoir passé des années assis en méditation dans les grottes que Milarépa devint un Bouddha.


Néanmoins, une trace écrite des différents enseignements oraux de Milarépa nous est parvenue.

Ainsi, on en trouve une partie dans la biographie indiquée plus haut, mais surtout dans l'ouvrage Les Cent Mille Chants composé de 61 chapitres.

Dans les divers lieux où il s'arrêta pour méditer et enseigner, Milarépa rencontra des personnes ou des situations qu'il utilisa pour illustrer son enseignement. Ces "chants" sont en réalité des enseignements sous forme de poèmes chantés (afin que les disciples les retiennent plus aisément) qui traitent de la plus haute philosophie bouddhiste. Bien que n'étant pas un lettré et ne devant son élévation spirituelle qu'à sa pratique intensive, Milarépa a atteint le plus haut degré spirituel.

Il peut ainsi traiter des vérités relative et absolue, de l'existence ou de l'inexistence d'un soi ou d'une individualité intrinsèque à chaque chose... que l'on trouve dans les plus grands traités de la philosophie bouddhiste.


Son enseignement est donc double : une approche intellectuelle de la philosophie bouddhiste, une conceptualisation des principes généraux de cette religion que l'on trouve dans les "Cent Mille Chants", et des instructions pratiques de méditation, de visualisation, de rituels, de prières... qui se sont transmises oralement et - pour les croyants bouddhistes - par transmission d'énergie (les chrétiens diraient : transmission de "grâce divine") depuis le XIème siècle sans interruption.


Un maître atteint un niveau spirituel très élevé et en tire une énergie qu'il transmet à son disciple. Celui-ci met en pratique les conseils, conserve, cultive et développe cette énergie puis, ayant atteint à son tour le plus haut niveau spirituel, transmet cette énergie à ses disciples... et ainsi de suite jusqu'à nos jours.

Ainsi, les disciples occidentaux actuels qui se rendent dans des centres bouddhistes pour y recevoir des instructions et des initiations, croient recevoir ainsi l'énergie ou la grâce directement de Milarépa, même si elle leur parvient au travers d'une lignée de maîtres-disciples.

Cette transmission d'énergie et ce type d'enseignement est bien évidemment valable  pour les autres maîtres et les autres écoles de la tradition tibétaine.

 

mercredi 07 octobre 2009, a 00:42
Deepak Chopra
 

Reconnu comme étant un pionnier dans le domaine de la médecine du corps et de l'esprit, le docteur indien Deepak Chopra est aussi celui qui a popularisé « les 7 lois spirituelles de succès » pour atteindre la maîtrise de soi et développer sa part de divin. Si vous avez des doutes, dîtes-vous que cela doit marcher puisque Deepak Chopra a eu lui-même un succès mondial à tous les niveaux !!!


Voici les 7 lois commentées par le Docteur Deepak Chopra et comment les mettre en pratique :


1ère Loi : Loi de Pure Potentialité

Cette Loi se met en oeuvre en prenant les décisions suivantes :

  • Prendre l'habitude de méditer seul au moins deux fois par jour pendant 30 minutes à chaque fois.

  • Prendre le temps chaque jour de communiquer avec la Nature et de témoigner silencieusement de l'intelligence présente en toute chose vivante.

  • Pratiquer le non-jugement. Commencer la journée par cette résolution : "Aujourd'hui, je ne jugerai rien de ce qui arrivera" et s'y tenir.

2ème Loi : Loi du Don


Cette Loi se met en oeuvre en prenant les décisions suivantes :

  • Prendre l'habitude de donner quelque chose à toutes les personnes que l'on rencontre. Ce peut être un don matériel (objet, argent...) ou spirituel (sourire, prière...).

  • Accepter avec gratitude tous les dons que l'on reçoit. Il peut s'agir de ceux de la Nature (lumière du soleil, chant des oiseaux, pluie d'automne) mais aussi des présents que d'autres personnes nous offrent, que ceux-ci aient une forme matérielle comme l'argent ou spirituelle comme un compliment ou une prière.

  • Prendre l'habitude de protéger la circulation de la richesse dans sa vie en donnant et en recevant les biens les plus précieux de l'existence : l'attention, l'affection, le respect et l'amour.

3ème Loi : Loi du Karma ou Loi de cause à effet


Cette Loi se met en oeuvre en prenant les décisions suivantes :

  • Prendre l'habitude d'être témoin de ses choix. Le meilleur moyen de préparer le futur est en effet d'être totalement conscient du présent.

  • Chaque fois que l'on doit prendre une décision se poser les deux questions suivantes : "Quelles sont les conséquences du choix que je suis en train de faire ?" et "Apportera t-il satisfaction et bonheur à moi-même comme à tous ceux qui en seront affectés ?"

  • Ecouter les réactions de son corps. Si le choix que l'on s'apprête à faire apporte du confort alors on pourra s'y abandonner. Dans le cas contraire, il est nécessaire de réexaminer les conséquences de son action.

4ème Loi : Loi du Moindre Effort


Cette Loi se met en oeuvre en prenant les décisions suivantes :

  • Pratiquer l'abandon. Prendre l'habitude d'accepter les personnes, les évènements, les circonstances et les situations comme elles se présentent. Accepter les choses comme elles sont et non comme nous voudrions qu'elles soient.

  • Assumer la responsabilité de notre situation en face de tous les évènements que nous considérons comme des problèmes. Ne blâmer personne, y compris nous-mêmes. Prendre conscience que tout problème constitue une opportunité déguisée.

  • Abandonner notre besoin de défendre notre point de vue. Rester ouvert à tous les points de vue sans chercher à s'attacher à un d'entre eux.

5ème Loi : Loi de l'Intention et du Désir


Cette Loi se met en oeuvre en prenant les décisions suivantes :

  • Etablir une liste de tous ses désirs et se la remémorer régulièrement, notamment le soir avant de se coucher et le matin au réveil.

  • Confier ses désirs à la matrice de la création. Prendre conscience que si les choses ne se présentent pas comme prévu, c'est qu'il y a une raison à cela.

  • Prendre l'habitude de pratiquer la conscience du moment présent. Accepter ce présent comme il vient et créer la manifestation du futur par son attention et ses désirs les plus profonds et les plus chers.

6ème Loi : Loi du détachement


Cette Loi se met en oeuvre en prenant les décisions suivantes :

  • Prendre l'habitude d'offrir à soi-même comme à autrui la liberté d'être ce que l'on est. En ne cherchant pas à tout prix une solution à ses problèmes, on évitera de s'en créer d'autres. Participer à tout avec un engagement détaché.

  • Accepter l'incertain parce que c'est le seul chemin vers la liberté.

  • Prendre l'habitude d'entrer dans le champ de tous les possibles et anticiper le bonheur de rester ouvert à une infinité de choix.

7ème Loi : Loi du Dharma ou but de la vie


Cette Loi se met en oeuvre en prenant les décisions suivantes :

  • Prendre l'habitude de nourrir avec amour le ou la déesse qui vit au plus profond de son âme.

  • Etablir une liste de ses talents particuliers, ce que l'on aime faire.

  • Se poser chaque jour les deux questions suivantes : "Comment puis-je aider ?" "Comment puis-je servir ?"

Extrait de Les 7 Lois spirituelles du succès par Deepak Chopra.

Voir les pages web de Deepak Chopra sur meditationfrance

Noter : Deepak Chopra suggère de consacrer chaque jour de la semaine un moment pour la méditation et de se focaliser sur une loi : le dimanche la première loi, le lundi la deuxième loi et ainsi de suite jusqu'au samedi qui est dédié à la dernière loi.

 

mardi 06 octobre 2009, a 11:46
Khalil Gibran qui est-il?
 

1883

Naissance du poète  et peintre libanais à Bcharré, village situé dans la "Vallée Sainte" avoisinant les forêts de grands cèdres. Il est baptisé dans la religion chrétienne maronite dont était issue sa mère. Il reçoit son enseignement primaire en arabe et en syriaque.

 

1895

Il émigre aux États-Unis en compagnie de sa mère, son frère et de ses deux soeurs pour s'établir à Boston et ouvrir une épicerie

 

 

1897

De retour au Liban, il s'installe à Beyrouth pour suivre les cours de la fameuse école de la Sagesse al-Hikmat où l'histoire des religions et le droit international lui sont enseignés. 

 

1901

Une série de voyages en Grèce, en Italie et en Espagne le conduisent à Paris où pendant deux années il étudie la peinture et achève son livre Les Esprits Rebelles : cette oeuvre protestataire, mal reçue par les autorités turques, est brûlé publiquement.

 

 

1903

Gibran est rappelé à Boston où décèdent sa mère, son frère et une de ses soeurs de la tuberculose. C'est dans un état de détresse et de détachement qu'il entame une version anglaise du Prophète, oeuvre dont il avait déjà esquissé les grandes lignes en arabe dès l'âge de quinze ans et qu'il travaillera jusqu'en 1923.

 

 

1904

Le quotidien new-yorkais Al-Muhajir, publié en langue arabe, diffuse ses poèmes, récits et essais; ils seront par la suite rassemblés dans le recueil Larmes et Sourires (1914).

 

 

1908

Un séjour de deux ans à Paris lui permet d'étudier à l'Académie des beaux arts et de rencontrer de nombreux artistes : Rodin, Debussy, Maeterlinck, Rostand

 

 

1910

Gibran se fixe définitivement à New York : sa renommée mondiale ne cessera de croître.

 

 

1916

"Mon peuple est mort", cette citation résume son engagement pour son pays natal qu'il soutient dans sa lutte contre le joug ottoman et la famine.

 

 

1920

Gibran est à la tête de "Al-rabiat al-qalamiyyat", cercle littéraire réunissant l'élite du monde arabe émigré aux États-Unis. 

 

 

1923

Publication et succès immédiat de son oeuvre longuement mûrie et remaniée : Le Prophète. A son grand regret, sa santé détériorée ne lui permet pas un retour en orient

 

 

1931

Gibran meurt le 10 Avril dans un hôpital de New York. Son corps fut déposé à sa demande dans le monastère Mar Sarkis, non loin de Bcharré

 

 

 

Publications du vivant de Gibran

1918

The Madman

1919

Twenty Drawings

1920

The Forerunner

1923

The Prophet

1926

Sand and Foam

1928

Jesus, the Son of Man

1931

The Earth God

Publications posthumes

The Wanderer
The Garden of the Prophet
Prose Poems
The Broken Wings
A Self-Portrait
Thought and Meditations
Spiritual sayings
Lazarus and his Beloved

 

 

 



Présentation
"L'important n'est pas de savoir si une voie détient la vérité, l'important est que cette voie chante a notre âme."
********
-" Raconte-moi et j'oublierai,
Montre-moi et je me souviendrai,
Embrasse-moi et je comprendrai".
Confucius.
***************
"Je respecte toutes les croyances. Mais trop souvent quand elles rassemblent le troupeau des fidèles, ce n'est pas autour de l'Amour mais de la haine, c'est seulement face aux autres que les fidèles se retrouvent solidaires. Ils ne se reconnaissent frères que dans les interdits et les anathèmes."

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commentaire(s)
Eliphas Levi chamane (14/10/2009 11:18)

Merci infiniment.

Eliphas Levi lafee46 (14/10/2009 10:09)

bonjour , c est tre...

Hélèna Blavatsky chamane (14/10/2009 09:23)

oui, facile, ce sont...

Hélèna Blavatsky anonyme (14/10/2009 09:11)

je crois qu'il ...

Alexandra DAVID- NEEL chamane (14/10/2009 09:01)

Bonjour Merci de vo...

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